Cf. Lettre LXXXII, p* 3o3 et n
3. Premier et dernier paragraphes, t. V, Lettre LXX, p. 4o3-6 ; le resto de la lettre. Discours chrétiens et spirituels, t. II, Disc. XXV, -p. iSg-iGd.
^. Cf. fragment d'autobiographie, p. 7 et n. i.
neux, pour me faire comprendre Timpuissance où je suis de me donner cette douce et suave correspondance ^, qui fait que votre âme m'est toujours présente en Dieu d'une manière nue, pure et générale, sans bornes ^ ni aucun objet. Cette âme me parait toujours droite, et je n'y vois, rien qui gauchisse. Je vois en Dieu un regard fixe et arrêté sur elle, qui ne se détourne jamais. Ce regard est comme celui du soleil, qui échauffe, purifie et détruit; et il n'y a rien à faire de votre part qu'à rester exposé à ses yeux divins ^. Dieu a mis dans vous, comme dans la terre, une source * de fécondité : sans que la terre fasse nulle action, elle devient féconde, exposée aux rayons modérés du soleil ; quelquefois même ce soleil la brûle et la dessèche au dehors, en sorte qu'elle ne produit rien, elle est même toute brûlée ; le soleil alors ne laisse pas. de travailler dans son sein et d'y procurer par son excessive chaleur des mines d'or. Lorsque j'ai souffert, je ne voyais plus votre âme, et un rideau était tiré; je me trouvais mise, comme je vous l'ai dit, dans une prière continuelle, et très liée avec vous, mais je n'éprouvais plus cette correspondance, que j'éprouve toujours.
Je vous dis donc que Dieu est incessamment appliqué sur l'âme droite et simple, qui lui est continuellement exposée. Cette âme n'a qu'à demeurer simplement passive : Dieu la purifie de cette sorte, et lui communique d'autant plus sa fécondité que plus elle reçoit passivement ses opérations''.
[Se laisser dépouiller de tout, pour s'abandonner à l'opération ^ d'abord savoureuse, puis douloureuse, de Dieu, qui détruit et réduit