Cf. Lettre III, p. a a et n. i
&. Fénelon, Lettre au marquis de Seignelay du a juillet 1690 (t. VII, p. aog, g) : « Heureux ceux qui se jettent tête baissée et les yeux fermés entre les bras du Père des Miséricordes. »
284 FÈNELON ET M«« GUYON
que vous m'écrirez pour mon tils. Je crois que son heure n'est pas encore tout à fait venue. Il n'est rien de plus fort que le renouvellement d'union et d'attrait que j'ai eu pour vous depuis deux jours. Ce aô septembre 1689.
ex. — FÉNELON A M™« GUYON <
Depuis que je suis ici^, je me trouve dans une sécheresse et néanmoins dans une largeur très grande. Rien ne m'embarrasse, ni les difficultés, qui semblent devoir me surmonter dans le moment même, ni mes fautes, ni ce que les autres en peuvent penser. Pour mes fautes, elles me sont assez souvent encore fort cuisantes, mais je me trouve dans un certain calme au fond de ma volonté, qui fait que je passe légèrement par-dessus la douleur involontaire qu'elles me causent. Toutes ces choses se passent si naturellement et avec si peu de recueillement, que je suis quelquefois tenté de croire que cette facilité vient de tiédeur, de dissipation et d'indifférence pour les choses spirituelles. Ce qui pourrait fortifier cette pensée, c'est la légèreté de mon esprit, qui se promène sans cesse, et qui est moins arrêté que jamais dans l'oraison ; cependant je ne puis m'empêcher de me rendre ce témoignage, sans pouvoir dire sur quoi je le fonde, que je n'ai point été jusqu'ici à Dieu d'une manière aussi simple, aussi totale, aussi profonde, aussi continuelle