Le mercredi i6 ruai, \oirplus haut, p. 60, note
2. Il n'y avait rien dans cette parole de l'ironie de la fameuse phrase analogue adressée au cardinal de Retz par Anne d'Autriche.
3. Ce témoignage devait être précieux au pauvre abbé, après les déboires de son aventure à Rome. Voir plus haut, p. 198.
4. L'abbé n'eut point d'ailleurs à se repentir de ses démarches « politiques », car, lors de la mort de son oncle, à défaut de la succession à l'évèché de Meaux, qui ne put être obtenue, tant le roi était satisfait sans réserve de la conduite du négociateur de 1699, l'intervention du P. de la Chaise lui valut l'abbaye de Saint-Lucien. Voir mon essai : Bossue abbé de Saint-Lucien lez Beauvais, p. ii2, note i. Paris, Retaux, 1908, in-8 de 182 pages.
Griselle. 17
Meaux les réfute dans son livre des Divers Mémoires on écrits au second écrit (p. 68, n" XVIII).
Les Jésuites de Flandres ont mis en latin tous les livrede M. de Cambrai et c'est en latin qu ils ont tous été distribués à Rome.
Ils se sont intrigués fort étrangement pour avoir des qualificateurs favorables, comme le Sacrisle, l'archevêque de Cbiéti et le Carme, outre leur P. Alfaro.
Enfin leurs sollications étoient publiques; le général même en parloit et on savoit à Rome que le cardinal Nerli lui avoit dit : « De quoi vous mêlez-vous, mon Père? On vous trouve toujours, vous et les vôtres, à l'appui des erreurs ». Ajoutez le mandement de mandement de l"archevèque de Sens', leur disciple, qui est un éloge continuel de M. de Cambrai : il avoit pourtant avoué, en présence du P. Avrillon, Guibert et Rérard, de l'Oratoire (quand il vit la Relation de M. de Meaux). que cet ouvrage l'avoit fait revenir; mais il ne s en souvenoit plus, et il ne comprenoit pas la force des termes que les Jésuites avoient mis dans son mandement ".
M. de Cambrai ne négligeoit rien pour instruire Rome: c'étoit continuellement courriers extraordinaires à ses frais. L'abbé Bossuet voyoit les réponses de ce prélat y arriver en même temps que les écrits de M. de Meaux. M. de Meaux ne se servoit que des courriers ordinaires^. Les
1. Hardouin Fortin Je la Hoguette (1692-1715). A oir Revue Bossuet, l. c, p. 5o.
2. Ici encore il faut recourir au teste même de Ledieu dont notre fras;ment n'est qu'une analyse. C'est autrement savoureus et suggestif, et quel écho y résonne! \oir ibid., p. 5i.
3. C'est ainsi qu'on écrit l'histoire. Heureusement, nous savons par la correspondance de Bossuet et de son neveu et par les lettres d'Antoine Bossuet, frère de l'évèque, que Fénelon n'eut pas le monopole des courriers extraordinaires. Voir plus haut, p.' ic)3, 21D et suiv., etc., sans compter les occasions du cardinal de Bouillon et l'entremise de Mme de Foix, (p. i6^) et, avant tout le reste, l'appui officiel de la cour et de tous les moyens à la
États crOraison envoyés au mois de mars lôr)- n'y arrivèrent qu au mois de septembre : on s'étoit servi des galères par Marseille '.
M. de Cambrai voulut répondre à tout- : on vit même des écrits depuis la condamnation avec des noms supposés.
disposition du roi. A elle seule, la lettre de Souin, l'agent d'affaires de Bossuet, que j'ai citée dans Bossuel abbé de Saint-Lucien, p. 33, prouverait que la dépense ne fut point ménagée par Bossuet pour faire réussir cette « affaire » dont il avciit garanti le succès au roi. Souin disait, à la nouvelle du jugement prononcé : « J'espère que la dépense va bien tost finir par là. Si cela avoit encore continué du temps, je n'aurois pu y fournir ». Et Antoine a pu nous donner maint renseignement utile sur la lépense du courrier Maurisseran, envoyé par le neveu de Bossuet. Voir plus haut, p. 212, 218 et 220.
