‹ FénélonChapitre 108 sur 138 · Delplanque, p. /)6i · texte numérisé non relu

Delplanque, p. /)6i

L'ouvrage de M. Delplanque, qui lui a mérité le titre de docteur es lettres, fait partie des Mémoires et travaux publiés par des professeurs des Facultés catholiques de Lille. La tlièse sur Fénelon comprend les fascicules IV et V; celui-ci, sous le nom d'appendice ' est une Contribution à une édition critique de la correspondance de Fénelon, comprenant des Lettres et documents inédits. Ses cent et une paires fort compactes ne comprennent pas moins de vingtquatre lettres de l'abbé de Chantérac, dont deux à Fénelon, les autres à l'abbé de Maulevrier^, du i6 juillet i6g8 au 28 avril de l'année suivante ; une vingt-cinquième, du même à Fénelon, i*^"" septembre 1701 , que Barbier de Montault avait publiée en r863, sans pouvoir identifier la signature G. D. C. ; une correspondance du cardinal de Bouillon avec Louis XIV, lettres et extraits inédits, tirés des Archives des affaires étrangères, complétant la publication fort imparfaite de l'abbé Verlaque, parue en 1882; et surtout (p. 44-4&)? et c'est la part intéressante parmi les inédits, les instructions pour l'abbé de Chantérac allant à Rome (août 1697) ; un mémoire de l'abbé de Chantérac pour son archevêque, à propos des prétendus aveux

i . II faut aussi du moins mentionner ici le fascicule II : Saint Franlois de Sales, humaniste et écrivain latin, XI1-17C pages 1907.

3. Sur cet abbé de Maulevrier, cousin de l'abbé de Langeron, voir l'excellente notice de la p. i^g et p, 227. Je m'étais toujours demandéjus- ([u'ici d'où avait pu être tirée l'étrange affirmation qu'on lit dans Autour (h Bossaet de Mgr Delmont, qui appelle M. Maulevrier « curé de Saint- Sulpice ». L'explication s'en rencontre sans doute dans la confusion (ju'aura commise cet auteur par une lecture trop rapide de la lettre de l'xissuet à cet abbé, citée en note dune lettre de M. de la Cbétardie, le véritable curé de Saint-Sulpice, rendant compte à Tronson d'une entrevue ;ivcc Bossuet, lettre du 21 janvier 1697 (Cf, plus haut, p. ioi,n.4p. 227).

du P. Lacombe (sur lesquels il y aurait tant à dire si c'était le lieu'), et la longue lettre inédite de Fénelon à Chantérac du i4 janvier 1698; enfin une série d'identifications fort ingénieuses par lesquelles l'auteur enrichit d attributions précises des lettres demeurées vagues dans la correspondance imprimée.

Voilà déjà de quoi prouver que l'abbé Delplanque se tirerait à son honneur des délicates fonctions de rééditer les lettres de l'archevêque de Cambrai.

Lisons à ce propos les premières lignes de sa préface :

Ce livre est un modeste essai sur la correspondance de Fénelon, Nous voudrions avoir toutes les lettres de Fénelon au petit nombre d'amis excellents qui lui restèrent fidèles dans sa disgrâce ; il s'en faut de beaucoup que nous les ayons toutes. La correspondance, telle qu'elle est imprimée dans l'édition de Paris, la dernière et la plus complète, des œuvres de Fénelon, est pourtant considérable ; elle comprend plus de deux mille lettres et il y en a de très longues ; c'est le tiers de son œuvre littéraire 2.

