Grand Séminaire de Meaus. Carton F, n
2. Et non pas en 1691, comme l'écrit Ledieu dans l'addition à la pa^e 8 de ses Mémoires, que les notes critiques de M. l'abbé Ch. Urbain BOUS ont restitués {Op. cit., p. 7). La rectification avait déjà été faite par M. Armand Gasté dans son intéressante plaquette : Bossuet, Deux lettres inédites pour servir à l'histoire de son épiscopat à Meaux. Caen, Delesques, 1896, in-8. En effet, la lettre de félicitations adressée par Nicolas Payen au nouvel intendant le i" avril i685 (Op. cit., p. ag) en ferait foi à elle seule, quand même on ne trouverait pas les dates officielles dans l'ouvrase de M. A. de Boislisle : Correspondance des contrôleurs gêné-
Meaux (le aô janvier 1624), il mourut aussi quelques années avant lui, au mois de février 1699 '.
raux des finances avec les intendants des provinces. Paris, 1874, t. I, p. 616. A la table, on lit: Mai i(J85 à lévrier 169^. « Je suis persuadé, avait <lit le lieutenant général du bailliage de Meaux, en un langage qui rappelle notre bon Corneille, que cette « nouvelle marque d'honneur que le roi vient de mettre dans votre famille ne doit servir que pour vous appeler bientôt à l'intendance de Paris. « Ce pronostic ne se réalisa point. Ce fut cependant à Paris que mourut Antoine, en février 1G99 (V. Revue Bossuet, 25 avril 1900, p. 77). — Sur l'arrivée et le séjour à Soissons, il serait aisé de rencontrer dans les journaux du temps, pour qui entreprendrait une étude sur Antoine Bossuet, plus d'un trait allant également à l'éloge de l'évcquc de Meaux. Ainsi, au Mercure galant du mois d'avril i685 : « Sa Majesté a nommé à l'intendance de Soissons M. Bossuet, maistre des requestes. Il est frère de M. l'Evesque de Meaux, et a deux fils, dont l'aîné, après trois ans d'étude de droit, a esté receu avocat au parlement de Paris, où il a plaidé avec beaucoup de succès. Il a eu <lei)uis peu une dispense d'âge, pour estre receu conseiller au parlement de Metz )> (p. 3oi). — La môme année, au numéro de juin, racontant une translation solennelle des reliques des saints Gervais et Protais, du i3 mai, avec panégyrique par l'évcque, Charles Bourlon (i 656-2 5 oct. i685). <i II prit de là, écrit Donneau de Vizé, occasion de rendre grâces au ciel d'avoir fait naistre un monarque... l'adoration de toute la terre et l'amour des sujets.. . heureusement servy dans cette entreprise (dissiper l'erreur des calvinistes, — noter que tout cela est antérieur à la Révocation) — par les grands talents et les forts raisonnements de M. l'Evesque de Meaux, dont le bel ouvrage a presque achevé la conviction de ces obstinez. M. Bossuet, frère de M. de Meaux, qui est depuis quelques jours intendant de la province avec une approbation générale, estoit présent à cette cérémonie. » (P. 102-10/I).
I. Le Mercure galant de mars le place, sans indiquer de date précise, parmi les morts du mois précédent : « Messire Antoine Bossuet, seigneur d'Azu-le-Cosne (sic) et autres lieux, maistre des recjucstcs honoraires, cy devant intendant à Soissons. Il avoit soixante et quatorze ans, et estoit frère de messire Jacques Bénigne Bossuet, Evesque de Meaux, et premier aumônier de madame la duchesse de Bourgogne, et père de monsieur Bossiict, maistre des requestes. » Le cardinal de Bausset, aux pièces justificatives du livre dixième de son Histoire de Bossuet (Ed. de 18 14, t. III, p. 365), donne une courte notice sur Antoine Bossuet et ses deux fds. La date de naissance qu'il indique pour Antoine (17 janvier) ne loncorde point avec celle que Floquet marque dans ses Etudes sur Bos-
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Après des études d'humanités plus brillantes, dit-on. que celles de Jacques-Bénigne', il l'accompagna à Paris, en octobre 16^2, « pour étudier les lois, et s'initier aux affaires - ».
