T. V, Lettre LXVIII, p. 4po-i
3. Cf. fragment d'autobiographie, p. 3 et n. 5. 4t Cf. Lettre du 38 mai 1689, p. i5o sqq.
5. Mme Guyon a exposé à Fénelon dans une lettre antérieure cette résignation pour « les âmes que Dieu lui. a données » (Lettre CXXIII p. 3ii).
326 FENELON ET M- CiUYON
je vous renvoyasse les lettres * , lorsqu'elles seraient copiées, ou que je les brûlasse à mesure. Ce dernier parti était celui que j'avais pris. J'attendrai vos ordres sur cela. J'ai écrit et fait mettre au rang de vos lettres ce que j'avais à vous dire ; je le ferai de la sorte, sans vous importuner, jusqu'à ce que Dieu me fasse faire autrement ; car il faut que je lui obéisse, et qu'après s'être servi de moi selon ses desseins, il jette dans le feu ce vil instrument. (iC n'est plus mon affaire, qui est de lui obéir, quoi qu'il arrive. Ce 26 novembre 1689.
Je soufTre depuis quelques jours une peine pour vous, que j'appelle de division : il semble que l'on me divise de moi-même ; il y a un lien de vous à moi indivisible, ce qui fait que, lorsque vous ne me correspondez pas, ou que mes misères vous causent du rebut, cela me fait éprouver une espèce de déchirement. Dieu me tire d'un côté et vous tirez de l'autre, votre raison vous arrachant, pour ainsi dire, ou essayant de le faire. Lorsque vous êtes uni à moi, je sens une correspondance aussi douce et suave qu'elle est intime en Dieu^, et j'éprouve que Dieu est content de vous et de moi ; et, lorsque le froid ou rebut vous divise, je souffre du côté de Dieu, qui me fait tout payer, et en même temps j'éprouve à votre
1 . 11 semble hicii qu'il s'agisse ici des lettres de Mme Guyon. On a vu pluB haut (Lettres XXVII et LXXVI, p. 174 et a35) qu'elle renvoyait habituellement à Fénelon celles qu'il lui avait écrites. Fénelon faisait sans doute de même pour les lettres de Mme Guyon afin qu'elle pût les faire sur « le livre des lettres » (cf. Lettre CXXX, p. 4a 5 et n. a). Elle lui demande ici s'il désire garder les originaux et s'il faut les lui renvoyer.