‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 308 sur 350 · Sans doute au duc de Ghevreuse · texte numérisé non relu

Sans doute au duc de Ghevreuse

4. Pour cette lettre et pour les suivantes non datées, je conserve presque partout l'ordre du manuscrit de Dutoit. Les garanties qu'il, présente sont, comme on l'a vu jusqu'ici, minimes. A défaut d'autres pourtant, on ne saurait les négliger. Il est certain, par exemple, que cette lettre est postérieure à l'entrée de Fénelon à la Cour, comme le prouve l'allusion à son u emploi » ; cf. Introduction, I, § III, p. xxvu.

5. Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. LIV, p. Say-g.

M-e GUYON A FÉNELON 303

autre chose par son opération, que de dissiper les obstacles.

[Les âmes réagissent dilTéremmcnt sous l'action de Dieu, selon qu'elles se laissent exposées paisiblement à ses rayons ou qu'elles interposent des nuages entre elles et lui.]

GXIX. — m™* GUYON A FENELON ^

Il me paraît à Tégard du pur amour, qu'on ne démêle point assez ce que c'est que les trois vertus théologales, en sorte qu'on fait comme un mélange de l'amour d'espérance et de la 'parfaite charité.

On peut avoir et la foi et l'espérance, sans avoir la parfaite charité ; mais, sans avoir l'une et l'autre de ces vertus, on ne peut avoir la même charité ; ainsi, loin de les exclure, elle les renferme en elle-même.

[La t;harité sans intérêt ni crainte.]

D'où vient que le parfait amour chasse la crainte - ? C'est que la crainte ordinairement a un rapport à soi. Il n'y a que la crainte filiale qui rejette tout rapport à soi, laquelle peut subsister avec la charité, et c'est une crainte chaste de ne pas assez plaire au Bien-aimé : mais elle- est sans trouble. Toute chaste pourtant et toute paisible que soit cette crainte, elle est encore surpassée par la charité : elle n'est pas rejetée comme la première, mais outrepassée ; parce que la pure charité outrepasse toutes choses, pour se perdre dans son divin objet '*

[La charité demeure éternellement et né s'arrête qu'en Dieu même.]

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