‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 313 sur 350 · Cf. fragment d'autobiographie, p. i et n. k · texte numérisé non relu

Cf. fragment d'autobiographie, p. i et n. k

G. Cette lettre répond à la précédente.

GXXIV. — Mn»e GUYON A FÉNELON »

Les âmes parvenues à leur Gn par le moyen de la foi n'ont rien d'extraordinaire, quoiqu'elles semblent en avoir beaucoup» parce que, voyant les choses en Dieu, cette vue sans vue ^ leur est naturelle et n'a rien qui les distraie de leur unité, voyant tout dans l'unité même. 11 n'en est pas de même des âmes non arrivées.

[On peut distinguer parmi ces dernières trois sortes d*états, sans liaison d'ailleurs entre eux : la foi lumineuse d une lumière tout extérieure, et qu'il faut savoir outrepasser, la foi savoureuse 3, où la lumière n'est qu'intérieure et plus sûre, la foi pure, état d'abandon aveugle, de passiveté souffrante et d'amour nu.] •

Ce sont là des détroits par lesquels il faut passer et sans lesquels il n'y a point de véritable pureté ; mais, après un état si nu, sans sortir de la nudité, l'on devient fécond, éclairé et lumineux sans lumière, ardent sans ardeur, distinct sans distinction *. Jusqu'alors le distinct et l'aperçu ° sont dangereux, parce qu'ils arrêtent l'âme en elle-même, et qu'elle ne peut voir que des lumières fautives, en les voyant en soi. Mais ici, c'est voir la lumière dans la lumière ^, même multipliée dans

I. Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. XIV, p. 96-101 ; dernier paragraphe. Lettres, t. V, Lettre LX, p: 383-4.

3, Sur ce genre de formules, dont on trouvera d'autres exemples dans cette même lettre, cf. Lettre VII, p. 3o et n. i.

3. Sur la foi savoureuse, cf. Lettre XLI, p. m et n. a. Lettre du i5 juin i68g, p. 173.

4. On a vu au début de cette lettre une formule analogue. — Sur le sens mystique de distinction, cf. Lettre XII, p. /i4 et n. i, XIX „ p. 60 et n. a.

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