Cf. Lettre XXIV, p. Cg et les textes cités à la note
2. C'est le cinquième degré de « la voie » ; cf. plus iiaut, p. 296^
3. « Mais après la mort, qui est aussi ce qui fait que l'àme sort d'elle-même, c'est-à-dire qu'elle perd toute propriété, quelle qu'elle-
quoique bonne, ne montre pas exactement la nature ■de cette impureté. L'âme, étant un pur esprit, n'a point de rouille, mais elle a un reste d'attachement à elle-même, que nous appelons propriété*, et qui la ternit, comme la rouille ternit les corps. Je ne puis rien comprendre d'impur dans l'âme, que ce qui est volontaire, et de propriété. Je conclus donc qu'aussitôt que l'âme sort d'elle-même, elle entre immédiatement en Dieu ; je dis bien davantage, car je soutiens qu'elle ne peut sortir d'elle, qu'autant qu'elle entre dans Dieu, et qu'elle n'achève de sortir d'elle que quand elle achève de se perdre en Dieu ; quoique l'ouvrage de la grâce paraisse toujours commencer par le dépouillement et par la privation, et que la possession ne vienne qu'ensuite, il est pourtant vrai dans le fond qu'on ne se vide de soi qu'à mesure qu'on se remplit de Dieu ; ce n'est pas le vide de l'âme, qui attire la plénitude de Dieu, car comment se viderait-elle seule, si Dieu même n'y était pas, pour la
soit, — car on ne connaît ce que l'on possède que par la perle que l'on en a fait : tel qui croit ne tenir à rien est souvent bien trompé, tenant à mille choses qu'il ne connaît pas, — la mort, dis-je, étant ■iirrivée de cette sorte, Tàme est bien sortie d'elle-même ; mais elle n'est pas d'abord reçue en Dieu. H lui reste encore un je ne sais quoi, un reste d'homme, une forme ; cela se perd. C'est une rouille qui est détruite par une peine générale, indistincte, qui no regarde nuls moyens de mort, puisqu'ils sont tous- outrepassés et finis, mais un <léfaut d'aisance, parce qu'étant chassé de chez soi, on n'est pas encore reçu dans l'Être original » {Abrégé, I, § V, p. 334-335). — Fénelon s'est souvenu de ce passage dans une page des Instructions^ XXI i, U VI, p. i2ij d : a Chacun tient à une infinité de choses qu'il ne devinerait Jamais, etc. »
I. Cf. chez Fénelon une autre définition de « la propriété », citt'c plus haut. Lettre III, p. 19 et n. i.
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vider? mais c'est la plcniliidc de Dieu, qui, entrant^ se fait faire place à la plénitude. Ainsi le cœur n'est jamais un instant vide ; Dieu se l'ouvre lui-même, en poussant au dehors Tamour-propre qui remplissait l'espace. Etre en Dieu, c'est être entièrement désapproprié de sa volonté, et ne vouloir plus que par le mouvement purement divin ; c'est ce qui n'arrive à l'âme que par l'anéantissement, transformation et résurrection consommée.
Ma seconde difficulté est sur les ténèbres de la foi^. La foi ne consiste point à ne rien voir du tout, il y aurait de l'impiété à le croire, car il faut bien se garder de confondre la fol avec le mouvement aveugle des fantasques ou faux inspirés, ^obéissance de la foi est raisonnable selon saint Paul ^ ; et, comme [dit] * saint Augustin, rien n'est si raisonnable que le sacrifice que nous faisons à Dieu de notre raison. La for est obscure, parce qu'elle nous fait soumettre par son autorité à croire et à faire les choses qui vont au delà de toutes nos lumières naturelles; mais, d'un autre côté, elle est très claire, puisqu'elle n'exige le sacrifice de notre raison qu'en faveur d'une autorité toute divine, qu'elle nous montre clairement, qui est au-dessus de noire raison même. Je ne crois pas l'Évangile parce qu'il est obscur ; au contraire, je surmonte son
ï . « Elle (l'âme) ôprouve aussi que, sans niiUe lumière distincte et tout/3 pleine de sécheresse, elle ne laisse pas d être éclairée, car cet état est lumineux en lui-même, quoiqu'il soit si obscur par rapport à l'âme qui le possède, etc. » {Abrégé, I, § I et II, p. 820).