Revue Bossuet, 20 déc. 1906, p. i33. — 5. Ibid
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sur l'autographe des parenthèses enfermant la presque totalité de la lettre, bien que les premiers éditeurs l'aient donnée en entier. Tout porte donc à penser que ces signes ont été tracés par Deforis ou ses collaborateurs disposant, pour l'impression, de cette correspondance, à moins que ce ne soit l'abbé Bossuel lui-même, destinataire de ces lettres, qui prépara ainsi l'édition des lettres concernant le Quiétisme.
Comme les successeurs de Deforis n'ont pas cru la devoir conserver dans leurs éditions, il est bon de la publier ici d'après l'original.
■\- de rciins ce dimanclœ lo^ nou. (i6f)j) ^ .
[[Je receus monsieur hier au soir uostre lettre du 22 du mois passé qui m'apprend que M. de Cambray a fait remettre au S' office la traduction latine de son Hure, il ne s'agit point ce me semble de cette traduction, car il ne doit estre question que d'examiner si le liure dans son original qui est françois est bon])
uous remercie de tout mon cœur de la continuation de vos soins et ie vous asseurc qu'on ne peut estre plus à vous que i'y
Suis. L'aR. duc de REIMS
M. l'abbé Bossuet '-. *
La lettre d'Antoine, en date du 18 novembre, entre plus dans le vif de la question que ce simple billet, par ïequel Le Tellier remercie l'abbé Bossuet de le tenir au courant du procès à chaque ordinaire.
Paris 18 no[veni\^"''' gy M. pirot croiant trouuer M. de M. ^ étoit uenu m'apportcr ces
I. Ce millésime a été ajouté d'une encre plus récente. 3. L'adresse porte : « a monsieur monsieur l'abbé Bossuet » (petit cachet rouge).
3. Bossuet, comme le dit la fin de la lettre, était à Versailles, et c'est
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2 exemplaires de la part de M. de paris pour uous les enuoier par le courrier d'auiourd'hui. Je m'en suis chargé et pendant qu'il uous a écrit J'ai parcouru les marges ou ne trouuant que des citations du moien court, des torrens, etc. * aucunement du liure ni des Instructions de M. de C. ni de son Instruction, et qu'il sembleroit peut être a Rome que rord[onnan]'^'= de M. de Paris n'etoit pas contre luj, il m'a dit que quoiqu on eut euité de le nommer Il j aiioit des lignes entières des Hures de M. de Cambraj rapportées dans cette ord[onnan]'-« et formellement contredites mais il les faut chercher n'étant pas en Italiques | .] en un mot M. de paris a été bien aise de ne pas le nommer quoique en effet l'ordonnance soit principalement contre luj sur tout parce qu'on l'examine a rome -, cette ord[onnan[ce que M. Pirot ma laissé lire pendant que ie l'ai laissé escrire ma paru forte et belle. Vous trouuerés deux autres exemplaires d'une lettre de M. de beaufort au sujet du frère Laurent'', voici le paquet de ^I. de M. et une lettre de M. Ghasot qui est auec lui à Versailles. •
de là que partent sa lettre de même date, et celles du 25 novembre, du 2 et 9 décembre (Lacliat, t. XXIX, p. 3i6 sqq^.
1. Le Moyen court datait de i685, les Torrents étaient encore manus crifs.
2. Cette révérence pour les décisions de Kome estvraiment admirable, et la prudence habile qui tourne la difficulté, digne de celle qu on se plaît à donner comme un privilège de Fénelon. Ce n'était pas d'ailleurs lavis de Bossuet, qui entendait mettre Rome en demeure de s'expliquer; « h' Instruction de M. de Paris est admirable ; mais il n'a pas trouvé à propos de la faire préciser contre ce qu'a dit en particulier M. de Cambray. Il n'a rien dit contre son Instruction pastorale, ni contre ses notes Je suis eonv.iincu qu'il faut que Rome voie par nos écrits la nécessité de parler... Ce que je ferai sera court » (Lettre du 22 déc, ibid , p. 256. Cf. plus bas, p. i46. n. i).
