‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 317 sur 350 · Cf. Lettre XXI, p. 64 et n. a · texte numérisé non relu

Cf. Lettre XXI, p. 64 et n. a

^. Fénelon, Instructions, XXIII, t. VI, p. i24, c2 : « Tandis qu'elle (l'âme) n'hésite point à tout perdre et à s'oublier, elle possède tout... c'est ane image de l'état des bienheureux, qui seront à jamais ravis en Dieu, sans avoir pendant toute l'éternité un instant pour penser à euxmêmes. »

tion. Cette vue sans vue * est amour et jouissance, et tout cela est une même chose dans l'unité même.

Lorsque Thomme est encore en lui-même, il rapporte tout à soi et attire tout en soi-même ; toutes les créatures sont pour lui-même en manière spirituelle, ou en vue de perfection ou de salut ; mais, par le transport qui est fait de cette âme en Dieu, par une extase d'autant plus éminente qu'elle est plus continuelle, puisqu'elle commence dès cette vie ce qui doit durer éternellement, où l'âme ne sortira plus de Dieu pour retourner à elle-même, alors elle transporte avec elle toutes les créatures en Dieu ; de sorte que Dieu est son seul objet et sa seule vie : elle voit tout en Dieu, et tout Dieu ; rien hors de Dieu, ni distinct de Dieu. Cet Être infini fait disparaître tout le reste, dont l'âme cependant n'est point appauvrie, mais elle possède tout, sans rien avoir ni posséder 2, elle voit tout au-dessous d'elle, et elle ne voit rien que Dieu, dont elle ne peut se distinguer pour se voir elle-même.

C'est alors que par un noble orgueil,* elle ne trouve rien qui soit digne d'elle, et qui ne soit au-dessous d'elle, quoiqu'elle ne prenne ni part, ni intérêt à cela. Il n'y a point de purgatoire pour une telle âme ; et celle qui écrit ceci, a eu souvent certitude qu'il n'y en avait point pour elle, quoiqu'elle ne prenne ni part, ni intérêt à cela. Une âme, qui a été assez purifiée, pour être reçue dans son principe original, est assez purifiée pour le ciel, puisque c'est Dieu seul qui exige la pureté, et non le ciel.

O, si je pouvais exprimer cette vérité, et ce que c'est qu'une âme dans la pure vérité exempte des méprises ordinaires ! Cette âme juge de tout sainement, et con-

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