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Le jour de la Magdcleine, 22 juillet

2. Sur cette « mise au large » si souvent prêchée par Fénelon, cf. Lettre du 25 juin, p. 181 et n. 2.

3. T. III, Lettre GXVIII, p. 629-531 ; premier paragraphe et dernière ligne, t. V, Lettre LXXXVIII, p. 445.

/». Laf précédente.

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infligées de Dieu soient les plus étranges de toutes, et qu'elles passent les expressions, elle se supportent pour-r tant, parce que Tâme y est soutenue d'une main invisible, et qu'elle est dans l'ordre et dans la disposition divine, qui, la tenant dans la situation où Dieu la veut^ la tient dans la paix, quoique pressée d'une douleur mortelle. Pour ce qui est de la peine, qui vient ou de la crainte de faire quelque chose, ou de la résistance à ce que Dieu veut, elle n'est peine, que parce qu'elle tire l'âme de cet ordre et disposition divine, où elle est toujours dans un parfait repos. Cette peine la faisant sortir de sa place, la trouble, rétrécit le coeur, et ne lui laisse nul doute de sa résistance.

Cela ne m'arrivé jamais par rapport à moi, — car mon Dieu m'est témoin que, quoiqu'il puisse exiger de moi et en quelque état qu'il me réduise, il ne trouve pas même une répugnance, — mais par rapport aux autres. Lorsque l'on me dit de faire ou de ne faire pas, je me mets toujours en devoir d'obéir. Je me condamne aisément moi-même de tort* ; [mais] 2, en voulant me régler, je sors de mon abandon aveugle pour entrer dans la conduite de la raison. Dans ce moment, j'entre dans un état violent ; et Dieu, qui est le maître absolu chez moi, me fait encore plus faire les choses, lorsque je crains de les faire, et ne me donne point de relâche. Cette peine, me mettant hors de son ordre, m'ôte ce soutien foncier et caché, qui se trouve dans les autres peines ; et la perte de la volonté, qui rend ces autres [peines] douces, rend celle-ci plus insupportable : car l'âme, n'ayant que la volonté de Dieu en libre usage, et sortant [cependant] de son ordre, on est comme si on se sentait arracher l'âme ; ce qui ne pouvant longtemps durer, elle est

1. Racine, Mithridale, IV, /i, v. i382 : « Se condamner encor do trop de cruauté » ; cf. Haasc, loc. cit., § log, p. 291.

2. Ces crochets sont de Dutoit, ainsi que les autres de cette lettre..

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obligée de continuer, sans réflexion et quoi qu*il arrive, ce que Ton veut d'elle, ne pouvant supporter cet état, plus dur que la mort.

Je prie Dieu que vous m'entendiez. Ce 19 juillet

XGI. — FENELON A M^^ GUYON »

Je vous renvoie, Madame, vos deux lettres de M. le c[omte] de V [aux] et de M. G. ^

Pour M. le c [omte] de V [aux]^, je crois qu'il suffit que vous lui mandiez, ou fassiez savoir, que vous verrez M. D. E. *. 11 vaut mieux parler qu'écrire. Ce n'est pas que je me défie de lui ; au contraire, plus je le connais et plus je l'estime. Mais il me semble qu'il vaut mieux s'expliquer de vive voix et avec tous les assaisonnements nécessaires. Pour les choses à dire, vous les savez mieux que moi ; mais on ne peut rien malgré M. S'il persiste de bonne foi, on lui dé-

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