Venons à la donnée générale de la thèse. On en connaît le titre principal : Fénelon et la Doctrine de ramour pur, diaprés sa correspondance avec ses principaux amis. Voici le sous-titre : Essai sur Fénelon dans l'intimité, d'après ses lettres et celles de ses amis. La relation entre les deux divisions du livre, ou, si l'on veut, la place prépondérante accordée à l'un des correspondants, l'abbé de Chantérac, est ainsi expliquée : « Ce travail sera divisé en deux parties : Fénelon et ses amis, et V application- de la doctrine de

I, \ oit Revue Fénelon, sept, igio, p. 69-87 et déc. p, iSg-iôile texb inédit d'une Apologie du P. Lacombe publiée par M. labbé Gh. UrbainJ

3. Préface, p. i. L'auteur dit aussi, dans la note de la p. 11, où apprécie les travaux de ses prédécesseurs, comment il entend restreindr ion point de vue et choisir sa méthode : « Nous prendrons comme "sourc unique les lettres et nous tâcherons de les analyser scrupuleusementij minutieusement, de manière à faire connaître les sentiments et les garac-^^ téres ; ce sera l'histoire du quiétisme reprise au seul point de vue psj-J chologique».

l amour pur dans son amitié; Fénelon et V abbé de Chantérac, et l'histoire de leurs sentiments intimes dans leur querelle sur la doctrine de l'amour pur avec Bossuet et l'abbé Bossaet ^ ».

M. l'abbé Delplanque, qui distingue l'objet « principal de son livre, le caractère et l'âme de Fénelon » de l'objet secondaire : l'âme et le caractère de chacun de « ses principaux amis », a voulu écrire « une biographie psychologi([ue » de celui-là et de ceux-ci « durant les vingt-cinq dernières années de la vie de Fénelon « d'après ses propres confidences, ses conseils, sa direction, et les confidences trop rares de ses amis. Pour lui, la doctrine du pur amour, répandue en tant d'ouvrages spirituels de Fénelon, « expliqvie beaucoup des qualités et des défauts de Fénelon, donne l'unité à sa vie, comme elle donne l'unité à ce travail ». C'était le droit de l'auteur de choisir et de limiter ainsi son point de vue. Il y était au reste autorisé par une phrase d'un des premiers biographes et admirateurs de Fénelon, le clievalier de Ramsay, qui formerait aisément l'épigraphe de la nouvelle thèse : « Cette doctrine désintéressée a toujours été la doctrine favorite de ce prélat... la clef de tousses principes, le grand ressort de son cœur et le dévouement de toute sa vie. Donner une idée

I. Au risque de descendre à des vétilles, je n'aime pas beaucoup « la querelle sur l'amour pur, avec l'abbé Bossuei », dùt-on essayer, pour la symétrie, de l'opposer à l'abbé de Chantérac. Le « neveu du grand homme » avait beau être à Rome l'agent de la poursuite, comme Chantérac était 1 agent de la défense, la querelle n'est j)oint entre ces deux subalternes, qui d'ailleurs n'ont point à correspondre ou traiter ensemble. Quant à la distance morale entre les deux, M. Delplanque l'a marquée de manière à prouver que ce parallélisme est plutôt dans une construction de phrase qui a trahi sa pensée. Il a, en effet, fort bieuinoté la différence des agents en présence, et sans dissimuler les côtés humains cl certaines faiblesses de Chantérac, caractérisé la grande faiblesse de labbé Bossuet, celle « de ne pas croire à la conscience » (p. 338) ; c'est de culte inlirmilé que procèdent tant de violences de langage.

juste de ses sentiments sur cette doctrine; c'est le peindre par le trait essentiel ' ».

Ajoutons même que, ce point accordé (et un biographe, un psychologue, à condition d'être exact en ses peintures et de ne négliger aucun fait important, est libre de ces sortes de choix), l'ouvrage se tient merveilleusement. Peut-être se demandera-t-on si le pur amour, tout essentielle et capitale que soit son influence, explique néanmoins tout Fénelon, ou presque tout, suivant la réserve prudente apportée dans la donnée du problème. On choisit les vingt-cinq dernières. années de l'archevêque; mais n'est-ce point passer un trait sur l'époque où n'ayant pas encore rencontré Mme Guyon, dont l'action a été si considérable sur lui, témoin le livre de M. Maurice Masson, il n'accordait pas la même attention à se « désapproprier » de tout ?

