‹ FénélonChapitre 53 sur 138 · Lâchât, t. XXIX, p · texte numérisé non relu

Lâchât, t. XXIX, p

2. Les points de suspension sont dans l'autographe même de Bossuet revisé par Lâchât {ibuL, p. 11 4), et la réticence est éloquente : on peut traduire : dont la famille (de Noailles) est appuyép en si haut lieu. Cependant malgré l'appui de M'"^ de Maintcnon, ce ne fut que trois ans après, 21 juin 1700, que rarchcvê:]ue de Paris devint cardinal. En 1697, l'évêque d'Orléans, Pierre du Camhout de Coislin fut créé cardinal le 22 juillet. La lettre de Bossuet, du 5 août annonce la nouvelle (/fci(/.,p. laS).

3. Dicebat aiitem ei qui se invilarerat : Cum facis prandium aul caenam, noli vocare amicos taos el diviles : ne forte te et ipsi reinvitent et fiât tibiretributio. C'est apparemment au verset i^ que voulait renvoyer Bossuet et aux mots : retribuetur enim tibi in resurrectionne iustorum, texte qu'il invoque lorsqu'il explique à ses amis comment il ne veut pas faire de démarche. Ainsi relativement aux faveurs que laissait vacantes la mort de l'évêque de Metz, dont la place au grand conseil échut à Bossuet sans qu'il l'eùtdemandée (Lâchât, t. XXIX, i" juillet p. io3), Bossuet écrivait à l'évêque de Mirepoix : « M. de Metz est mort : on donne son évèché à M. l'abbé d'Auvergne, le cordon à M. de Paris, la charge de conseiller d'Etat à qui vous voudrez : je ne demanderai rien. Retribuetur tibi in resurrectione iustorumn (Ibid.. 18 mai p. 91). Le 4 mai 1G98, il écrit à son neveu, faisant allusion à l'écrit qui devait paraître après sa mort sous le titre de Justijication des fiéjlexions morales ; « Il n'est pas vrai, comme on l'a dit, que j'ai fait supprimer un ouvrage contre le Problème. Je vois bien ce qu'on veut dire. On a déguisé une vieille affaire de trois ans etqui n'étoit rien. Si l'on savoit tout, on verroit que je sers l'Eglise dans les choses qu'on ne sait pas, plus que dans celles qu'on sait. Cela soit dit

Cette attitude, plus humaine et plus vraie qu'une indiiïérence toujours suspecte d'affectation, est assez honorable à Bossuet pour qu'on regrette de ne la voir point partagée par les siens. ?Sous trouverons dans les lettres de son frère et de son neveu, à propos d'une nouvelle promotion espérée l'année suivante, les mesquines préoccupations auxquelles l'évèque de Meaux avait la grandeur de résister.

La lettre de T3ossuet qui, nous l'avons vu, autorise l'abbé à séjourner à Rome, lui annonce le prochain départ de l'abbé de Chantérac et d'un autre agent de Fénelon dont le nom n'était pas encore connu (l'abbé deLa Templerie)*. On voit donc que Bossuet avait une forte avance par rap-. port à l'archevêque de Cambrai, sur ce terrain des négociations à Rome, où les envoyés des deux prélats devaient intriguer à l'envi -.

Le même jour, l'évèque de Meaux annonçait à l'abbé que Fénelon, dont il avait signalé, au courrier précédent, le retour dans son diocèse, par ordre du roi, allait utiliser cette situation ; il donnait donc à son neveu la conduite à suivre :

M. do Cambray a répandu une lettre sur sa retraite forcée qui lui prépare des apologies et des évasions. Il ne songe qu'à se donner un air plaintif et opprimé. Vous ne manquerez pas de bien remarquer les excuses qu'il se prépare, si on le condamne... Tout le monde trouve ces manières étranges et préparatoires au schisme. L'auteur en témoigne toutes les dispositions et rien ne l'en sau-

entre nous et pour nous seuls : Betribuetnr vobis in resurrecUone iustorum» (Lâchât, t. XXX, p. /in).

I. Louis Guezet de la Templerie, prêtre du diocèse de Coutances, [était depuis quinze ans dans le diocèse de Cambrai, y exerçant les fontions de curé, quand Fénelon le choisit pour accompagner labbé de Chantérac à Rome. A son retour, il fut nommé chanoine titulaire de la Cathédrale de Cambrai (Lettres de Louis XIV au cardinal de Bouillon, publiées parl'abhé V. \erlaque. Mélanges historiques, t. IV, p. 71^, note/,).

a. Fénelon, Correspondance. Paris, Ferra. 1828, t. Vlil, p. 5o, 25 septembre 1697. Fénelon à Ch.intérac.

Griselle, «

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vera que de se voir, comme il sera, entièrement destitué de sectateurs'...

Ainsi les deux lettres du 12 août 1697, celle de Bossuet et celle de son frère, sont en plein accord. Est-il téméraire de se demander si ce « scandale » de la cour, cette opinion qui trouve « étranges el préparatoires an schisme » les manières de Fénelon, étaient bien le fait de « tout le monde » ? Sourches, témoin peu passionné, semble nous donner la vraie note. Voici ses réflexions écrites le 6 août, après le départ de Fénelon et sa lettre au duc de Beauvillier à laquelle se rapporte le jugement des deux frères, vraiment ici juges et parties :

Le 6, on parloit beaucoup à la cour et à la ville du départ de l'archevèquo de Cambrai pour son diocèse, et tout le monde vouloit qu'il fût disgracié, jusque-là qu'on disoit ouvertement que l'on dctendoit son appartement de Versailles , mais la vérité étoit qu'il avoit demandé congé au Roi pour aller à Rome y soutenir son livre, ot que le Roi le lui ayant refusé, il avoit pris le parti, de s'en aller à Cambrai et d'envoyer son livre à Rome suivant la permission que le Roi lui en avoit accordée. Jamais affaire n'avoit fait autant de bruit que celle-là. L'évêque de Meaux, l'évèque de Chartres et l'archevêque de Paris avoient levé l'étendard contre l'archevêque de Cambrai ; une grande partie de la Sorbonne étoit contre lui ; d'un autre côté, il avoit pour lui tout le corps des Jésuites, celui des Cordeliers, celui des Jacobins et une grande partie des prêtres de l'Oratoire. 11 se mêloit à cela beaucoup d'intrigues de la cour. .Mais les plus sages étoient ceux qui ne se mèloient de rien, qui gémissoient devant Dieu de voir la division qui étoit entre de si grands prélats, et qui pourtant n'en n'étaient point scandalisés, sachant bien que cela n'était pas nouveau dans l'Église de Dieu, et qu'on y avoit autrefois vu une guerre paredle entre saint Epipliane et saint Jean Chrysoslome -.

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