Cf. Lettre XXI, p. 64 et n
2. Le livre, où sans doute elle faisait recopier ses lettres.
3. La phrase est peu claire. Il semble qu'elle signifie : dans ce livre des lettres, je marquerai d'un point (d'un astérisque) les lettres que vous n'aurez pu lire, « pour faire voir qu'elles sont nouvelles ». Cf. Lettre du 26 novembre i08g, p. 3. 16 et n. i.
li. Lellres, t. Il, Lettre CLXXXIII, p. 558-5Go ; les deux dernières lignes, t. V, p. 'jC3.
324 FENELOiX ET M-»" GUYOX
vous écrire me donnera la force de le faire. Il veut que je vous rende compte de mes dispositions : le fond en est fixe et ferme, de telle sorte que les sens même participent de cette immobilité. Je suis souvent plus proche de la mort que de la vie. Cependant il n*y a en moi nul penchant, nulle crainte, même naturelle ; mais tout demeure immobile, et dans un équilibre achevé, sans que je puisse remarquer en moi la moindre tendance pour quoi que ce soit : une tranquillité parfaite, qui ne vient point d'aucune certitude que. j'aie de l'avenir, — je n'en eus jamais moins : je n'ai ni doute ni certitude, je suis comme une chose oubliée et morte, avec laquelle je n'ai plus rien à démêler. C'est à celui qui me possède à faire ce qu'il veut, et comme il le veut, sans que j'y puisse penser.
Lorsque l'on me dit, de demander à mon divin Maître de guérir, cela m'est impossible, car je ne puis me donner aucun mouvement, s'il ne me le donne ; et il tient tellement ferme, que tout ce qui n'est point lui m'est étranger. Malgré tout ce que je vous dis, et sans changer de situation, je me trouve la même union pour vous, qui ne varie point, et qui n'est de même pour personne.
Je me laisse aussi, comme un enfant, à tout ce qu'il fait ou fait faire ; il ne serait guère concevable, à moins d'expérience, que l'on pût arriver à un état si perdu, si enfant, et si étranger à soi-même, car cela ne change pas un moment de situation dans les douleurs les plus violentes; non que j'aie aucun soutien aperçu, mais l'état d'un enfant bienheureux, qui ne comprend ni son bonheur, ni sa peine. si l'on pouvait comprendre, où réduit l'abandon parfait et la perte totale, qui est cette perle précieuse de l'Évangile et ce trésor caché dans le champ*, on vendrait tout pour l'avoir! Quel bonheur