A mon avis, toutefois, cette critique de fond, si on la formule quelque part, ne sera jamais la raison du « déplaisir » que pourra causer à plusieurs la thèse nouvelle et originale qui rattacbe au pur amour une étude psychologique sur Fénelon et ses amis. Dès la première lecture du livre, à cause des elîorts mêmes d'impartialité en un sujet délicat qui met aux prises Bossuet et son « adversaire », j'avais eu et noté l'impression que l'ouvrage déplairait en certains milieux, et probablement pour des raisons tout opposées. On me dit que j'ai pronostiqué juste; mais, phénomène bizarre, alors qu'on l'a, paraît-il, tenu quelque part pour « injurieux » à Fénelon ou du moins trop sévère, il me semble qu'on aurait droit au contraire de souligner certains traits où l'inlluence partiaje du livre de L. Crouslé s'est, malgré les intentions de M. Delplanque, révélée à l'excès. Sans doute, M. Delplanque a vivement protesté contre l'étrange et désinvolte ré-

i. Histoire, p. i86 ; cit« p. iv.

flexion de ce biographe de Fénelon, ne craignant pas d'écrire, alors qu'il s'agissait du souvenir de l'abbé de Langeron : « Les naturels coquets ont d'ordinaire peu d'attachements profonds '. »

Mais en trop d'endroits les préventions de cet auteur qui, ayant eu sous les yeux tous les documents que lui ouvrait Saint-Sulpice, n'a pas toujours trouvé ceux qui défendaient Fénelon, ont empêché son successeur de tenir toujours la balance égale entre les adversaires dans l'énumération de leurs griefs réciproques, trop réels de part et d'autre.

Ainsi, quand Fénelon, outré de quelque manœuvre comme eut trop souvent à lui en annoncer son fidèle Chantérac, pousse une phrase un peu vive, on insinuera volontiers qu'il force la note, qu'il se pose en victime, pour un peu, qu'il déclame. 11 est pourtant certaines phrases de Bossuet, ici rapportées comme purement narratives, auxquelles, sans aucun préjudice de la sincérité intime qui les dictait, il eût été possible, plaidant pour Fénelon, d'adresser le reproche analogue d'enfler à l'excès la voix. Telle cette lettre, où l'évéque de Meaux, dès le 31 janvier 1697, dramatise beaucoup et crie d'avance au scandale, en toute bonne foi, je le veux, mais qui méritait autant d'être remise au point que les affirmations analogues de Fénelon: « Voilà, écrivait-il, après avoir déclaré que Fénelon devait flétrir publiquement Mme Guyon, voilà la vérité à laquelle il faut que je sacrifie ma vie... Je me réduis à ce dilemme : ou l'on veut écrire la même ! doctrine que moi, ou non ; si c'est la môme doctrine, l'unité de l'Eglise demande qu'on s'entende; si c'en est une autre, me voilà réduit à écrire contre ou à renoncer à la vérité- ! » De si solennelles déclarations, peu propor-

1. Crouslé, Fénelon et Bossuet, t. l, p. ho'j, relevé p. 169. a. Citée p. 227.

Griselle. ig

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lionnées en somme à leur objet, appelaient, aussi bien que la fameuse démarche de Bossuet demandant pardon, à genoux devant Louis XIV de ne lui avoir point dénoncé plutôt plus vite r « hérésie de son confrère », des correctifs et des jugements, comme on en rencontre un bon nombre à la suite d'exagérations où l'amoyr-propre de Fénelon est mis en lumière'. Mais ce sont là de légères taches et des reproches c[u'on pourra, au besoin, déclarer « subjectifs ». Par contre, je ne jurerais point que de fervents Bossuétistes n'aient pas estimé la nouvelle étude sévère et dure pour Bossuet-. Mais ce que tous doivent reconnaître c'est la conscience, le sérieux, la clarté de l'enquête conduite à travers les multiples et complexes phases

