Cf. Lettre CXI, p
5. On écrirait aujourd'hui : d'autant plus... qu'elle reçoit plus passi» vement ses opération^.
les puissances de l'âme en unité, jusqu'à ce qu'il la transforme et la consomme en soi.]
C'est ce que Dieu veut faire et fait en nous ; c'est pourquoi il vous a choisi d'une manière singulière. O qu'il aime votre âme et qu'il me la fait aimer ! Quand il me faudrait tous les tourments possibles, pour la rendre telle que Dieu la veut, avec quel plaisir les soufTrirais-je, et combien me suis-je immolée à l'amour, ou plutôt l'amour m*a-t-il immolé lui-même !
Il me fallut dernièrement faire dire des messes pour vous, sans en comprendre la raison. Je n'en demande aucune de ce que l'on me fait faire : j'obéis aveuglément. Ce I'*' décembre 1689.
GXXXVII. — FÉNELON A Mnac GUYON *
J'ai fait depuis peu deux fautes, qui m'ont affligé, Madame ; mais, comme elles n'étaient que de fragilité, et non de résistance intérieure, je les ai laissé tomber^, en évitant toutes les réflexions volontaires. II m'arrive très souvent de parler et d'agir, sans aucune vue de Dieu, et de le faire si naturellement, qu'il semble qu'alors Dieu est bien loin de moi ; cependant je crois qu'il en sera toujours bien près, pourvu que je me recueille toutes les fois que j'aperçois ma dissipation, et que je ne repousse et ne retarde jamais l'impression de l'esprit de Dieu. Je me recueille assez dans de petits intervalles, et je crois que c'est ce qui me convient le plus.