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Cf. plus haut, Introduction II, § i, p. xxxui

LXXXVIIÏ INTRODUCTION

écrivait-il pas pour « s'ouvrir à elle sans réserve », pour a la conjurer de lui faire savoir en toute simplicité tout ce qu'elle aurait peut-être au cœur de lui dire », pour l'assurer qu'il recevrait d'elle « avec ingénuité et petitesse tout ce qu'elle croirait être selon Dieu et venir de son esprit? ». « J'ai ouï dire, lui écrivait-il, que vous cherchez Dieu. En voilà assez pour un homme qui ne veut chercher que lui^ » N'était-ce pas là sans doute ce qu'il avait dit autrefois à Mme Guyon ? Et ce mot de vieillard, insatiable du Dieu qu'il cherche toujours, n'est-il pas un témoignage involontaire en faveur de celle qui restait son amie ? Ne prouve-t-il pas que leur union n'avait pas été, pour lui du moins, une union de hasard, mais qu'elle était venue satisfaire les besoins les plus profonds de sa nature ?

Il cherchait Dieu. Elle le lui montra. Elle lui montra, dans « l'Evangile éternel » qu'elle prêchait, le Dieu incompréhensible, où vient échouer toute sagesse et qui exige tout amour, le Dieu inconnu qui se révèle aux petits, aux humbles et aux pauvres d'esprit, le Dieu qui donne la paix à ceux qui se laissent envelopper par son mystère et qui ne veulent être qu'un grain de l'heureuse poussière consumée dans les rayons inifinis de sa gloire. Elle lui fit voir l'essence du christianisme non plus dans la méditation, mais dans l'oubli de sa misère. Elle éloigna de cette âme faible la pensée dé- , primante de la mort et du péché, pour la plonger tout entière dans l'abîme d'amour : non, « vous n'êtes point déchu ^ », dit-elle à ce « pauvre homme », vous êtes

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