‹ FénélonChapitre 67 sur 138 · Jbid., p. i34-i · texte numérisé non relu

Jbid., p. i34-i

3. Ibid., p. i35. « Nous ne trouvons pas de lettre pour le 23 décembre (et non novembre^). Il n'y en a pas non plus de l'évèque de Meaux à son neveu pour la même date, » ibid. — La lettre du 23 est mentionnée dans la réponse du i 4 janvier et partant fut envoyée. Voir plus bas, p. i/i3, n. I .

LETTRES SUR LE QUIÉTISME iSy

La lettre du 3o rappelle le cher fils à un train plus modeste. Tout n'est donc pas pure invention des ennemis de Bossuet ou des amis de Fénelon dans les accusations de (aste lancées contre l'abbé.

Paris, 3o. dec. gy

M. de M. n'étant pas en cette iiille samedi * quand ie reçu uotre lettre du lo. de ce mois^. J'enuoié a M. pirot un extrait du i'"' article qui parle bien de rord[onnan]"='^ de M. de P[aris] a cpii il l'enuoia sur le champ comme uous le uerrés par le billet ci ioint qu'il m'en ecriuit ^, et J'envoie la lettre entière a uersailles a

1. Le samedi, 28, Bossuet était sans doute à Versailles, d'où il écrit le 3o à son neveu sur cette lettre du 10. La lettre d'Antoine parle d'ailleurs de ce séjour.

2. Les mots en italiques, ici et plus bas, sont surajoutés en interligne dans l'original. Cf. Bévue fîowuei, juillet 1902, p. i3i.

3. Nous n'avons plus le billet de Bossuet à son frère sur ce sujet ; mais le contenu doit être à peu près ce que dit Bossuet dans la lettre à son neveu, de même date : « Mon frère vous aura marqué ce qu'il a fait dire à M. de Paris de votre part. Je suis bien aise que son Instruction pastorale plaise ; sa gloire est la mienne» (Ceci est d'autant plus vrai que Bossuet l'avait revue et corrigée ; cf. Lâchât, t. XXIX, p. 200, lettre de Bossuet à Noailles, 3 novembre 1697) « Nous sommes très unis, et vous me ferez plaisir de lui rendre bon compte, surtout de ce qui aura rapport à lui. Je n'ajoute rien de mes sentiments sur son Instruction ; je vous les ai déjà dits, et il est vrai qu'elle est excellente et très théologique » (/6irf., p. 260). L'ordonnance avait été envoyée à Rome le 18 : « M. de Paris, écrivait Bossuet à cette date, doit envoyer aujourd'hui à Rome son Instruction pastorale. 11 n'y nomme pas M. deCambray, ni son livre ; mais en trente endroits il en rapporte des quatre et cinq lignes qu'il foudroie d'une étrange force « (Ibid., p. 217). « Vous verrez par les remarques ci-jointes (Lâchât les a mises en note de la lettre 178, p. 222, et non, comme il dit dans sa référence, 188) que M. l'archevêque de Paris, sans nommer M. de Cambrai, se déclare si ouvertement contre son livre, dont il signe en trente endroits des lignes entières, qu'il ne s'y peut rien ajouter. M. de Chartres n'a encore rien fait, h' Instruction de M. de Paris

M. de M. ou uous parliés des ports excessifs des lettres et paquets et de vos autres dépenses qui ne sont pas moins excessiues a pro-

est très bien reçue, et il met M. de Cambray en pièces » (P. 282, lettre du 2 décemljre à son neveu). (Cf. plus haut, p. i3, note 4). L'ordonnance est datée du 6 octobre, et l'abbé la reçut le 8 décembre : « Je reçus avant-liier, par le courrier, deux exemplaires de l'ordonnance de M. de Paris qui est digne de ce prélat.,. » Lettre du 10 décembre, ibid., p. 343). L'abbé se félicite de la vigueur déployée par l'archevêque, et promet d'en écrire au moins au prochain ordinaire. C'est à sa lettre du 10 que répondent les lettres de Bossuet et de son frère, du 3o décembre. Rossuet avait donc réussi à animer pleinement Noailles et les théologiens ses rédacteurs. On n'en était plus au jour où l'archevêque de Paris mollissait, comme au 10 juin, et où Bossuet mandait à son neveu : « M. de Paris craint M. de Cambray et me craint également. Je le contrains ; car sans moi, tout iroit à l'abandon, et M. de Cambray l'emporterait » (Ibid., p. 97). Fénelon était donc clairvoyant, et l'évêque de Meaux a mauvaise grâce d'écrire le, 18 août : « Il y a une affectation à m'attaquer seul... » (ibid., p. i32), et le 16 septembre : « M. de Cambray continue à semer partout que c'est moi seul qui remue la cabale qui est contre lui n (Ibid., p. i52). A cette date, comme la déclaration collective ne suffisait pas à montrer 1' « union des évèques », l'Instruction de Noailles est déjà résolue et Bossuet mande dans la même lettre : « M. de Paris donnera une instruction comme je vous ai mandé n (P. i5i). Nous n'avons plus la lettre où Bossuet annonçait à son neveu l'instruction projetée, mais, dès le i"^"^ août, l'évêque de Meaux la promet à son ami M. de Mirepoix : « M. de Paris fait un peu de peine : mais la patience vient à bout de tout. Tout sera fait pour lundi : le roi le désire. Après cela (il s'agit de la déclaration), M. de Paris s'expliquera par une Instruction, en attendant que Rome parle » (P. 122). Un confident de Bossuet, l'abbé Berryer, écrit à Rancé le 28 août : « M. de Paris doit écrire sur cette affaire, et M. de Meaux attend ce qu'il aura donné au public, pour faire imprimer le Mémoire qu'il a fait donner à M. de Cambray sur cette affaire, dans lequel il relève quarante-huit propositions, toutes hérétiques, erronées ou tendant à l'hérésie, qu'il a extraites du livre de cet archevêque » (P. i35). Pour cette Instruction si laborieusement obtenue et dans laquelle Bossuet revendiqua plus tard une part abondante ( « c'est moi qui leur ai dit d'y mettre tout ce qu'il y a de bon ». Ledieu, Journal, t. I, p. 3i), il était bien juste que Noailles fût comblé d'éloges : « Je ne trouve rien qu'à admirer dans votre Instruction. Elle est solide, elle est profonde, elle est correcte, elle est docte», etc. (Ibid., p. 200). Phelipeaux est, on le conçoit, de même sentiment : « L'Instruction de M. de Paris est excellente, et fera ici un bon

