I. (.ouvres de Fénclon, 1. cit
En cessant d'être sage Je sors enfin de toi; Je quitte l'esclavage
Dur et sauvage D'an moi trompeur, volage, Pour vivre en foi.
3. Texte de Dutoit : sous ; celui des Œuvres de Fénelon (dessous) est nécessaire pour faire le vers.
rs
FENELON A M»» GUYON a65
Il vit dans cet abime,
Où yamour Ta jeté.
Il ne voit plus de crime ;
Rien ne l'opprime.
Quoiqu'il soit la victime "^ De vérité.
Souplesse de l'âme dans l'état de l'Enfance chrétienne au milieu des souffrances.
Air : Je ne veux de Tirsis [entendre les raisons].
S'il est vrai que mon cœur veut toujours vous aimer. D'où vient le tourment qui m'accable ?
Faut-il encore m'en alarmer ?
Toi seul es juste et moi coupable '^.
J'ignore cependant ce qui t'offense en moi.
Je ne veux jamais te déplaire, Pur amour ! mon cœur est à toi :
En quoi donc te suis-je contraire ?
Je suis comme un enfant qui ne discerne rien. Qui vit dans la simple innocence.
I. Poésies el cantiques, t. II, n® CXLII, p. 176-7. La pièce n'est pas imprimée en italique, ce qui semble l'attribuer à Mme Guyon ellemême. Mais j'en ai retrouvé le manuscrit à la Bibliothèque Saint- Sulpice, de la main même de Fénelon. Il est vrai que Fénelon aurait pu la copier sur l'original qu'il avait reçu, comme il avait fait sans doute pour la pièce précédente ; l'attribution reste ainsi incertaine.
3. Manuscrit de Saînt-Sulpice : Vous êtes juste et moi coupable.
366 FKNELON ET M«« GUYON
Je ne vois plus ni mal ni bien ' ; Je ne sais si c'est ignorance -.
Je ne veux rien savoir. Si je suis ignorant.
Je n*en saurais avoir de peine ;
Je badine comme un enfant :
Mon lit, mon maillot e(s)t ma chaîne.
Mon corps est arrête. 11 n'en est pas ainsi De Tcsprit. Il est toujours libre :
Il ne connaît plus le souci, Restant dans le même équilibre.
Tu me donnes des coups quelquelois bien cuisants. Tu frappes ' avec violence.
Je crie ainsi que les enfants, Et ne perds point la patience.
Je n'en connais pourtant presque plus que le nom. Mais je ne veux rien autre chose.
Non que le mal me semble bon.
Je le veux sans en voir la cause,
Reçois donc, cher Amour, les cris de ma douleur, Comme tu fis mon sacrifice * ; Le mal quelquefois me fait peur.
Mais j'avale en paix le calice.
I. Cf. plus haut Lettre XXVII, p. 7^ : « Us ont une simplicité d'enfant, et il scmblo qu'il n'y a que les enfants qui leur conviennent. Ils ignorent le bien et le mal^ tandis que l'àme habite une région qui leur est d'autant plus insupportable qu'ils y ont moins d'accèd. »
a. Dans le manuscrit de Saint- Sulpicc innocence et ignorance sont interverties.
3, Manuscrit de Saint- Sulpke : Tu me frappes.