INTRODUCTION LXXXIX
un homme tout simplement. « Quand Dieu vous précipiterait dans le plus profond de votre corruption », il faudrait y rester paisible et « avoir une patience infinie avec vous-même... Le découragement ne vient que de votre amour-propre. Vous êtes enfoncé en vous-même ^ » ; détachez-vous de' vous, pour vous perdre en celui qui est tout. Laissez tout tomber, désirs, volontés, répugnances, craintes, remords, humi* Hâtions. Mourez à tout, pour revivre en Dieu. Mettez votre joie à n'avoir rien et à n'être rien, à vous sentir rasé comme une forteresse prise. Vous avez besoin « que Dieu vous refonde et rejette en moule ^ », pour devenir un être nouveau, où vous ne serez rien, et où lui sera tout.
Ces paroles étaient dures à accepter pour un cœur « vivant en toutes choses* » et qui « tenait à tout* ». Mais il semble que leur dureté même exerça sur cette âme enthousiaste comme un attrait farouche, et la conquit plus fortement. Lui, qui aurait eu comme personne l'orgueil de la vie et la fierté de. soi-même, il s'essayait à a porter en paix l'humiliation de ses misères * ». Il disait ; « Tout cela est bon, car tout cela me démonte* ». II ne « trouvait de paix au dedans de lui qu'autant qu'il n'y trouvait aucune grandeur, au-
cune ressource et qu'il se voyait capable de tout ce qu*
I. Toutes ces maximes sont empruntées à la lettre citée à la note précédente. C'est une de celles où Mme Guyon a le plus heureusement formulé ses conseils de direction.
a. Fénelon à Mme Guyon, Lettre du 26 juillet 1689, p. 226.