‹ FénélonChapitre 56 sur 138 · Ibid., p. 3o · texte numérisé non relu

Ibid., p. 3o

Tâchez de faire agréer à Rome ces sortes d'instructions pour lever le scandale, en attendant la décision du Pape. Ces justifications de mon livre ne sont pas destinées à le défendre si le Pape le veut censurer, car j'y déclare que je le condamnerai aussi en ce cas ; mais elles peuvent servir à empêcher que tout le monde j ne m'impute toutes les horreurs du Quiétisme, que mes confrères j laissent entendre que je veux établir, quoique dans la vérité I personne ne les ait condamnées plus rigoureusement que moi, J et n'en ait plus d'horreur ' .

Ces accusations de fauteur d'hérésie, que Fénelon ap-

i pelle une « équivoque grossière ^ »,ne laissaient pas de faire

leur effet dans le propre diocèse de Fénelon. Nous en

I avons pour garant Bossuet lui-même. Parlant des lettres

de Fénelon (celle du 3 août) et de l'abbé de Chantérac

(du mois de mars 1697) dans lesquelles il croit voir un

1 moyen perfide d'intimider Rome, il écrit :

Prenez le contrepied et montrez que, quoi qu'on fasse, il n'y a rien à craindre d'un homme qui ne peut rien. Il est regardé dans son diocèse comme un hérétique, et dès qu'on verra quelque chose de Rome, dans Cambray surtout et 'dans les Pays-Bas, tout sera soulevé contre lui •*.

C'est le devoir et le droit de l'histoire de constater que Fénelon n'exagérait rien dans ses plaintes, et qu'il y avait lieu pour lui « d'empêcher que son troupeau ne J'iit scandalisé contre lui'' ».

On voit donc qu'à cette époque, la lutte est engagée à fond, et c'est ce qui rend plus regrettables les lacunes de la correspondance d'Antoine avec son fils. Il en manquait

I. Correspondance de Fénelon, t. VIII, p. 34. 3 sept, à Ghan(érac. a. Lettre à l'abbé de Chantérac, i8 sept. (Correspon ianee . t. VIII, t». 48).

3. Bossuet, lettreà son neveu, a septembre (Lâchât, t. XXIX, p. i43). 4> Fénelon, Correspondance, ibid.

deux jusqu'au premier ordinaire de septembre et on a retrouvé, en effet, les extraits des lettres du 26 et du ag août.

Paris, 36 août itigy.

^ oici une dépesche importante de M. de Meaux. M. de Meaus. n'a pas encore voulu qu'on ait fait courir la Réponse à la lettre de M de Carabray. On le fera peut-être ouvertement. Il est ennemi du moindre mystère'.

Paris, 2() août ifj()/-

M. de M. est allé passé la Nostre Dame dans son diocèse. Il demeurera une quinzaine à Germini.

Depuis le départ de M. de Cambrav et les ^lémoires envoyés à Rome, on parle moins du quiétisme. C'est de votre côté que nous doivent venir les nouvelles.

On dit que Rome a prononcé si favorablement pour les opinions du défunt cardinal Sfondrate que les amis de M. de Cambray n'en espèrent pas moins pour les siennes et que l'on ne Tira pas condamner pour des opinions trop subtiles qu'il est prêt d'expliquer. M. de Meaux a d'amples Mémoires. L'archevêque de Paris doit publier une ordonnance contre le livre en attendant Rome, à ce rpi'o* dit. Il y a bien des Dames de la cour qui sont allées à Gaillon, aux bains et ailleurs. Le Roy est le mesme "^.

Aux mêmes dates, Bossuet continuait ses instructions à son neveu :

1. Revue Bossuet, 1. c, p. i3o. La conclusion est jolie, et l'on pourrait ajouter : même lorsqu'il publiait des réponses anonymes comme la Lettre d'un docteur en théologie, etc. Cf. plus bas, p. laS, n. i.

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