Mme Gujon à Fénelon, Lettre du i3 août 1689. p
8. Cf. Fénelon, UUres spirituelles, t. VIII, p. igi. g, 673, g, etc. g, Fénelon à Mme Gajon. Lettre du S juillet 16S9. p. igi.
10, Ci', lea divigations conscientes do Mme Guyon dans certaine» lettres : a Je ne sais pourquoi je parle, ni ce que je dis.., qui euis-je, et où »uis-je P cela estélrangeet je mepcHs » (Lellre XXXV. p.87-8).
11, Fénelon à Mme Gujon, Lettre du 18 jqiUel 1689, p, Ï17. II. Fénelon, Monnet de Piitè, t. VI, p. 55, g.
i3. Féuelon, Lettre i, Mme de Mainlenon du 11 mars i6gi, l. VIII, p. 495. -'-
LXXÏV INTRODUCTION
OU moins inconsciemment la personne même de Jésius- Christ s'efface *, le besoin de ses sacrements diminue, et l'âme s'enfonce en Dieu sans passer par lui : « Il me semble, écrivait Mme Giiyon à Fénelon, que la Sainte Communion n'ajoute rien à ce que je possède*.» Vertus, sacrements, Christ, religion ce ne sont à l'âme que des moyens, qu'elle doit savoir « outrepasr ser » pour « ne trouver que Dieu seul » et s'y reposer : « Quand tout usage de la religion lui serait interdit, elle ne trouverait pas qu'il lui manquât rien^. » C'est « la vraie et pure adoration en esprit et en vérité*», celle qui s'établit sur la ruine de tout désir propre, sur « l'involonté » parfaite ^, sur « la cessation dç toutes choses ^ ». Qu'est-ce que V Évangile éternel? demandait Fénelon à Mme Guyon. « Cet Evangile, lui répondait-elle, n'est autre que la volonté de Dieu "^ » : Pour le suivre, il faut vouloir tout et ne vouloir rien * ; il faut laisser tout tomber' et se perdre soi-même*^
1 . Bossuet le lui a formellement reproché : « Je voulais selon votre pensée que le contemplatif quittât tout culte de Jésus-Christ » (Lettre de Fénelon à Bossuet du 9 février 1697, t. IX, p. 126, g). Fénelon avait pourtant pris ses précautions dans la lettre du 10 mars 1696 à la sœur Charlotte de Saint- Gyprien (t. VIII, p. ^^g, d) : « Une voie, où l'on n'aurait plus rien pour Jésus-Christ, serait non seulement suspecte, mais encore évidemment fausse et pernicieuse, etc. » Mais s'il se défend, c'est qu'il sent qu'il en a besoin ; cf. encore Lettre à Mme de Maintenon de septembre 1696, t. IX, p. loi, g.