3. « On fait grand bruit à Paris, écrivait Bossuet dès le 7 octobre, de deux livres envoyés à Rome de la part de M. de Cambray : l'un auto" risé par M. de Paris, alors évèque de Chàlons, c'est le livre du Frère Laurent, dont je crois que nous avons parlé ; l'autre s'appelle les Fonde, menls de la vie spirituelle, approuvé de moi étant doyen de Metz, où l'on prétend que la nouvelle spiritualité est tout au long...» (Lacbat, t. XXIX, p. i65). Bossuet répondant, dans sa préface, à l'Instruction pastorale de M. de Cambrai (section xii), à des objections tirées de Surin {Catéchism* spirituel dont il avait signé l'approbation), explique les Fondements de la
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I\I. petit est content de Aotrc procuration. J'espère que cela
vie spirituelle, et l'estrait des Entretiens du Frère Laurent qu'on lui oppose (Lebel, t. XWIII, p. 706). Il y reviendra dans son écrit intitulé : Les Passages éclaircis (chap. xii ; Lebel, t. XXX, p. 35i), pour écarter dédaigneusement cette autorité : « Réponse. Elle n'a qu'un mot : lexccs, l'exagération sortent partout dans les paroles de ce bon religieux... » La réplique était sommaire et paraissait décisive. 11 n'en était pas moins embarrassant pour l'archevêque de Paris de voir soulever une sorte de réédition du Problème, opposant son approbation d'évèque de Chàlons à l'insistance qu'il met à poursuivre un livre non moins, mais non plus exagéré. Bossuet le sentait vivement, car, dans sa Correspondancs, le « Frère Laurent » revient souvent comme une préoccupation Le livre de ce carme déchaussé, peu exact dans ses expressions, mais que cependant on avait laissé courir, sans voir le « péril « où il mettait l'Eglise, lui tient à cœur. Il occupa aussi l'archevêque et sa famille, ])uisque M. de Beaufort fut chargé d'écrire une réponse fort vive, où Fénelon n'est pas ménagé, à la grande joie de Bossuet qui écrit, préci sèment au 18 novembre, ayant pris soin de faire envoyer par son frère la pièce dont parle celui-ci : « Je vous envoie une petite lettre de M. l'abbé de Beaufort à M. le maréchal de Noailles, sur le sujet d\i Frère Laurent, carme déchaussé. Vous verrez avec combien peu de ménagement un homme de l'archevêché et bien avoué de son patron, parle de M. de Cambray ». Bon exemple à suivre sans doute ; et, en effet, il ne s'agissait guère de garder des mesures avec un homme dont il est dit dans la même lettre de Bossuet : « Quoi qu'il dise et quelque teau semblant qu'il fasse, il n'a guère envie de se soumettre » {Ibid., p. 217). Contre cet « hérétique obstiné », et d'autant plus dangereux qu'il parle d'obéir, que ne ferait pas Bossuet ? — Il y avait longtemps qu'il avait averti son neveu de l'objection possible àtirerdu Frère Laurent. Dès le li octobre : « Souvenez-vous bien, écrit-il, de Frère Laurent, qu'on objecte à M. de Paris. Vous recevrez peut-être par cet ordinaire une lettre sur cela, qui est fort bien faite sous le nom de M. de Beaufort, et qu'on pourra faire courir, pour peu qu'on parle de ce livret » (Ibid., p. 179). Mais on n'en parlait pas encore. Le 29 octobre, le neveu de Bossuet écrit : « Je n'ai pas encore entendu parler des livres que vous dites qu'on objecte à Paris : je ne sais ce que c'est que ce livre de Frère Laurent» (P. 199). L'abbé avait reçu la lettre du 7 ; le 27, Bossuet lui écrivïiit : « C'est M. le maréchal de Noailles qui m'a prié de vous envoyer la lettre sur le Frère Laurent : vous ne vous presserez pas » (P. 196). ! Le 5 novembre, l'abbé écrit : « Je n'ai pas entendu soufQer de Frère Laurent ; j'ai reçu la lettre de M. de Beaufort » (P. 287). Le 26 du même mois, il mande à son oncle : « L'écrit du Frère Laurent est tra-
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finira 1. Je paie les /j ooo £ comptant a ^I. Chuberé en retirant SCS lettres 2. Je n'ai pas manqué un ord[inai]''« de vous écrire. Monsieur Monsieur L'abbé Bossuet
Cette dernière phrase nous fait connaître que les lacune rencontrées dans la correspondance du frère de Bossue ne sont pas dues à sa négligence à écrire, mais que beaucoup de lettres s'étaient égarées. Il en est ainsi de plusieurs^ des lettres, retrouvées en fragments dans les notes de F loquet.
