‹ FénélonChapitre 45 sur 138 · I. Lâchât, t. XXIX, p. 83. — 2. Ibid., p · texte numérisé non relu

I. Lâchât, t. XXIX, p. 83. — 2. Ibid., p

3. L'impression produite par cet ouvrage fut en effet considérable. « Il fut reçu avec avidité et dévoré de même, dit Saint-Simon ; il n y «ut homme ni femme à la cour qui ne se fit un plaisir de le lire et qui ne se piquât de l'avoir lu : de sorte qu'il fit longtemps toutes les conversations de la cour et de la ville » {Mémoires de Sainl-Simon, éd. de Boislisle, t. IV, p. 9g ; Cf. Instruction sur les États d'Oraison. second traité , publié par E. Levesque, in-8, Didot 1897, p. 11). (Note

Griselle. 7

bution de ses autres ouvrages contre les hérétiques, Jurieu et les autres. Tous les gens de bien en sont contents, et on est déchaîné de la même force contre M. de Cambray qu'on ne trouve ni théor, logien', ni sincère, quoique M. de Meaux soit à son égard, dans son procédé et dans son discours véritablement modéré et véritablemeiit chrétien. Il est allé dans son diocèse pendant que je reçois ici des acclamations de tous côtés.

D est certain que M. de Cambray a demandé aux Jésuites protection pour le livre. On la lui a promise, et le P. de la Chaise a fait la même chose au cardinal de Janson. On sait d('jà que le Roi lui a parlé fortement à lui-même, et il a fait écrire au même de sa part tout le contraire -. Depuis, les Jésuites qui agissent sous mains se sont modérés, au dehors.

Je laisse le reste à M. de Meaux. Il v en a qui disent qu'à Rome

de M. Levesque, Bévue Bossuel, 20 déc. igo5, p. 128, n. 1. ) • — -Il n'y a point à contester ces informations, mais il est utile de les compléter par d'autres témoignages contemporains qui expliquent cette faveur du livre de Bossuet et montrent que l'enthousiasme pour M. de Meaux et la passion contre Fénelon, qu'on voit ici dépeints comme universels, fut beaucoup moins unanime, témoin, par exemple ce qu'écrivait le marquis de Sourches, au 22 février 1697. Je l'ai cité au long dans mon Histoire critique de la Prédication de Bourdaloae, t. II, p. 85o, n. 2, avec d'autres analogues telles que la lettre de D. Montfaucon à Mabillon. Cf. plus bas, p. ii4.

Quant à la comparaison que fait ici maladroitement le frère de Bossuet entre le succès de ce livre et celui des écrits contre l'hérésie, elle n'est point à l'honneur du sens chrétien des admirateurs. Leur façon d'applaudir aux coups portés par un évèque contre un de ses confrère» montre seulement que la malignité humaine trouve partout son compte.

1. Fénelon point théologien, voilà de quoi remettre au point la valeur des informations d'Antoine et la compétence des cercles qui prononçaient ces oracles ! (Cf. plus bas, p. 1 10, note 4). Mais il ne faut pas demander aux frères et amis des personnages engagés dans un procès l'impartialité ni la justice. C'est pourtant à l'aide des éléments passionnés fournis par les principaux intéressés qu'il est possible d'écrire l'histoire et de dégager la psychologie des hommes du temps passé.

2. Lettre de Bossuet à son neveu, du 24 mars 1G97. Edit. Lâchât, t. XXIX, p. 66-67. (^ote de M. Levesque.) — II n'est pas besoin d'avoir fréquenté beaucoup l'histoire du grand siècle pour découvrir dans la faveur prononcée du roi une des causes du succès du livre ; la phmse de Saint- Simon : « Il n'y eut homme ni femme à la cour. .. qui ne se piquât de l'avoir lu », est d'accord avec les mœurs des courtisans. Cf. plus bas, p. a^i.

on n'aime pas les gens qui décident sur ces matières, parce qu'il n'y a qu'eux à qui il appartient de le faire. M. l'archevêque et M. Pirot avaient vu le livre '. Sans M. de Meaux il auroit peutêtre passé sans qu'on y eût fait réflexion -

Paris, /"■ avril iOg'7.