1. Par exemple, p. 213-217 "^ •'■'^ surtout, où les peut-être sont trop nombreux, la conclusion de ce chapitre, à l'insu de l'auteur sans doute, procède nettement de Crouslé ; p. 3oo, 879, où le rôle de Noailles, équivoque souvent, échappe trop à M. Delplanque qui y aurait vu la raison que Fénelon avait de le traiter couime il l'a fait ; p. It02, le début du paragraphe sur la Réponse aux Remarques, publiée seulement d'abord à Rome, appellerait de formelles réserves sur « les nouveaux mensonges » qui sont dits y être contenus. Il faudrait, en effet, mais ce serait reprendre toute la revision du procès, répondre aux nombreuses accusations ou insinuations d' « insincérité » dont on accorde le monopole à Fénelon ; la plupart des cas, froidement discutés, ont leur explication, et en toute hypothèse, ne peuvent être admis tels que les présentent les « plaidoyers » pour Bossuet. Ainsi, p. 22, à propos des Maximes, il existe un& confusion entre 1' « impression » de l'dîuvre et sa « publication » qui résoud en partie les objections ; p. 289, en reprochant à Fénelon d'avoir maintenu qu'il a raison, l'auteur ne distingue pas assez les points sur lesquels Bossuet errait tout d'abord et que n'a nullement confirmés la condamnation des propositions ; p. 228, M. Delplanque en croit trop aisément Bossuet et ses amis sur le scandale et la défaveur du livre des Maximes: le fragment de Mme de Grignan cité plus haut prouve du moins que ce déchaînement est bien de commande ; enfin, car on ne peut tout traiter, le reproche adressé à Chantérac, p. 294, à propos des ouvrage» clandestins, est fort atténué lorsque l'on songe qu'il pouvait et devait les avoir, sans pour cela les lancer dans le public.

2. Voir surtout, p. 209, 281 sgg., p. 281 sqq., p. 344 sur sa connivence avec son neveu ; enfin, le jugement des pages 452-454.

du procès dont M. Delplancjue a retracé l'histoire intime'.

Mais, non moins quedans l'histoire, sagement débrouillée, du long duel commencé à Paris et terminé à Rome, on aura plaisir, à propos des médaillons consacrés aux « principaux amis » de Fénelon, à le retrouver, volontiers oh dirait à le découvrir dans sa physionomie intime. A côté, à la surface parfois et au-dessous de cette tristesse un peu pessimiste, un des traits de Fénelon, comme on aime à saisir sur le vif, sa joie, sa gaieté, son amour des enfants et ses qualités pédagogiques trop peu connues ou trop peu étudiées! Or, tous ces mérites du livre et d'autres qu'on n'a pas loisir même de nnentionner ici, les lecteurs en jouiront sans qu'il soit Besoin d'autre chose que de les inviter à le connaître. En dépit de toutes les divergences de vues, fort secondaires après tout, l'œuvre ralliera tous les suffrages pour peu qu'on l'étudié, et ce serait un singulier parti pris d'y voir, soit un panégyrique de Fénelon, soit, — et cela moins encore, — un plaidoyer contre lui ; c'est mieux : une histoire, une enquête impartiale, sagace, informée, un portrait minutieusement étudié de l'àme complexe de Fénelon aux prises avec un idéal impossible, mais révélant, dans ses lettres intimes, soit de pure amitié, soit d'affaires (et d'une allaire à son sens capitale), les trésors et les ressources d'un style merveilleux. La longue fréquentation de cet écrivain hors ligne a porté bonheur à M. l'abbé Delplanque, dont le livre, bien composé et non moins érril est une des « belles et bonnes œuvres » qui honorent et devraient rendre fiers l'Université catholique de Lille et le diocèse de Cambrai.

Malgré l'inconvénient de joindre à cette appréciation lun document secondaire et de sembler vouloir compléter sur un détail de minime importance cette nouvelle his-

I . La meilleure preuve en est dans les sonim;nrcs analytiques des dix chapitres de la seconde partie.

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toire du quiôtisme de Fénelon, je signalerai, en terminant, un témoignage qui a paru échapper à l'auteur, à propos du l'ameux ostensoir de Cambrai dont il parle en passant. Ce sera mon humble contribution à son travail '. Dans un livre des plus curieux, écrit à la « gloire de Pie VII et de Napoléon » (je le ferai connaître plus amplement ailleurs), un ancien curé constitutionnel, nommé Guyot, ligure des plus attachantes, a apporté son alTirmation formelle. Après avoir formulé la demande expresse que le pape voulût bien s'occuper de la « canonisation de Féne'lon », démarche bizarre que certains ont renouvelée il y a quelque dix ans pour Bossuet, il ajoute:

