‹ Fénelon documents nouveaux et inéditsChapitre 319 sur 350 · Texte déjà cité, Lettre CXXIV, p · texte numérisé non relu

Texte déjà cité, Lettre CXXIV, p

2. Sur cette construction, cf. Lettre CXXIII, p. 3o8 et n. i.

3. Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. XLIV, p. 245-8.

intime et cachée dans le plus profond de moi-même, qui paraît très ancienne, quoique la manifestation en soit nouvelle), je connus, dis-je, la pureté de Dieu être si infinie, et celle qu'il exige de l'âme, pour y opérer avec plaisir, être telle, qu'il ne veut pas la moindre action de l'âme (tant sa passiveté doit être absolue), pas, dis-je, la moindre action, pour imperceptible qu'elle puisse être, pas même des plus délicates correspondances, qui semblent s'avancer quelquefois par une reconnaissance tacite.

[Les séraphins, modèles de ces âmes passives, uniquement aimantes.]

Peut-on douter de la grâce d'une personne, qui communique l'onction de la grâce, le goût de Dieu, et le recueillement ; qui donne à chacun, sans se méprendre, selon son besoin, et qui pacifie les âmes troublées, quand elles approchent d'elle ? Pourrait-elle conserver dans un même cœur l'abandon le plus fort et le plus pur que l'on puisse s'imaginer, et être en péché? abandon général, tant pour le corps que pour l'âme, pour le temps et pour l'éternité ; abandon tel, qu'il exclut même les premiers mouvements naturels de frayeur, et donne une intrépidité dans le sort du péril même; qui fait que, lorsque tout paraît le plus perdu, c'est alors que. par un amour souverain, on entre dans la plus pure joie, le cœur en étant d'autant plus comblé, que l'on se voit davantage le jouet de la Providence par l'excès du péril ? Gela peut-il compatir avec le péché? Le péché peut-il être dans une personne, qui ne se possède plus, qui, après s'être haïe, se trouve enfin si éloignée et si étran-

Page 1