Rom. XII, I
3, Texte de Du toit ; comme saint Augustin.
FENELON A M-"» GUYON 247
obscurité, qui est une raison pour ne pas croire, à cause de Yévidence des miracles et des prophéties, qui me rendent clair ce qui est obscur dans les mystères. Comprendre autrement la foi, c'est manifestement la renverser* Il faut donc que la foi, pour être vraie et pure foi, soit tout ensemble obscure et lumineuse par l'évidence de l'autorité divine, que nous proposent ces mystères. Ne croire que ce que la raison comprend, ce n'est pas foi, c'est philosophie; croire sans comprendre, ni ce qu'on croit, ni pourquoi on croit, ni si c'est Dieu qu'on croit, ce n'est plus ni raison, ni foi, c'est fanatisme, c'est enthousiasme extravagant. Voilà le principe fondamental non seulement de la foi, mais encore de toutes les démarches de la pure foi.
En quoi consiste donc cette conduite de la pure foi, qui va toujours par le non-voir, comme disent le B. Jean de la Croix * et les autres ? Le voici : c'est que , l'âme, voyant clairement la vérité de TÉvangile, et étant certaine que Dieu parle aux hommes, elle se laisse aller sans mesure et sans réflexion à l'impression de ces vérités ; sa conduite est tout ensemble raisonnable et obscure ' : raisonnable, puisque la voie de la pure foi, où elle marche, et qui n'est autre que la pure perfection de l'Évangile, lui est certifiée par l'autorité de l'Évangile, et par tous les principes de la sainte Théologie. — Je dis ceci, parce qu'il est
1. Cf. tous les textes cités, p. 122, n. .4 (Lettre du 3o avril iO<*^o).
2. « L'obscurité de la pure foi ost bien tlifTôrente du doute » (JLchres spiriluellt's', t. VIII, p. 0/17, d).
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certain que les âmes intérieures doivent toujours soumettre, autant qu'elles sont libres, tous leurs attraits et toutes leurs expériences aux décisions de l'Eglise, leur Mère, qui est, selon la promesse de Jésus-Christ dans rÉvangile, plus assistée du Saint-Esprit, pour décider sur la doctrine, que tous les saints les plus éclairés ensemble ne le seraient avec toutes leurs expériences intérieures : aussi les âmes les plus intérieures et les plus éprouvées dans la nuit de la foi ne cessent jamais d'avoir une entière certitude de leur voie, qui se réduit à la règle de la foi décidée par rËglisc et à la simplicité de ses enfants pleins de soumission. — Celle conduite est en même temps obscure, parce que les choses proposées sont aussi incompréhensibles que l'autorité qui les propose est certaine ; aussi tout se réduit à la définition que saint Paul donne de la foi : c'est une conviction des choses qui ne paraissent pas*. Voilà la certitude de l'autorité des choses qui ne paraissent pas ; voilà l'obscurité des , mystères. Si je suis sûr d'un guide, je m'abandonne à lui dans un chemin que je ne connais pas : le chemin m'est obscur, le guide m'est clair-. Le chemin de la foi est ténébreux et impénétrable, mais Dieu, qui est le guide, nous le rend clair par son autorité ; c'est pourquoi saint Paul dit : je sais à qui je me confie \ Vous-même, dans l'état de la foi dénuée, dites