Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 12 juin 1O89, p
6. Cf. principalement la correspondance avec « Fanfan » et Mme de Chevry, et en particulier les lettres du i G janvier 1718 et 22 décembre 171/i, t. VII, p. ^bo et ^488, d.
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comme il aurait été à M. Chirac. La confiance pourtant était ici plus méritoire, car cette empirique n'avait d'autre autorité que son succès. Elle était en médecine intérieure ce qu'un rebouteur est à un chirurgien. De là chez le malade, dans les premiers temps, les rebellions de son amour-propre et de sa prudence, les doutes instinctifs qui traversaient sa foi. Mais, quand l'expérience lui eut montré l'excellence du remède, la foi devint absolue ; et il s'abandonna désormais sans révolte à la domination de son médecin. Heureux de pouvoir lui dire tout, pour lui faire tout guérir, il perdit très vite auprès d'elle ses habitudes impérieuses de direction ; et, après avoir essayé un instant de l'entraîner avec lui, il se laissa entraîner par elle*.
Elle le menait à la sainteté, à cette sainteté, dont il avait toujours été si follement épris, et où son âme aristocratique aurait aimé se réfugier loin « du commun des chrétiens^ ». Elle le menait à ces régions mystérieuses de Dieu, où sa pieuse curiosité l'attirait, et où sa foi aventureuse était prête à s'engager derrière la plus ignorante bergère ^. Bien longtemps après sa première rencontre avec Mme Guyon, alors que la fin lamentable de ce roman mystique aurait dû lui restituer toute sa « sagesse humaine », huit jours à peine avant sa mort, n'écrivait-il pas à une femme inconnue, u qui ne le connaissait point », — «. sur les lettres de gens inconnus » aussi, qui la lui avaient signalée comme une privilégiée de la grâce, — ne lui
1 . Comparez le ton encore autoritaire des premières lettres et le Ion soumis des autres.