‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 301 sur 350 · T. III. Lettre LXIX, p. 292-29/i · texte numérisé non relu

T. III. Lettre LXIX, p. 292-29/i

'1. C'est ce que Mme Guyon a appelé plus haut (Lettre XVI, p. 53) : oraison de simple exposition ; cf. Fénelon, Lettre au duc de Chevreuse^

nuire, pourvu qu*il ne soit pas trop long. Il vous sera aisé d'être indifférent et insensible à la perte que vous faites de Foraison aperçue (ce qui marque déjà bien de la mort), tant que cette sécheresse ne sera point accompagnée de plus de faiblesse ; mais, lorsqu'elle le sera, elle se fera plus sentir. Ce n*est pas que la foi et Tabandon (qui est chez vous assez pur) n'en dévore beaucoup * ; enfin, il faut mourir ; il n'importe par quel coup.

Deux choses font que vous sentez plus les fautes extérieures que ce vide intérieur : la première, c'est que ce sont dqs fautes; et que le vide n'en est pas, mais bien une opération de Dieu. La nature et . l'amour-propre peuvent aussi vous faire sentir de la peine des fautes extérieures, parce qu'elles sont plus marquées : mais un jour tout sera égal.

Vous voyez bien par ce que vous dites, que l'oraison et l'union de votre volonté subsistent au milieu de vos embarras ; et qu'elle est même peu interrompue, puisque vous la trouvez toujours, lorsque vous avez le temps de la chercher. Elle est cachée souvent par le voile des occupations extérieures ; mais elle est cependant toujours subsistante : ce sanctuaire est couvert, mais il n'est jalmais vide de l'arche de l'alliance, la volonté étant toujours unie à Dieu, lorsqu'elle a le temps d'y pouvoir réfléchir.

L'abandon est le fruit de la foi et de l'amour. Ce n'est

s. d., t. Vil, p. ai6, <;: « m' exposer tous lesjoars quelques moments devant lui, non en raisonnant; mais, après avoir dit ces paroles: Jîat voluntas tua, donner ma volonté à Dieu, afin qu'il en dispose, et l'exposer ainsi devant luiy sans dire autre chose que de rester quelques moments dans un silence respectueux. »

I . Conjecture de Dutoit ; le texte de son manuscrit portait : en dévore beaucoup. La phrase est du reste peu claire ; il semble que le sens soit le suivant : ce n'est pas que déjà la foi et l'abandon ne vous enlèvent beaucoup de secours aperçus ; mais peu importe d'où vient le coup : il faut toujours mourir.

pas par le goût ou par Taperçu ' , que Ton distingue l'état d'une âme, mais par l'abandon *.

Depuis cette lettre écrite *, M[adame] de C[hevreuse] m'a lu un endroit d'une des vôtres, où vous marquez que je n'ai pas assez de foi^. Voici précisément comment il me semble que je suis. Je n'ai jamais douté un seul instant de la pureté et de la parfaite droiture de vos intentions. Je suis persuadé que vous avez une grâce éminente avec ime lumière d'expérience pour les voies intérieures, qui sont extraordinaires, et je suis très convaincu de la vérité de la voie de pure foi et d'abandon, où vous marchez et faites marcher ceux que Dieu vous donne. Pour les mouvements particuliers ou les vues que Dieu vous donne sur les personnes et sur les événements, je ne

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