I. De nouveau le narrateur plie les faits à sa convenance ou du moins se sert de renseignements complaisammcnt inexacts en donnant à penser que le livre de Bossuet ne parut à Rome qu'à cette date. Pour n'en citer qu'un, l'exemplaire envoyé au pape ne tarda pas autant. Remis par r.'ibbé Bossuet, qui rend compte dans sa lettre du 9 avril, de son aulience récente, il est honoré d'un bref en date du 6 mai 1697. ^oir plus haut, p. 92, note 3, et Pholipeaux, Relation, I P., p. 28C. Le retard les livres envoyés par Marseille (envoi dont s'était chargé Anisson) ne porte en tout cas que sur la seconde édition, corrigée et augmentée, que Ledieu signale à l'abbé Bossuet dans une lettre du ai juin (Lebel, t. X-L, p. 328, Cf., p. 35i, la lettre de Bossuet, du 2g juillet, notifiant arrivée à Livourne de l'envoi Anisson et l'expédition de nouveaux voumes de la seconde édition). Le cardinal Le Camus écrivait à Bossuet lès le 17 juin, en parlant de l'effet produit à Rome par son livre : « On a si fort approuvé à Rome que j'ai su par le cardinal Casanate qu'on louhaitoit qu'il fût tourné en latin et en italien » (Ibid., p. 323). Le réit partial de notre anonyme requiert donc un contrôle attentif. Quant lu témoignage de Casanate, comme, plus haut celui de Nerli, il rendrait irésque plaisante la réplique attribuée à celui-ci au général des Jésuites ur l'appui qu ils auraient donné toujours à l'erreur. Dans la lutte conre le jansénisme, ils n'étaient pas du même côté que ces deux cardinaux. . Fénelon était 'fermement résolu à répondre à tout nouvel écrit de iossuet, comme il le déclare en termes formels en fin de sa lettre... sur la éponse (de Bossuet) aux préjugés décisifs : « Encore une fois nous écrions tant que vous me contraindrez de vous répondre, etc. n (Lebel, t. 'lU, p. Di5). Par malheur, i'évèque de Meaux, lui aussi, était décidé à le laisser sans réplique aucune des réponses de Fénelon.
Voyez le Post-Scriptum joint à la lettre d'un théologien à M. l'évèquc de Meaax par le Sieur de Langlois', à Cologne, chez Pierre Marteau, 1699, in-ia, lettre d'un théologien où l'on démontre que ce n'est point au sens de M. de Cambrai qu'on a condamné son livre et les 28 propositions qui en ont été tirées -.
On dira peut-être que ce sont des écrits de ces aventuriers que ce prélat a dit qu'il ne pourroit point empêcher. Voici quelque chose de plus précis à quoi on ne peut pas donner la même réponse.
La réponse de M. de Meaux aux Préjugés décisifs pour M. de Cambrai l'ut achevéfe] le 26 janvier 1699 et donnée' au public quatre jours après. M. de Cambrai ne peut donc l'avoir reçue que le A ou 5 février. Il y a répondu par une lettre à M. de Meaux vue dans Paris le i5 mars. Le mandement d'acceptation de M. de Cambrai est du 9 avril. Travailloit-il à sa défense contre M. de Meaux en même temps qu'il travailloit à sa soumission ^ ?
1 . Le texte donné par la Revue Bossuel (^ibid., p. 5.H) porte : le sieur de Longbois, ce qui parait bien une faute de lecture de l'autographe.
2. Savoir exactement qui des deux cessa le premier de composer des « apologies » de ses traités précédents, dès que fut notifiée sufEsamment la condamnation du 12 mars, est au fond assez malaisé. En tout cas l'on peut dire que les éditions des Œuvres complètes des deux adversaires, à cet égard également mal partagés, ne nous aident pas à élucider la question. Ceux qui les ont préparées, sur un plan identique, ont omis le soin de reproduire les « achevé d'imprimer » ou autres renseignements analogues fournis par les éditions originales ; indications d'ailleurs susceptibles d'erreurs volontaires ou fortuites. D'autre part, les tirages originaux, remaniés par des cartons, modifiés par des réimpressions, demanderaient une bibliographie sérieuse, encore à établir et peu facile à mener à bonne fin. Ces travaux préliminaires, œuvre de patience ! et de critique, dignes de tenter la sagacité de chercheurs consciencieux, sont pourtant indispensables pour corriger et juger les accusations passionuées qui insinuent, comme ici, que Fénelon, même après sa condamnation, après sa soumission même, persista à composer ou faire composer ■ des défenses.
3. J'avoue ne point voir ce que peut avoir d'irréfutable cette alléga-
La réponse d'un ihéologien à la première lettre de M. l'archevêque de Cambrai, Imprimée le 3o janvier 1699, ne lut donnée que le 6 ou 8 de février. M. de Cambrai ne l'aura reçue que le lo ou le 12. Il y a répondu par des lettres qu'on n'a vues à Paris que depuis le Mandement du 9 avril, et sa condamnation est du 20 mars'.
