‹ FénélonChapitre 72 sur 138 · I. Revue Bossuet, p. i · texte numérisé non relu

I. Revue Bossuet, p. i

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dans les extraits conservés, du mois de mars, il demeure de quoi embarrasser les apologistes trop dévoués du triste mandataire de l'évèque de Meaux et l'inquiétude paternelle y perce assez vivement pour que, comme il le dira, le lo mars, « ce soit une pure fable, et qu'il n'y ait pas quelque fondement à ce mauvais conte. » Donnons ces textes, si incomplets, mais suggestifs cependant.

3 mars i6g8.

M. (le Meaux a présenté son dernier livre ' ce matin au Rov à Versailles. On vous l'enverra.

On parle toujours de votre affaire. Le Cardinal de Janson et le Cardinal d'Estrées ont assuré !M. de Meaiix qvi'on ne leur en mande rien '-.

Nous attendons de vous ce qui en est.

Nous espérons une bonne censure. Elle seroit meilleure si elle étoit prompte.

10 mars i6g8.

Les bruits viennent de tant d'endroits qu'il est difïîcile que ce

1. Le livre intitulé ; Divers écrits ou mémoires, etc., achevé le 32 février 1698 (Note de la Revue Bossuet, p. i36).

2, Note de la Revue Bossuet, p. 187. Lâchât, XXIX, 827. Voir plus bas, p. 1/17. — Cette dernière référence renvoie à la lettre du cardinal de Forbin-Janson à l'abbé Bossuet, du 2^ mars, qui est un « bon témoi-

• gnage » donné à distance d'après « la connaissance » du païs « où réside l'incriminé », la bonne conduite qu'il a tenue au temps où Janson était à Rome et les élogieuses lettres qu'il a reçues de « Geory, du P. Peyre, de

d'abbé Pighius et du théatin Du Bue. » Mais dans cette même lettre le cardinal déclare qu'on ne lui a rien mandé de Rome sur cette aventure : les lettres alléguées seraient antérieures, et en tout cas, ne traitent pas le sujet. Il avait eu des nouvelles le 3 février. Cf. supra, p. i48.

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soit une pure fable et qu'il n'y ait pas quelque fondement à ce mauvais conte. On écrit de Rome à Dijon. Vous avez vu ce qu'on mande à M. de Chasot qu'on écrit à M. de Metz de tous côtés. Vous savez que c'est le P. de la Chaise qui l'a dit au Roy. Tout ce qui s'en débite vient des Jésuites et du Gard, de Bouillon. ■ M. Phelipeaux n'en dit rien du tout. Cela est trop discret : je voudrois bien savoir ce qui en est précisément *.

Les amis de M. de Cambray chantent presque victoire. Il faut écrire sobrement sur les sentiments du Pape et des cardina\ix, ;i moins de savoir de bonne part '-. On ne laisse pas de bien espérer sur ce que vous en dites.

Je joins avix nouvelles à la main la Gazette de Hollande, où vous verrez dans l'article de Paris, ce qui se dit des dispositions de Rome par M. de Cambray-*.

On a tout, dit à votre tante, qui nous presse de vous faire revenir promptement, de peur des accidents. Rien n'a jamais été si répandu. Le nonce, M. le C. de Janson, et le C. d'Estrées disent toujours qu'on ne leur mande rien '•■.

1. Phelipeaux, mécontent du peu d'attentions qu'on eut ensuite pour lui, ne fut pas toujours aussi discret ; car la plus forte présomption qui demeure à la chara;e de l'abbé, vient précisément des paroles de son an cien mentor. Ce qui est plus sûr encore, c'est qu'on n'a jamais « bien pu savoir ce qui en est précisément n .

2. Ces appels à la modération qu'on voudrait plus nombreux sous la plume de Bossuet, et dont on chargeait sans doute le père, soucieux, comme il était naturel, de l'avenir de son fils, ne laissent pas d'être éloquents. Mais l'abhé, en dépit du secret rigoureux, juré et imposé à tous ceux qui trempaient dans raffaire, fut toujours exactement informé. Lui et Phelipeaux s'en vantent, les imprudents, car ce n'est pa-le plus beau côté de cette histoire.

3. Si c'est bien le texte, et s'il ne faut pas lire : pour, c'est nettement une de ces accusations dont l'abhé fut si prodigue, de prêter à Fénelon des insertions dans la Gazette de Hollande ; du reste la lettre du 17 mars confirme le texte par. J'ai montré combien il avait tremblé d'y voir « affichée )) son aventure et comment il avait demandé lui aussi son communiqué élogieux, que j'ai cité. Aventure de l'Abbé Bossuet, p. 89 et suiv.

II. Cette assertion répétée des cardinaux en question rend singulière ment sceptique sur ce silence de leurs correspondants à cet égard ; ils étaient donc seuls à ne rien entendre d'un bruit si répandu.

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// mars i6g8.

J'envoyai votre paquet à Meaux*. Il me renvolera votre lettre pour m'instruire de ce qui vous regarde. Après le bruit universel que cela a fait, cette affaire est devenue à mon égard la principale.

Quant au Livre, la cabale se fortifie de plus en plus ; elle est attentive à tout et se prévaut des longueurs de Rome. C'est quelque chose que les conférences soient doublées et qu'il ait deux cardinaux à la tète, doctes et bien intentionnés.

Vous avez vu le soin que leurs amis prennent de mettre les nouvelles publiques de leur côté et les Gazettes de Hollande.

Vous verrez par la ci-jointe comment ils donnent sur l'abbé Boileau, ami de M. Bon temps, qui prêche à Saint-Roch. Il a prêché une fois ou deux contre le Livre. Ils le veulent tourner en ridicule pour empêcher les autres prédicateurs d'en parler'^. Les Jésuites qui parlent avec plus de réserve ^ disent que tout le bruit qu'on fait ne va qu'à une question de nom sur quoi, on ne veut pas s'entendre. Les dernières pièces de M. de Meaux paroissent bien fortes : il y en a assez ; il ne faut plus entrer en disputes. Il semble qu'il ne faut plus que réduire et décider. On ne sauroit s'imaginer combien la religion souffre de tenir les esprits flottants et incertains. Je suis las de tovitcs ces longueurs '\

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