Fr. 17679, f" 5o. — 3. Delplanque, p. xxv
k. La lettre est de la main du P. Léonard de Sainte-Catherine, le plus actif des nouvellistes du temps.
A Paris, ce ao septembre i/o4- L'oraison funèbre de M"" Bossuet Evesque de Meaux paroist tlepuis quelques jours. Elle est imprimée chez la veufve Benard, rue Saint-Jacques. Le portrait du prélat est à la teste de la première page. On dit que le R. P. de la Rue qui l'a prononcée à Meaux y a changé quelque chose dans l'impression, apparemment pour contenter les parents du deffunct. Je n'ay pas encor pu scavoir ce que c'est. On estime fort cette pièce digne de l'auteur. On y admire l'endroit où il est parlé de l'affaire de ce prélat avec Mgr l'archevesque de Cambray au sujet du pur amour, ou si vous voulez, du Quiétisme. L'orateur fait l'éloge de l'un et de l'autre sans les nommer et sans mesme designer le vaincu par le titre d'Archevesque. La soumission du dernier donne au P. de la Rue occasion d'apostropher et de reprendre, mais finement, les jansénistes qui ne veulent point se soumettre à l'autorité de l'Eglise, en imitant, dit-il, l'exemple de l'humble prélat qui n'ayant cherché que la vérité, lors mesme qu'il s'en escartoit. l'a retrouvée par le chemin qui luy fut prescrit par l'Eglise et montré par son ami, partageant ainsy entr'eux les avantages de la victoire, le vainqueur, par la fermeté de son zèle et le vaincu par la docilité du sien, l'un glorieux d'avoir vaincu l'erreur, l'autre de s'être vaincu luy mesme... '.
Ce parallèle, écho d'un panégyrique, car une oraison funèbre ne peut être une histoire complète, pouvait bien, dans la pensée de l'orateur, obligé de ménager à la fois la mémoire du mort et le pouvoir des vivants, ressembler à une réparation de son fameux sermon de saint Bernard, plein d'allusions blessantes à Fénelon et transportant dans la chaire sacrée les regrettables vivacités de plume de Bossuet^. 11 ne peut avoir rien de commun avec là conclusion réfléchie d'une thèse d'histoire. Opposons-le donc aux pages où M. Delplanque a résumé son sentiment sur cette querelle du pur amour, à tel point capitale dans la vie de l'énelon qu'elle justifierait presque d'avoir voulu l'y rencontrer tout entier.