Uon du partisan de Bossuet, ni ce que peut présenter d'accablant ce rapprochement de dates. On sait la rapidité de travail de Fénelon, bien connue de Bossuet, qui essayait de faire « arrêter d écrire » cet accusé qui, selon son droit avéré, voulait toujours être entendu le dernier. Arguer aussi de la difficulté de se procurer rapidement les écrits de Fénelon et des lenteurs de leur publication à Paris, serait, de la part de ses adversaires une naïveté, s'ils n'eussent dû cent fois savoir que bonne garde était faite pour interdire la difTusion en France de ces écrits sans privilège, doublement suspects. Fénelon n^e manque pas de signaler le fait : M Si mes ouvrages, écrit-il, ne parviennent pas toujours jusqu'à vous aussi proniptenicnt que vous le voudriez, au moins une fois faitesvous justice, prenez-vous en à vous-même. Taut le monde sait que ce petit mystère n'est point sur mon compte » (Lebel, t. VIII, p. 5io et plus haut, p. igtj, n. 2). Libres de ces entraves, les écrits de Bossuet pouvaient parvenir plus facilement à leur adresse et en étaient d'autant plus vile réfutés par la plume alerte de Fénelon, autrement souple que celle de sa partie : inde irae. Au reste, rien d'étrange qu'un livre connu de lui dans les premiers jours de février ait trouvé réponse au 1 5 mars. Et à cette date, le bref du 12 n'étant pas connu à Cambrai, quoi de plus naturel que Fénelon ait travaillé les jours précédents à répondre au dernier écrit de Bossuet? L'auteur du mémoire n'a-t-il pas tout à l'heure raconté que le 25 mars, avant de monter en chaire, Fénelon apprenant sa condamnation, avait séance tenante, tourné son sermon à la soumission, et annoncé son mandement auquel il travailla sans désemparer ? Ce mandement pouvait donc être publié le y avril sans que nécessairement Fénelon l'ait écrit en même temps que sa réplique à M. de Meaux. La passion égare toujours et on surprend plus de fiel que de logique ou d'équité dans cet écrit d'un familier de Bossuet, essayant la pleine et totale justification de son maître.
I. Elle est du 12, mais notifiée seulement le 26 à Cambrai. Or reste à savoir, pour résoudre cette énigme que le narrateur déclare triomphalement embarrassante, si les lettres vues à Paris après le 9 (et on n'a pu y voir dès le 9 le mandement publié ce jour-là.seulement à Cambrai) ont longuement cheminé, ou encore, si l imprimeur qui les avait fait paraître et livrées avant le aS mars, les pouvait faire revenir, à suppo-
Autre preuve plus décisive encore : Les passages éclaircis de M. de Meau.v imprimés le 7 mars, publiés le 10 et mémo le 19, car ou y fit une addition qui retarda la distribution de cjuatre jours, n'ont pu être à Cambrai que le ao, la Bulle fut reçue à Paris et à Versailles le 22, et le 24 à Cambrai. Le Mandement de M. de Cambrai est du 9 avril. Cependant on reçut à Paris deux lettres de ce prélat à la lin d'avril et au commencement de mal. H travailloit donc à se défendre contre M. de Meaux, en même temps qu'il se soumettoit à Rome ' ?
Ce prélat sentit bien que le public avoit en main la preuve de ce fait par acte ; pour la lui ôter, il a effacé la date de son mandement : publié le 9 avril sur la i'''' édi-
scr qu'elles aient été expédiées en vente régulière et non passées clandestinement sous le manteau, ce qui était apparemment leur unique moyen de voyager lentement, mais sûrement. Il faut quelque chose de plus « décisif» que ces raisonnements en apparence appuyés sur des faite précis, pour accabler la mémoire de Fénelon. Le résumé de notre manuscrit alirèsçe et affaiblit le texte de Ledieu, mais même dans sa teneur exacte (^lliid., p. 54 et 55), la conclusion du Mémoire est loin d'être irrécusable.
