‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 274 sur 350 · II Tim., I · texte numérisé non relu

II Tim., I

FKNELON A M»» GUYOX 249

lous les jours : je ne puis résister à Dieu ; vous savez donc que c'est Dieu qui vous mène, quoique vous ne sachiez pas où est-ce qu'il vous mènera. Il n'y a donc jamais de foi qui n'ait efiectivement sa certitude, mais c'est une certitude sur laquelle on ne peut pas toujours réfléchir. Dans le temps de la tentation, la certitude demeure, mais on ne saurait en faire usage pour se calmer. Elle demeure si bien qu'on ne voudrait pas pour un bonheur éternel sortir un moment de cet état; tant il est vrai que la conviction qui fait la foi, quoique enveloppée, demeure toujours inaltérable; mais, comme je l'ai dit, Dieu ne permet pas alors qu'on puisse réfléchir expressément sur clic, pour se rendre témoignage à soi-même qu'on la possède ; ce retour serait une propriété, qui empêcherait l'âme de se déprendre d'elle-même.

Remarquez encore la certitude de la voie* ou la certitude de son propre salut. Il n'est pas nécessaire qu'on ait toujours la certitude de son salut ; au contraire, l'état de cette vie demande qu'on en soit privé ; et l'état des âmes, que Dieu veut perfectionner, demande que dans ce doute elles fassent sans réserve un sacrifice d'abandon sur leur éternité. Il est donc vrai qu'il vient un temps, où Dieu se cache, où l'on ne sait si on l'aime, ou si on en est aimé. On sait bien certainement en général que la voie est de Dieu, mais on ne sait pas si on la suit. Je comprends que Dieu pousse quelquefois jusqu'à certaines extrémités,

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