LETTRES SUR LE QUIÉTISME iSq

portion ' [.] ie lui ait mandé que ie nous aiiois fait tenir plus de (cent) livres '^ outre les (trois cents livres) pour les tableaux et le rouenu de uotre abbaie, il me nient d'enuoier son paquet pour uous sans me faire aucune reponce, a la uerité uotre depence ua trop loin uous n'êtes pas paie pour faire les honneurs de la nation

effet, écrit-il le lo décembre « (P. 249). « Rien n'est plus solide, poursuit-il, le 17. Il y condamne ouvertement l'erreur et l'auieur de l'erreur : elle fera un effet, merveilleux. On s'en est servi pour montrer la nécessité de remédier au plus tôt à une erreur qui se répandoit en tant d'endroits » P. 254, 2 58) La consigne donnée par l'abbé Bossuet, le 5 novembre, était donc suivie : « On ne saurait trop, en France, éclater contre le livre de M. de Cambrai : ils se mènent ici beaucoup par réput.ition ou par crainte » (P. 207). L'abbé de Cbantérac dit sur cette Instruction, dans la lettre du 10 décembre 1697 : « Sa manière d'écrire ne me paroit pas plus forte ou plus insinuante que celle de M. de Meaux ; Epais je crains toujours qu'ils ne persuadent par là qu'un livre contre lequel un grand prélat aussi modéré que M. de Paris continue à écrire, pour en arrêter les erreurs et les mauvaises suites, ne soit en effet dangereux, et ne porte du trouble dans l'Eglise, si on ne le défend pas ; et j'avoue que M. de Paris me fait plus de peur que M. de Meaus» (Lettre à l'abbé de Langeron, t. \ III, p. 244). Fénelon est plus rigoureux encore : « Pour Vlnslruclion pastorale de M. de Paris, elle parott douce et modeste, et elle a plus de venin que toute la véhémence de M. de Meaus. Il me mêle avec Molinos et M'"" Guyon, pour faire un tout de nos paroles... M. de Paris s'est livré à MM. Boileau et Duguet, auteurs de cette célèbre lettre sur Jansénius, que vous avez vue il y a plus d'un an : ils l'ont composée ensemble » (Lettre à l'abbé de Cbantérac, 7 janvier 1698. Voir aussi la lettre de même date au Nonce, t. VIII, p. 3 18-820).

1. Dès Is 26 novembre, l'abbé Bossuet essaie la plaisanterie sur le coût des ports de livres : « J'ai reçu l'ordonnance de M. de Cambray ; jamais ordonnance n'a coûté si cher; huit écus de port, c'est bien payer, je ne puis m'empècher de le dire, une aussi méchante pièce » {^Ibid., p. 229).r« Il ne faut point, répond Bossuet à la lettre du 10 décembre, adressée à son frère et que nous n'avons pas, vous embarrasser des ports, ni des frais pour les copistes, et autres de cette nature : n'y épargnez rien, et en m'envoyant le mémoire, j'y satisferai sur le champ. J'entrerai aussi très volontiers dans les movens de vous faire subsister, vous et M. Phclipeaux ; il convient en toutes manières que ce soit honorablement, et même il ne faut point se dégrader, mais il me semble aussi que vous l'avez pris d'un ton un peu haut, et que vous devez le baisser un peu sans qu'il y paraisse » (Lâchât, t. XXIX, p. 268, lettre du 3o déc.)

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