I. La conclusion n'est pas plus invincible que précédemment, bien que les limites soient étroites entre le 20 et le 25, date de l'arrivée du bref à Cambrai. Mais le « domestique » de Bossuet ne confond-il pas trop son maître avec l'Eglise universelle ? Fénelon pouvait se tenir pour condamné quant aux Maximes des Saints et aux 28 propositions signalées, sans croire erronés et condamnables tous les opuscules écrits par lui pour les justifier. Bossuet, sa correspondance en fait foi, caressa un moment lespoir de faire mettre à l'index tous les écrits de Fénelon (Voir j)lus haut, p. 116). Ses plus chauds amis se récrièrent, et il y avait de quoi. En ce cas d'une condamnation de ces divers ouvrages, l'indignation de l'auteur du mémoire se concevrait. Sur les écrits de Fénelon, composés pour la défense de son livre des Maximes des Saints, il faut lire' la lettre de l'abbé Bossuet à son oncle, du 3o décembre 1G98, où l'on surprend le premier projet de les faire condamner. « Il est à propos que le roi insinue au nonce qu'il convient de prohiber les écrits publiés pour défendre le livre de M. de Cambrai. Mais on doit prendre garde que cela ne donne prétexte à quelque nouvel examen « (Lebel, t. \LII, p. 147, Lâchât, t. XXX, p. 178). Dans l'assemblée provinciale de Cambrai, où Fénelon, grâce à l'ami de Bossuet, M. de Valbelle, évèque de
LA LUTTE DE BOSSUET CONTRE LE QUlÉTISME 263
lion, dans toutes les éditions postérieures in-4°, in-S», à Cambrai, à Bruxelles, etc., etc'.
Au reste, M. de Meaux croyoit la soumission de M. de Cambrai sincère, et il en parloit ainsi à tout le monde. Il refusa même d'écrire depuis la condamnation : il disoit à N('s amis que cette affaire étoit finie, et qu'il ne falloit plus en parler-.
Le mémoire d'où j'extrais tout cela marque qu'il fut achevé le 7 décembre 1699a Versailles'.
Le folio suivant contient encore les lignes que voici:
M. de Cambrai avoit gagné, à l'archevêché (de Paris) M. de Beaufort et M. Boileau qui souhaitoit que son airairo fût terminée à l'amiable par des explications. M. de Paris ne voulut pas se déclarer. Cela donna bien de la peine à M. de Meaux . Après l'afTaire engagée à Rome, le
Saint-Omer, fut loin d'être ménage, la question fut posée de manière explicite, et on lit au procès-verbal : « Ensuite Messeigneurs les évêques ont examiné par rapport à l'exécution de la Constitution, ce qu'il con- ■ vient de faire au sujet des écrits qui ont été faits en défense du livre, etc. » (Fénelon, Œuvres, éd. Lebel, t. IX, p. 199).
1. La démonstration bibliographique manque peut-être de rigueur, car il faudrait savoir si les éditions ou mieux les réimpressions du mandement furent le fait de l'archevêque ou des libraires désireux de satisfaire à la vente et aux demandes des amateurs. Mais pour traiter ces points, il faudrait, comme je l'ai dit plus haut, des instruments, de travail qui manquent encore, à savoir une bibliographie complète et soignée de ces écrits de circonstances, faite d'après les originaux.
2. Dès longtemps Bossuet avait résolu de s'arrêter, mais la lutte l'avait entraîné. Ainsi, le 7 décembre i6g8, dans la lettre si suggestive où il donne le plan de son second Traité des Etats d'oraison, l'évèque écrivait à son neveu : « Je n'écrirai plus du tout. Quand la décision sera
\ venue, jo pourrai, sans plus disputer, faire mon second traité sur les Etats d'oraison « (Lâchât, t. XX.X, [). 128).
3. C'est donc bien sur le Mémoire de Ledieu qu'à travaillé notre abréviateur. Nous l'avons vu plus haut, p. 289, le rédacteur de cette note dut introduire dans le récit quelques retouches postérieurement à cette date, puisqu'il y parle d'Antoine de Noailles comme cardinal, alors que celui-ci ne fut promu qu'au 2i juin 1706.
nonce demanda comme de la part du pape que les parties n'écrivissent plus. M. de Meaux représenta au roi qu'après les erreurs des écrits de M. de Cambrai, il ne convenolt pas de traiter cette affaire à égal, que ce seroit désavouer l'Eglise. M. de Paris et M. de Chartres laissèrent ignorer pendant i8 mois à M. de Meaux le mémoire de M. de Cambrai à Mme de Maintenon, voulant le ménager. Gela l'affligeoit, mais il n'en disoit rien, parce que toute la force contre M. de Cambrai dépendoit de leur unanimité et de leur concert. »
Ici s'arrêtent ces notes d'un contemporain, qui pour être sans signature, émanent certainement d'un personnage informé et en place pour l'être. Ce détail final est amplement confirmé par Ledieu, à l'endroit de son Journal où il nous rend compte des impressions de Bossuet à la lecture de la Relation de Quiétisme de Phelipeaux. On v lit : « Déjà il avoit gagné tout à fait MM. de Beaufort et Boileau, qui éloienl d'avis de terminer à l'amiable et de recevoir des explications. M. de Meaux est aussi convenu que ce fut une indigne cachoterie à ces prélats de lui avoir laissé ignorer le mémoire à Mme de Maintenon pendant dix-huit mois, et il nous en a raconté l'histoire comme je l'ai écrite ailleurs avec ces nouvelles circonstances qu'ayant en tête le dessein de faire sa Relation sur le Quiétisme, il falloitpour y réussir, non seulement faire connoitre au public le quiétisme de Mme Guyon, mais encore celui de M. de Cambrai et la liaison de ce prélat avec cette dévote- Sur c|uoi M. de Chartres s'avança à dire cju'il avoit vinc pièce propre à ce sujet et que M. de Meaux lui répartit: « Vous êtes obligé en conscience de tout communiquer ; vous serez damné si vous ne le faites ' » cju'il dit la même
