‹ FénélonChapitre 36 sur 138 · II. — VANNÉE i6cjj · texte numérisé non relu

II. — VANNÉE i6cjj

Il sera désormais aisé de suivre, à l'aide de la Relation sur le Qaiétisme, les événements relatifs à cette affaire, dont Antoine parle dans ses lettres à son fds. Le livre second de l'ouvrage de Phellpeaux, s'arrètant à la fin de l'année 1697, coïncide avec la correspondance du frère de Bossuet durant cette même année, ou, plus exactement, avec ce qui nous en reste.

Paris 7. de l'nn q-j .

Nous auoiis reçu ce matin uos lettres du 8 décembre. M. de M.

l'on fait le compte des Vies de Bossuet, comme lord Rosebery faisait le bilan des Mémoires écrits sur Napoléon, ne faut-il pas reconnaître qu'une histoire vraie de Bossuet n'a pas été écrite ? Les Mémoires de Ledieu, ainsi que son Journal, sont sujets à caution dans les deux sens. Burigny n'est pas un biographe. Bausset, bien informé, n'est cependant, par position, préjugés gallicans ou autres, qu'un panégyriste ; son Histoire de IFénelon ôte beaucoup de créance à son Histoire de Bossuet. Réaume a

■donné parfois les allures et la couleur des pamphlets à des pages boursouflées dans l'éloge comme dans le blâme, sincères, mais passionnées et 'incapables de « mise au point » historique. Donc, tous ces matériaux et mémoires, y compris les travaux de Floquet, peuvent être, sans témérité, assimilés aux écrits dont lord Rosebery disait ; « Il existe une multitude de mémoires qui, çà et là, jettent une lueur sur la personnaflité de Napoléon. Mais c'est une lueur passagère, car les écrivains sont, !en général, des ennemis ou des adorateurs» (P. 280).

et M. le près [ident] (Chasot) ne me laissent rien à vous dire ' que les souhaits de uotre tante, de uotre frère, et de M. Millet. On espère touiours bien de lapais. On attend, dit-on, les passeports le g, ouïe lO. le roi n'en a point uoulu du P[rince] d'or[ange], mais les hollandais et M. de Bauiere assurent de tout et on conuient, dit-on, de reconetre le p[rince[ d'or[ange] par le dernier art[icle] du tr]aité[ de paix-, Mille baise mains à M. Phely[peaux). M. de launai m'a dit que son fdz l'abbé est rcuenu depuis i5 jours, A ce que ie puis juger M. Vernothon ' (?) n'est pas trop content de son filz ny celluicy du père.

Monsieur Monsieur l'abbé Bossue t à Rome.

Notre première édition, d'après les autographes de Meaux, nous forçait de passer du 7 janvier 1697 au 18 mars, avec le regret de constater une lacune des plusi vraisemblables.

Le souhait que nous avons exprimé alors de voir retrouver les lettres égarées a été en partie exaucé. La Revue Bossvtet du 26 décembre 1906 a publié les lettres inédites d'Antoine Bossuet, ou du moins les extraits relatifs au quiélisme qu'en avait faits M. Floquet, puisque des deux copies l'une intégrale, l'autre fragmentaire qu'il avait pri-

1. Nous n'avons plus, dans les lettres imprimées de Bossuet, celle de co courrier du 'j janvier, et il n'y en a aucune conservée entre le 3o décemtre 1696 et le 20 janvier suivant (Lâchât, t. XXIX, p. ^Ô-dg). Il serait à souhaiter aussi qu'on pût retrouver, ce qui n'est guère probable, les lettres de M. Chasot à son cousin germain. La lettre de Bossuet, du 3o décembre, nous le montre comme chargé principalement des nouvelles (Voir Lâchât, ihid., p. 47).

2. Voir Dangeau, Journal, édit. i856, t. VI, p. 52, 53, 55, 57, 72 et 73, 116. — Sourches, Mémoires, édit. Cosnac, t. V, p. 336, 34 1 sqq.

3. Un Vernon figure ailleurs parmi les correspondants de Bossuet (Lâchât, t. XX. p. 588), mais il est impossible de lire Vernon dans l'au* tographe. Il s'agit d'un correspondant non identifié.

ses des quarante-deux lettres autographes ayant appartenu à la collection Yillenave, la copie incomplète a été seule retrouvée '. Sans commenter ces lettres découvertes après coup et en nous bornant à les insérer à leur date, il nous a semblé opportun de leur donner la place qui leur revient dans la série chronologique de cette correspondance. C'est le seul remaniement que nous ayons fait subir à notre travail.

Paris. 4 février i6gj.

Je ne sais si M. de Meaux vous aura écrit aujourd'hui -, au sujet d'un livre que M. l'archevêque de Cambray a fait imprimer en cette ville, en diligence et en secret, qui a été donné de sa part au roi et à toute la cour, en son absence, dès la semaine passée et qui porte pour titre : Explication des Maximes des saints sur la vie intérieure. On n'a pas attendu M. de Cambrai pour le distribuer, quoi qu'il doive être de retour au premier jour.

Voici le procédé qu'a eu M. de Cambrai à l'égard de M. De Meaux. Vous savez l'Ordonnance contenant '6!\ articles, que M. de Paris et M. de Meaiix ont fait publier au sujet du quictisme. M. de Mcaux fit signer ces articles à M. de Cambrai, qui en étoit un peu enfariné. Par celte ordonnance M. de Meaux promet une explication. ^1. de Meaux l'ayant faite en donna le manuscrit à M. de Cambray pour l'approuver, il y a 3 ou /i mois. M. de Cambray le garda plus de trois semaines, quoi qu'il se pilt lire en un jour ou deux, et le rendit à M. de Mcaux en s'excusant de l'approuver. On dit même que ce fut en disant qu'il ne pouvoit se résoudre à signer la condamnation de M'' Guyon.

1, Voir l'Avertissement de M. Eugène Levesque, dans \a. Revue Bos. saet, a5 déc. igoo, p. 120.

2. La lettre de Bossuet est du 3 février 1697 (Edit. l^achat, t. XXIX, p. 5o. Note de M. Levesque, l. c., p. 121, n. 1.).

M. de Meaux en fit commencer l'impression, qui s'est continuée avec une grande lenteur 3 et, avant qu'elle soit achevée, M. de Cambray fait paroistrc le sien, non seulement sans l'avoir communiqué à M. de Meaux, mais sans luy en avoir dit un mot. Peut être en aura-t-on envoyé à Rome quelque exemplaire. C'est apparemment une réfutation indirecte du livre de M. de Meaux avant qu'il paroisse, et peut être une justification des sentimens de M'= Guyon. Je ne sais ce que M. de Meaux fera là-dessus. Il est prudent et modéré, et à moins qu'il ne nous * en écrive, ne témoignez rien de tout ce détail. La Cour et le public jugeront du bon ou du mauvais procédé des deux auteurs -.

Paris, II févr. lOgj .

Le livre nouveau dont je vous ai parlé (Explication des Maximes des Saints) il y a huit jours attire un assez grand déchainement contre le prélat illustre qui en est l'auteur. Il a passé en cette ville, M. de Meaux y étant, sans le voir ; et il est à Versailles.

L'impression de celuy de M. de fléaux s'avance. Je lui ay dit que je ne vous en avois écrit sur le procédé que pour vous instruire seulement, mais que vous ne parlerez de rien que vous n'eussiez de ses nouvelles. Il est ici, et n'ira à Versailles de deux ou trois jours. M. de M. vous en dira davantage 3.

1. Je reproduis le teste de la Revue Bossuet, mais ne fallait-il pas lire vous ?

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