diiit ; on n'en a pas encore parlé ici ; nous le tiendrons tout prêt en cas de besoin. Tout ce qui peut toucher M. de Paris m'est aussi cher qu'à vous. Je vous prie de l'en bien assurer..., etc. » (P. 280). Bossuet dit à son tour, le 2 décembre ; « La lettre de M. de Beaufort, que je vous ai envoyée sur le Frère Laurent, est perçante. Vous connaissez M. de Beaufort, qui est l'homme de confiance de M. de Paris » (P. 232). C'est la Lettre à Mgr le M. de M. de N*** pour servir à la justification du livre des Mœurs et Entreliens du Frère Laurent de la Résurrection : par l'auteur du livre, prêtre du diocèse de Paris (1697, in-12 de 24 pages). Fénclon en parle dans sa lettre du 19 novembre, ainsi que d'une « lettre d'excuse » à lui écrite par l'abbé de Beaufort sur cette impression (t. VIII, p. 176) et l'abbé de Chantérac en accuse réception le 10 décembre : « Je ne me souviens point, écrit-il, d'avoir parlé de ce livre : du moins je suis certain de ne l'avoir fait voir à personne ; et peut-être pourroit-on bien croire, sans jugement téméraire, que ce n'est point tant l'épouvante de M. de Beaufort qui l'a obligé à écrire une si longue et si belle lettre, du soir au lendemain, que le désir de quelque autre personne de le faire expliquer publiquement, ou plutôt de s'expliquer lui-même contre le livre de M. de Cambrai » Ibid.. p. 24 1). H écrit encore à Fénelon, le i4 décembre, que ceux qui lui ont envoyé cet écrit l'attribuent en partie à M. Boileau (un autre secrétaire de M. de Noailles) (Ihid.. p. 253).
1. 11 s'agit sans doute du procès dont il a été déjà question plus haut p. 60.
2. Ou Chabert. Nous avons déjà rencontré ce nom d'un agent d'affaires. Cf. plus haut, p. 60, n. i , et 76. Lâchât imprime tantôt Chabéré, tantôt Chubéré (Cf. Lâchât, t. XXX, p. 24o et 355-356).
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25 * nov. i6gy.
M. de Meaux me mande que vous avez bien des affaires et que vous faites tout ce que vous pouvez de mieux en politique et en théologique.
Je crois qu'il vous envoie les endroits du liure de ^I. de Cambray rapportés sans les citer dans l'Instruction ^ qui a été envoyée par le précédent ordinaire.
On m'a assuré que M. de Cambray, sachant que les commissaires qui examinent étoient de divers ordres religieux, les avoit mandés, leur avoit parlé fort honnestement sur les manières qu'il auroit avec eux, qu'il les emploieroit et se contenteroit des certificats des Supérieurs de chaque maison, et d'ailleurs que le Cardinal de Bouillon avoit dit que les évêques de France n'étoient pas bien instruits des manières de Rome et qu'en quaUfiant les propositions, il pourroit bien arriver qu'à Rome on ne le feroit pas et de là qu'on ne fera point de censure contre le livre.
Il manque une lettre du 2 décembre^.
XLYI
g déc. i6gj
Bien des gens sont de plus en plus contents du livre de M. de Paris. D'autres murmurent qu'il ne nomme pas M. de Cambray, et n'entendent pas bien ce qu'il en dit p. 19, quoiqvi'on voie bien
1. La copie Floquet porte 28 ; mais la comparaison avec la lettre de Bossuet du 23 (Lâchât, XXIX, 221) montre qu'elle doit être du même jour,jour du courrier de Rome (Note deJL Levesque, 1. c, p. i33, n. 3).
2. L'Instructioa pastorale de l'Arch. de Paris, cf. Lâchât, XXIX, 222, cote 5 (Note de M. Levesque, ihid., p. i3i, note i).