1. Cette maniôre d'en appeler aux fautes mortelles et d'imposer des.
chose h Mme de Maintenon, et qu'il eut ainsi de cette dame la première copie de ce mémoire imprimé dans sa relation. » (Journal de Ledieu, t. 1, p. 226 et suiv., 6 octobre 1701).
Dans les notes annexées à la copie du manuscrit par l'aimable correspondant auquel je les dois, se lisent les réflexions suivantes : c< Si on avoit montré dik-huit mois plus tôt à Bossuet le mémoire de Fénelon à Mme de Maintenon, peut-être que la polémique n'auroit pas eu lieu. L'aiiiour-propre de Bossuet n'étant pas alors aussi engagé, peut-être aurait-il, comme les autres (Noailles et Godet des ^ Marais, dont on rappelle la répugnance à pousser à fond l'alTaire), reconnu les bonnes raisons de Fénelon, et tout alors se serait arrangé à l'amiable et pacifiquement ».
Je suis fort loin de partager cette manière de voir, et, à mon sens, tirer cette conclusion, c'est oublier l'objet du mémoire et les arguments cpie Bossuet en prétend tirer. L' « indigne cachoterie » dont se plaint Bossuet lui aurait simplement fourni beaucoup plus tôt le document dont il avait besoin de longue date, et il ne re- |)roche pas à ses « unanimes », comme les nommait Fénelon, de lui avoir caché une pièce de nature à l'éclairer à temps et à le faire revenir de préventions, comme le croit l'auteur de cette remarque. Il n'y a donc pas lieu de prendre le change, ni de penser que Bossuet n'entraînait à des démarches irrévocables ses deux confrères hésitants que faute d'avoir vu plus tôt ce mémoire, dont au contraire il aurait eu besoin dix-huit mois auparavant pour montrer la liaison entre le cjuiétisme de Mme Guyon et celui de l'archevêque de Cambrai.
La vérité est que si les conciliations désirées par les deux ^ conseillers du futur cardinal de Noailles(Beau fort et Boileau) avaient pu aboutir, nous aurions perdu plusieurs chefs
obligations suh gravi est d'accord avec les habitudes de Bossuet. Voir les passages cités dans ma thèse: De munere pasiorali Bossuet, y). 192.
d'œuvre de Fénelon, car on peut donner ce nom à ses! merveilleuses défenses, si peu connues. Par contre, la; cause de l'Église y eût gagné, car les deux rivaux avaient niieux à faire que d'exercer leurs riches facultés sur ces objets de dispute, où il n'allait pas, comme le voulut faire croire Bossuet, de toute la religion. L'ennemi était ailleurs, mais puisque les circonstances ont entraîné Bossuet et Fénelon à ces luttes stériles, encore faut-il, l'histoire en main, leur rendre à tous deux justice, sans immoler l'un à l'autre, comme le font trop fréquemment les critiques, prenant parti pour ou contre, comme des spectateurs de tournois.
Sans être du métier, et avoir mis, comme on dit vulgairement « laniain à la pâte » pour des besognes analogues, il est malaisé, sinon impossible de peser à sa valeur le mérite d'une œuvre aussi considérable que l'édition des Lettres de Bossuet entreprise par MM. Eugène Levesque et Charles Urbain dans la collection Les Grands Ecrivains de la librairie Hachette-. Trois volumes ont paru, mais il n'est point besoin d'attendre la lln^ pour signaler l'importance du travail et recommander à l'attention du public les efforts si judicieusement dépensés en faveur de cette portion des œuvres de Bossuet.
Nos grands classiques religieux, les gloires ecclésiastiques de la France, n'ont point été gâtés sous ce rapport, et il serait trop facile de refaire le procès des éditeurs pour s'être abstenus de consacrer aux auteurs qui ont illustré le clergé de notre pays les inêmes soins qu'aux écrivains profanes. Ily a trois ans bientôt que dans l'article où la Revue des Deux Mondes appréciait la magistrale édition de