‹ FénélonChapitre 103 sur 138 · Barbier de Montault, p. /t · texte numérisé non relu

Barbier de Montault, p. /t

4. Il faut cherciier, dans le beau livre de M. Delplanque, qui en contient de véritables gerbes, tous les délicieux diminutifs que 1 archevêque prodiguait à ses neveux et aux nombreux enfants qui égayèrent le palais archiépiscopal de Cambrai. Voir p. 128 sur les surnoms du marquis de Fénielon, Tonton et Fanfan et, surtoit, p. xxn.

voudrait avancer leur maturité : « La saison reculée (écrit-il en mai 1713) nie donne de l'impatience par rapport aux fruits rouges. » Et ailleurs : « Je suis afîamé pour vous de cerises... ma mauvaise humeur contre la saison est horrible, aussi bien que la saison même ; je gronde contre le printemps trop paresseux. >> « Si j'étais dans un climat et un terroir printanier, je vous eu enverrais de précoces. »

Enfin ses désirs sont exaucés et les fruits rouges paraissent. Aussi s'empresse-t-il d'écrire ; « Je remercie les fraises du petit soulagement qu'elles vous donnent. »

Mais ce soulagement n'est que passager et voici en cpiels termes délicats il se révolte contre les cerises et fonde ses espérances sur d'autres fruits : « Je gronde contre les cerises qui ne vous ont point soulagée et les fraises, qu'en faut-il espérer .•* Les fruits du mois d'aoïU sont bien meilleurs ; les pèches, les figues, et le raisin valent beaucoup mieux... Je prie souvent pour votre guérison et pour la patience dont vous avez besoin. Puisque vous souffrez, ne le faites pas sans fruit et sans espérance, que Dieu vous eix tienne compte ' . »

Mais hélas ! l'espoir du prélat ne se réalisant pas, on abandonne les fruiis du pajs pour courir à je ne sais quelle plante de la Chine, et il termine une lettre du 11 juin 171/i, portant le timbre de Cambray, par ces lignes affectueuses : « Je serais bien obligé h la plante chinoise nommée nisis. si elle vous faisait du bien "-. »

Même sollicitude à l'égard de tous ses amis : « La santé de M. le duc de Beauvilliers m'afflige jusqu'au fond du cœur (marque t il le 17 (lire ig) juillet 171A) et il ajoute ces mots d'une indicible tendresse : « L'amitié coûte cher en ce monde •*. «

Ce mot du cœur, qui fait pendant à la mélancolique réflexion, plus connue, sur les vrais amis qui devraient s'entendre pour mourir tous le même jour, méritait d'être

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