‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 312 sur 350 · T. V, Lettre LIX. p · texte numérisé non relu

T. V, Lettre LIX. p

\. Ce billet semble perdu.

5. On a vu dans d'autres lettres (Lettre XXIX, p. 77, XLIV, p. n8, XL VIII, p. 125) que Mme Guyon au milieu do ses plus forte» crises avait ce « sentiment intérieur » de « ne pas mourir sitôt ».

308 FENELON ET M«« GUYON

m*a donnés. Quoique la plus grande consolation que je puisse avoir dans la situation de mon âme à votre égard, serait celle qui me vient de vous après Dieu, — je ne désire cependant pas de vous voir ' : je sais que cela ne pourrait se faire sans vous causer quelque peine ^. Je me repose et me console dans Télroite union que j'éprouve avec vous, qui surpasse inGniment tout témoignage sensible, quoique je ne puisse m*empêcjier dans mon extrénie simplicité de vous en donner plusieurs, qui sont aussi innocents qu'ils sont enfantins. Mais j'éprouve, au delà de tout quelque chose de fixe en Dieu même, qui est autant^ ineffable qu'il est au-dessus de toute expression. Cette situation ne varie jamais. Son extrême simplicité et nudité n'empêche pas sa force. Si vous croyez que je doive faire quelque autre chose que ce que je fais pour ne point mourir, qui n'est rien du tout,, mandez-le moi, et vous serez obéi. J'ai vu ce que vous écrivez à M. le M[arquis] de Ch[arosl] *. Si vous croyez^ que je doive cesser les remèdes, quoique je m'en trouve bien, à ce que je crois, je le ferai pour vous obéir. Au nom de Dieu*^, ordonnez sans retour^.'

1. Construction ordinaire au xvii« siècle; cf. Racine, Abrégé d'histoire de Port-Boyal, édit. des Grands Écrivains, t. IV, p. 56o : « Cettefille avait désiré d'entrer à Port-Royal », etc.

2. A cause de réloignement ou pour éviter les conversations médisantes P

3. Cf. fragment d'autobiographie, p. 6 et n. i. L'emploi de ce adverbe devant un adjectif est ici d'autant plus à noter que dans la phrase précédente Mme Guyon a employé aussi avec une construction identique.

(i. Armand II do Béthune, marquis de Charost, était fils de la duchesse de Charost, l'amie de Mme Guyon. Né le 5 mars i663, il était alors lieutenant général des provinces de Picardie. Il prendra le nom de duc de Charost, quand son père en lOgS se défera de son titre, pour prendre celui de duc de Béthune : « II était intimement de mes amis » ^ dit Saint-Simon (édit. des Grands Écrivains, t. V, p. 174-6).

Page 1