Protégé et appuyé par François Bossuet de A illers, dit Bossuet le riche, cousin germain de son père, il fit assez rapidement son chemin*.
Durant son séjour à Paris, ayant pu être admis dans « une de ces charges d'avocats au conseil, créées par les édits de septembre i6Z|.3 et des années qui suivirent^ », il fut nommé en 1O47. par la chambre de ville de Dijon, son avocat au conseil privé.
En 1602, le 17 janvier, il est établi trésorier receveur général des États de Bourgogne, et on le trouve encore en 167 1 titulaire de cet oiïice, qu'il avait un instant perdu et que Condé lui ût rendre en 1663. Ce lut le 2() avril de cette même année que Condé réussit à faire conclure le mariage d'Antoine Bossuet avec la fille d'un de ses plus braves compagnons d'armes, Renée-Madeleine de Gaurault du Mont.
Six ans après ce mariage, Antoine éprouvait un terri-
suel. M. l'abbé Thomas dans Les Bossuet en Bourgogne, indique à la p. 71 le 13 janvier et à la p. 80 le 26. Le 20 est la vraie date. Floquet assigne le 21 février 1699, pour la mort. C'est en désaccord avec les dates de la correspondance de Bossuet. C'est dés la lettre du 2 i février que Bossuet annonce la nouvelle à son neveu. La correspondance de Bossuet renferme bon nombre d'allusions à cette mort, qui lui fut d'autant plus doulourense, que l'abbé Bossuet, son neveu, était encore ù Rome lorsque survint la mort de son père. Nous citerons ses lettres à son neveu à cette date, et les condoléances qu'il lui envoya.
1. Je liens d'un professeur fort compétent, qui enseigna longtemps la rhétorique à Dijon, et eut sous les yeux bon nombre de pièces relatives à cette première période de la vie de Bossuet, ce détail que, seul, à 1 esclusion de son frère Jacques-Bénigne, Antoine figura dans les séances publiques. L'avenir devait renverser les rôles.
2. Floquet, Etudes sur la vie de Bossuet, t. I, p. 90. — 3. Ibid. 4. Ibid., p. 1 14.
LETTaES SUR LE QUIÉTISME à^
ble revers par suite de l'infidélité d'un de ses commis et correspondants, de SauUes ^
Celui-ci s'étant enfui avec i6i ooo livres, la contribution de la province durant l'année 1667, les élus de Bourgogne intentèrent un procès à leur trésorier général responsable. « Dénoncé, poursuivi, comme ayant laissé enlever ou même détourné les deniers publics », il eut à se défendre vigoureusement, et ce ne fut qu'en mars 1670 qu' « un arrêt du roi ayant reconnu et déclaré à l'abri de tout reproche la gestion d'Antoine Bossuet. maintenu ainsi et affermi avec honneur dans sa charge », la crise put être oubliée '.
Ces alarmes, qui durent être vives, car les attaques étaient violentes, n'ont, il est vrai, qu'un rapport bien éloigné avec la correspondance de 1696. Mais sans en vouloir entreprendre au long le récit, il est bon d'attirer l'attention sur un facluin'^ assez remarquable, relatif à ces événements, et où je ne serais pas éloigné de reconnaître la main de celui qu'on allait bientôt appeler M. de Condom. Tout au moins cette pièce tranche, par la vigueur et la fermeté des phrases, sur les écrits de même genre et de même date. Elle ouvre aussi d'assez curieux horizons sur les jalousies et rivalités que suscitait à Antoine Bossuet sa fortune rapide. Enfin, ce qui rendrait moins étonnante l'hypothèse que le futur évèque de Meaux a pu distraire, pour aider le rapporteur, quelques-unes des heures consacrées, à, cette époque, à la préparation de ses sermons,
1. Et non pas Dessaulers, comme on lit dans Floqnet, t. Il, p. 3ii