Autographe : « viendroit par le fait de
4. L'autographe porte ; « depuis le i5 ». Ce chiffre est absent des listes» et Dom Coniac, qui a traduit une bonne partie des endroits chiffrés, a, sans doute, renonce à identifier ce i5. Par contre, il a remplacé à deux reprises par ennemis le chiffre 53, inconnu dans les listes de Lâchât. C'est une confirmation certaine de l'hypothèse émise plus haut (Cf. p. i45, note 3).
5. C'est l'expression, à peu près, qu'avait employée labbé lui-même.
Je ne suis point surpris qu'il j ait des espions en campagne [;] il j a long temps que je scay que c'est un moien que M. de Cambraj ne manque pas de mettre en vsage ' c'est fort bien fait de garder son homme en l'obseruant de fort prez si ce n'est qu'on trouuat moien de le mettre en surté et qu'il pût seruir a confondre les ennemis de pratiquer de mauuaises uois quand au i5 de la 10 (sic ?) ^, a regarder l'affaire par rapport au monde il y a in-
qui ne s'était pas fait illusion sur les conséquences probables de ces bruits iafamants : « Je ne saurais assez vous prier, vous et vos amis, écrivaitil à son oncle, le 18 mars, de publier la fausseté de ce qui me regarde, homme ou femme. Je vous prie de ne pas oublier Monseigneur le Dauphin ; il est très dangereux qu'il ne prenne des impressions qui dureraient aidant que la vie » (Lâchât, t. XXIX, p. 25, 357). Bossuet avait aussi insisté déjà sur l'urgente nécessité de n'offrir aucun prétexte aux propos malveillants. Il avait mandé à son neveu, le 2Z1 février, en lui affirmant qu'il le tenait pour justifié : « Cependant, vous voyez bien que vous ne sauriez trop vous rendre en toutes choses irrépréhensible » (P Sig). Le 17 mars suivant, il lui disait encore ; « Vous voyez ; faites comme dites : nul ressentiment, mais les mettre au pis, et leur ôter tout prétexte » (]bid., p. 35o). Après ces avertissements, Antoine pouvait écrire à son fils, qu'il le croyait « trop avisé » pour avoir commis quelque imprudence. (V. plus bas, p. 200, dans la lettre du 25 août, une nouvelle insistance du même genre).
1. Admettons, si l'on veut, le fait. Il n'en est pas moins étrange d'entendre Antoine s'en scandaliser, alors qu'on lit dans la lettre de l'abbé, répondant ainsi d'avance a. un conseil de son oncle : « Aussitôt que le grand vicaire (l'abbé de Chantérac) sera arrivé, il aura un espion, et nous serons instruits » (Lettre du 3 septembre à son oncle). V. la lettre de Bossuet, du 16 septembre 1697 • " ^° * nouvelle que M de Chantérac est parti de Toulon ; nous aurons besoin d'être instruit de ses démarches, surtout des explications qu'il pourroit porter » (Lâchât, t. XXIX, p. 29, 167 et i5o). Comment lire, sans un sourire ironique, dans les lettres de Bossuet et de son neveu, ce mot de « cabale » employé sans cesse pour qualifier tout ce que font en faveur de Fénelon ses partisane, lorsque ces mêmes notes intimes, se plaignant de la « cabale », nous révèlent les contremines si laborieusement suivies par l'agent très retors que fut le neveu de Bossuet? (Cf. E. Griselle, Episodes de la campagne anliquiéliste, p. 1 1 et suiv. Revue d'hist. et de littérature religieuses, sept.-oct. igo2, p. 394).
2. Ici encore reparaissent les chiffres demeurés illisibles même à Dom Coniac. On devine ici le conseil de gagner à sa cause l'espion prétendu
igÔ FÉNELON
tcrêt en intrigant d'être pour uotis a moins de la perdre mais si on pouuoit /aj're qu'il decouurit ou publiquement [ou] a un ami de ce que le cardinal de Bouillon a tenté auprez de lui pour faire sortir de Rome • il ne seroit peut-être pas inutile, il faudroit connoitre l'affaire... - pour en juger.
Quant a (M) ^ Giori auprez de qui on vous a brouillé (7 ne faut
chargé de procurer le départ de Rome de l'abbé Bossuet, manœuvre qu'il dénonce à plusieurs reprises comme le plus ardent désir de ses adversaires (Cf. Lacliat, t. XXIX, p. 4o8, 543; lettres des 29 avril et 19 août 1698. Cf. Bossuet à son neveu, 24 février 1G98, p. 819).
