‹ FénélonChapitre 110 sur 138 · Numéro du i5 novembre 1898, p. 1Ô · texte numérisé non relu

Numéro du i5 novembre 1898, p. 1Ô

i44 lettres du premier tome et les i/|3 du second, la moitié environ est dans ce cas ' .

Il est superflu de louer l'annotation des lettres, annotation dont les précédents éditeurs s'étaient « montrés fort sobres ». En condamnant les principes de leurs devanciers, MM. Urbain et Levesque ont exposé les leurs; ils sont excellents. « A peine, écrivent-ils de ceux qui avaient publié avant eux les lettres, en ont-ils accompagné le texte de quelques explications empruntées à Deforis, sans même lui en laisser toujours le mérite. Nous en userons différemment. Non pas qu'il faille s'attendre à nous voir examiner tous les problèmes que soulève la correspondance de Bossuet, ou prendre parti dans les controverses auxquelles il fut mêlé ; mais nous n'omettrons aucun renseignement de langue, d'histoire, de philosophie ou de théologie de nature à donner une pleine intelligence de sa pensée et à faire connaître les personnages, pour la plupart oubliés aujourd'hui, dont les noms reviennent sous sa plume-. » Le programme est vaste et la tâche ingrate, car l'effrayant labeur, non toujours récompensé, que réclame surtout l'identification des personnages oubliés, absorbe des heures innombrables. Il suffit cependant de prendre contact avec ces trois premiers volumes pour se rendre compte que les éditeurs ne se sont pas dérobés à la charge assumée et qu'ils y ont amplement suffi. Aussi bien leur association féconde assurait d'avance le succès.

I. Pour le premier tome, les éditeurs signalent eux-mêmes la proportion : « Sur les iltli lettres du premier volume, la moitié ne figure pa» dans l'édition la plus complète des Œuvres de Bossuet (celle de Lâchât, Paris, 1862-1886, 3i vol. in-8). Et des go lettres dont nous avons ro-' trouvé les originaux, celles qui étaient déjà publiées avaient, à peu prè» toutes, les lacunes que nous avons comblées, ou des fautes que nous avons soigneusement corrigées » (T. I, p. 1, n. i). On regrette de ne pas rencontrer un renseignement analogue pour le second volume.

a. T. I, p. VI.

Toutefois, ce qui mérite surtout l'admiration et la reconnaissance dans le travail des annotateurs est la quantité prodigieuse de renseignements de toute sorte accumulés autour de la correspondance récemment éditée et,, peut- on dire, totalement renouvelée, avec une patience, une sagacité et une connaissance du sujet au-dessus de tout éloge. Comment, en eflet, ne se point associer à la réflexion d'un critique autorisé : « Telle note biographique, avec ses dates et ses indications précises, aurait dû demander des semaines de vérification à un homme moins familier avec le xvii" siècle que ne l'est M. Urbain * ». L'éloge est mérité, sauf à convenir que M. Urbain luimême, dont je n'aurais garde de contester la sûre érudition en matière d'histoire religieuse du grand siècle, a nécessairement dû ne point épargner les semaines et les mois de travail pour mener à bien une si prodigieuse documentation, sans compter les heures perdues à ne rien découvrir, malgré d'âpres recherches dans les Dossiers bleus, les Pièces originales, les recueils Clairambault et les manuscrits de toute espèce. Bien que je n'aie rien à ôtcr de ce que j'ai écrit sur le labeur dépensé par M. l'abbé Delplanc{ue pour sa thèse sur Fénelon, pour un peu j'aurais regret ou remords d'avoir trop assimilé son œuvre préparatoire d'une édition des lettres de l'archevêque de Cambrai aux volumes déjà publiés de la correspondance de Bossuet. A coup sûr, chacun des tomes des lettres ainsi annotées équivaut largement à l'élaboration d'une thèse ou d'un livre. Au reste, l'utilité de tels travaux est incontestable, et ce n'est pas faire un rapprochement sans portée que rappeler le nom et l'œuvre de M. Arthur de Boislisle. Le souvenir qui restera attaché à son édition de Saint-Simon,^ dans la même collection des grands écrivains de la France, n'est point déplacé auprès de la publication de la corres-

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