I. Noter la précision de celte date
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sahif , analogues à la circonstance ; il finit sa brève exhortation par colle-ci : « Monseigneur, c'est votre créateur, c'est votre rédempteur, c'est votre juge que je vous apporte pour l'aliment de votre âme. » h. ces mots, Fénelon rassembla le peu de forces qui lui restaient pour se mettre sur son séant, et, les mains jointes en signe d'adoration, fixant amoureusement l'hostie sainte, il dit : « Oui, mon sauveur, Jésus-Christ contenu réellement dans cette hostie est mon Dieu... il est mon juge... mais je l'aime bien plus que je ne le crains ' . »
Les détails fournis par cette description de la célèbre monstrance de Cambrai et sur les dernières paroles de Fénelon seront mon excuse d'avoir tenté d'ajouter au livre de M. l'abbé Delplanque. Je n'aurai pas semblable addition à joindre à la correspondance de Bossuet dont il me reste à m'occuper.
Les lettres de Bossuet, dans l'édition que poursuivent avec un rare bonbeur et une constance infatigable MM. E. Levesque et Cliarles Urbain ^, sont vraiment la biographie vivante du grand évèque, replacée dans son cadre et accompagnée de tous les éclaircissements historiques capables de l'illustrer. On l'a dit avec raison : la correspondance ainsi publiée est « le véritable monument » seul digne de sa mémoire. Aussi nul éloge ne peut-il dépasser la valeur de cette œuvre magistrale, véritable revanche du clergé
1. Hommaje à Pie VII et Napoléon. Paris, 1802. In-8, p. ii6-n^.
2. Les Grands Ecrivains de la France, nouvelles éditions publiées sur les manuscrits, les copies les plus authentiques et les plus anciennes impressions, avec variantes, notes, notices, portraits, etc. Bossuet, Correspondance, t. I (1631-1676); in-8, VII-520 pages ; t. II (1677-1683); in-8, 526 pages. Paris, Hachette, 190g, t. III (1884-1888), 674 pages. Cf. Documents d'Histoire, mars igio, p. 55 à 60.
français continuant celle do l'abbé Lebarq, qui le premier •avait vengé les ecclésiastiques du reproche trop mérité d'avoir laissé à Gandar et à ses émules de l'Université le quasi monopole des travaux importants sur Bossuet et ses sermons, après que l'abbé Vaillant eut frayé la route. Au lieu de louanges, dont les deux éditeurs, modestes parce <jue compétents, n'ont que faire, ils seraient charmés de rencontrer des compléments à leur œuvre, des indications pour les volumes à venir. I^a plus maigre gerbe d'épis en ce genre leur agréerait mieux que des « amas d'épithètes » laudatives au delà de toute expression. De mon mieux j'essayerai de les satisfaire; mais, s'il m'a été relativement aisé d'indiquer du Fénelon inédit en vue de la publication de sa correspondance, les éditeurs des lettres de Bossuet n'ont guère laissé à glaner après eux.
Du moins est -il facile — et tiop légitime — de montrer quelle somme de travail et de recherches suppose une édition ainsi comprise.
De la correspondance de Bourdaloue comprenant alors vingt-neuf lettres, éditée en 1899', M. U. Bonnet avait écrit jadis dans l'Amateur (Taulograplies - : u L'ouvrage du P. Chérot est un modèle à suivre, mais lors([u'on se trouvera devant une correspondance considérable et un grand nombre de destinataires, la besogne sera formidable. »
Cette» formidable » besogne a été précisément nécessaire pour transformer en ce qu'elle est aujourd'hui l'édition •antérieure des lettres de Bossuet. Un peu de statistique en donnerait une idée, si l'on se mettait à nombrer les lettres tout à fait nouvelles ou du moins recueillies en des revues ou publications éparses, qu'on chercherait vainement dans les œuvres complètes de Bossuet parues jusqu'ici. Sur les
1. P. Henri Chérot, de la Compaguie de Jésus. Bourdaloue, sa corespondance et ses correspondants. Paris, Victor Retaux, iSgg. In-8,
a5i pages.