Un intérêt particulier, joint à l'intérêt général, dirige ici ma vive sollicitation. Des onze curés de la ville de Cambrai, j'étais le plus voisin de sa tombe, que j'ai révérée à loisir et avec extase pendant neuf années ; je suis, au spirituel, son enfant posthume ; c'est lui qui, dans sa tendre piété, a formé les mœurs de ceux qui m'ont donné le jour ; il leur a, de ses propres mains, au commencement du siècle dernier, administré le sacrement de confirmation, et j'ai appris d'eux par lui, à être fort dans les combats contre les ennemis de la vérité et du salut. Ce digne prélat est de nos jours, et il le sera jusqu'à la fin des siècles, l'ami de toutes les nations, de tous les Etats et de tous les hommes : comment donc ne serait-il pas l'ami chéri du Dieu que Rome adore ?

Que l'erreur passagère de Fénelon ne rallentisse point votre zèle à canoniser un personnage si digne d'être révéré par tous les humains. Il serait moins grand s'il n'avait point erré ; ce fut pour lui une faute heureuse qui amena la rétractation la plus prompte,

I. Si ion me pardonne une ;idilition toute personnelle et intéressée à la bibliographie de l'onvrage, M. Delplanque eût trouvé, pour le chapitre qu'il consacre « à la réputation de l'abbé Bossuet », certaines précisions qui lui permettaient de mieux défendre Chantérac, dans mon essai inti- ' tulé : Episodes de la campagne antiqaiétisle {lOgô-iôgg) : I. L'Aventure de l'abbé Bossuet à Rome. Màcon, Protat, igoS. In-8 de 94 pages (Extrait de la Revue d'histoire et de littérature religieuses, t. Vil, 1903 ; t. VIII, iyo3).

Ja plus sincère, la plus solennelle, et le couvrit d'une gloire singulièrement éclatante.

Il y ajouta, six mois avant sa mort ', un riche monument de sa parfaite soumission au Saint-Siège. 11 fit don à son église métropolitaine d'un soleil d'or de ducats {sic) du prix de 2l\ 000 livres de vingt-six pouces de hauteur. Etant curé dans Cambrai, je l'ai mesuré, et j'ai copié sur le registre du chapitre l'acceptation de ce magnifique présent ; en voici le dessin : un chérubin, debout sur un piédestal quarré, les deux mains élevées latéralement audessus de la tête, supportait le soleil dont il était surmonté ; un voile d'or tombait, avec toutes les grâces d'une draperie la plus délicatement imitée, et couvrait avec tout le beau silence de la modestie les yeux du génie céleste.

Le même chérubin tenait un pied levé, et sous ce pied était placé en même or massif, le livre des Maximes des saints, que Rome avait condamné.

En signe de soumision et de conformité à la décision du chef de l'Église, le génie fouloit ce livre aux pieds ; il s'échappoit en même temps de dessous ce livre une lame d'or flottante en forme d'une bande de parchemin, sur laquelle on lisoit ces paroles d'Isaïe ; Vere tu es Deus absconditas ; vous êtes vraiment un Dieu caché. Ce monument qui devoit durer, selon le vœu de Fénelon, jusqu'à la fin des siècles, fut pris et mis en fonte par les vandales révolutionnaires.

Je garantis également sous la même foi du serment, Saint- Père, le trait suivant, que je tiens de la bouche d'une des supérieures des couvents dont j'étais confesseur ordinaire. Cette dame, appelée sœur Caroline Glorieux, était née avec le siècle, avait connu Fénelon jusqu'à l'âge de quinze ans ; son père était ami Idu grand doyen qui avait administré les derniers sacrements à Fénelon. Dans les visites qu'il rendait fréquemment dans cette famille, après la mort du saint prélat, la jeune personne avait souvent entendu de la bouche de ce dignitaire estimable, le récit suivant : « Le grand doyen, arrivé au lit de mort du vertueux archevêque, tenant ostensiblement l'hostie sainte en main, adressa au malade, comme il est d'usage, des paroles de consolation et de

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