On dit que M. de Cambrai n'est pas à Versailles depuis quelques jours et qu'il est près de Paris-', oi!i il écrit. Si ce n'est pour se rétracter, il pourrait bien se barbouiller davantage. Le livre de M. de Meaux est de plus en plus recherché et approuvé.

Au mois d'avril 169", auquel nous ramène cette lettre,

1. M. Pirot entendit la lecture du livre des Maximes, mais Fénelon ne lui laissa pas de copie (Note de M. Lcvesque). — Il faut corriger cette annotation par les affirmations de M. de Baussot racontant comment le livre de Fénelon fut lu d'abord par M. de Noailles, puis retouché, discuté avec l'aide de Pirot, qui déclara que le livre était tout dor, parole qu'il eût voulu ensuite pour beaucoup n'avoir jamais dite. Voir Bausset, Histoire de Fénelon et surtout le texte même de Pirot, commenté par M. Gh. Urbain, Revue d'Hisl. lillér. delà France, i5 juillet i8g6, p. iog-^Si.

2. Cette réflexion d'Antoine, conjecture assez plausible de ce qui se serait passé sans la vigilante animosité de Bossuet qui contraignit, de son aveu, les deux autres évoques à poursuivre l'affaire, est une de ces rémarques qui laissent rêveur quiconque songe aux résultats pratiques de cette « querelle n du quiétisme. Le livre de Fénelon étant ce qu'il est, condamnable puisque condamné, du moins sous la pression impérieuse que racontent les lettres du temps, on se prend à demander, si, par sa nature, il aurait eu l'influence et les inconvénients que décrivait Bossuet déclarant qu'il y allait de toute la religion. Le péril de l'Eglise de France, le ivni'' siècle en fait foi, était d'un tout autre côté. Unis contre l'ennemi commun, les jansénistes, pères de la future constitution

! civile et le philosophisme, les deux évoques eussent peut-être fait besogne plus utile et donné aux événements une direction plus salutaire. Mais ce sont là des questions insolubles, comme toutes celles où l'on se demande ce qui serait advenu si tel fait n'avait existé.

3. Chez M. de Malezieu. Lettre de Bossuet à son neveu, 3i mars 1697 Edit. Lâchât, t. XXIX, p. 7i.( Note de M. Levesque), ibid., p. 26, note 3.

lOO FENELON

l'abbé Bossuet venait de faire un voyage à Naples, dont nous l'avons vu, son père et son oncle ont parlé à plu-j sieurs reprises dans leurs lettres ; il en est question encora dans les suivantes.

Paris 8 nuril 97.

Nous auons reçu uos lettres du 19. en uoicj deux de M. de Mcaux, la i'"'= n'arriua que le lendemain du départ du dernier Courier et l'autre queie uiens de receuoir auec celle pour M. Pheljp[eaux]. C'est réponse a notre dernière, je n'ai manqué qu'un seul ordinaire a uous écrire depuis notre retour de Xaples[:] encore M. le Dieu se chargea-t-il de le faire, M de M. s'est tiré en bonne santé de tous les seruices de la semaine sainte, il reuiendra mardi [.] [[Son liure est approuué de plus en plus et cellui de M. de Cambrai de plus en plus décrié, apparemment les choses n'en demeureront pas ou elles en sont.]]

Les trouppcs partiront pour la campagne dix jours plutôt qu'a rord]inai] «, ^I. le C [omte] de Tolose s'est'...' pour estre fait lieuteftant g[é]n[ér]al, les antres Princes n'iront pas-. La famille ici et a Mots se portent tuuiours de même, mad. fouc[auld] et uotre frère uous embrassent, mesd.[ames] du mont et de magni' sont touiours de même, mad. de Pons* est à Paris. Monsieur Monsieur l'abbé

Bossuet a Rome

Page 1