I. Une lettre de l'abbé Bossuet, restée elle-même énigmatique, parle des démarches tentées par le cardinal de Bouillon (c'était sa « bête »), près du duc Sforza Cesarini, pour obtenir contre lui un témoignaiçe permettant de l'écarter de Rome. Apparemment, c'est au même incident que fait allusion la lettre d'Antoine. Le courrier extraordinaire était chargé de porter cette lettre très secrète du 4 août et d'en rapporter la réponse (Cf. Lâchât, t. XXIX, p. 542, lettre du 19 août; cf. p. 53'i. lettre du 12 août).
a. Les points représentent encore une nouvelle inconnue. L'autographe porte : « Il faudroit connoitre Ci i ». Dom Coniac a déchiffré, pour le signe C : l'affaire; mais le double i, ou peut-être 11 (car on sait que le chiffre i était pointé dans les copies du temps) ne donne ici aucun sens plausible. Il ne figure point dans la clé ; i i n'y signifie que «courrier ». Faut-il lire : « l'affaire du courrier », et supposer que la lenteur de celui-ci et ses excuses sur les retards subis à Turin et à Lyon semblaient louches à Antoine .' Antoine est porté comme son fils ù imaginer partout des manœuvres des agents de Fénelon, Ainsi, dès qu'un envoi de livres tarde à parvenir, il crie à la persécution : c'était oublier que l'archevêque de Cambrai qui, à les entendre, « inonde le monde do ses écrits », n'avait ni la liberté de les faire imprimer, ni le droit de les introduire en France. Le compte des ballots des opuscules de Fénelon saisis par ordre du roi n'est pas à faire (Cf. Bossuet à l'archevêque de Paris, 2 juillet 1698, p. 480). L'évèque de Meaux eût dû savoir à qui s'en prendre de la difficulté de se procurer certaines réponses de sa partie.
3. L'autographe porte : « Quanta 7 Giori...» Cette croix paraît décidément suppléer l'M. — C'était un précieux auxiliaire que Giori ; on conçoit l'inquiétude de le perdre (Cf. Lâchât, t. XXIX, p. 3o6. Lettre de Bossuet à ce prélat , 10 février 1698 et les lettres de l'abbé signalant son zèle près du pape, par exemple : 28 janvier, p. 294 ; 26 mars p. 36o ; 27 mai, p. 43i; de Noailles, i6 juin, p. 448 etc.). Sur la difficulté à laquelle il est ici fait allusion, on ne trouve dans les lettres de l'aWjé que cette seule phrase, dans une lettre du 8 juillet à son oncle :
rien oublier pour rétablir la confiance et pour confirnoer ses amis [;] si le roi enuoie un ambassadeur comme on le dit le cardinal de Bouillon n'en sera plus considéré.
On a dit ici que l'affaire contre le livre se menoit a Rome auec bien de l'esprit mais que c'estoit l'intérêt qui estoit le grand mobile dans cette cour et que c'estoit par la qu'on auolt gagné l'G de... * et le sacriste, ie ne scay quelle sorte d'intérêt.
[[en attendant les nouuelles a la main Je uous enuoie avec le paquet de M. de M. vne liste des bénéfices distribués a la notre dame ^ et un mémoire des accusations faites au parlement [de] diion contre le curé de Seurre ^ chez qui mad. guion a été souuent et même elle y a demeuré auec le P. la Combe, et de l'arrest cpii porte sa condamnation a être brûlé, est bon pour lui Çsic) c'est que c'est par contumace, il se sauua aussi tôt qu'il scût qu'il
« Il y a un mois que je n'ai vu M. Giori. Entre nous, mais n'en dites rien, c'est un homme un peu extraordinaire, quoiqu'avec beaucoup d'esprit.. » (Lâchât, t. XXIX, p. /igi). Son oncle lui répondit le 2^ août : « M. le cardinal d'Estrées m'a dit que Mgr Giori n'avait rien contre vous, mais que comme vous voyiez souvent M. le cardinal de Bouillon qu'il n'aime pas, il avait eu quelque défiance de vous. Ce cardinal m'a assuré qu'il avait écrit à ce prélat d'une manière à lever tous ses soupçons. Souvenez-vous que c'est un homme qu'il faut ménager » (Lâchât, t. XXIX, p. o5i).
1. Le chiffre resté obscur représeùte sans doute l'archevêque de Chieti, Rodolovic, comme on le peut conjecturer par le voisinage avec le sacriste Le Drou. Pour ces deux personnages, restés fidèles à Fénelon, il a fallu en effet trouver des raisons pour attribuer leur vote à un contrat. On a dit que l'archevêque de Chieti espérait le cardinalat, qu'il obtint du reste, et que Le Drou visait l'ovèché de Liège. Mais que n'ont pas dit l'abbé Bossuet dans ses lettres et Phelipeaux dans sa Relation (v. II« part, p. 22) pour expliquer comment Fénelon obtenait des partisans ?• C'est toujours à leurs yeux uniquement affaire de « cabale ».
2. Dangeau (t. VI, p. 897 énumère ces bénéfices, dont le principal est l'archevêché de Besançon donné « au neveu du défunt archevêque, frère de MM. de Gramont ». Apparemment, l'abbé Bossuet attendait avec anxiété les époques régulières de ces distributions, dans l'espoir, toujours déçu, qu'un « témoignage public » de l'estime royale ferait taire les rumeurs désobligeantes et l'accréditerait officiellement.
3. Phelipeaux (Relation, p. i35) a déclaré avoir reçu ces pièces le 3 septembre. L'arrêt qu'il reproduit est du i3 août 1C98 (Cf. Lâchât, t. XXIX, p. 58o).
I gS FÉNELOIN
iHoit decrettc. nous aurons une copie de l'arrest, voilà comme tous les parlemens traiteront en france ces mauuais et suspects catholiques, tous les gens de bien crient contre les euesques et le clergé qui ne les exterminent pas partout dans leur diocèses. Il paroit dans les tribunaux des juges séculiers de mêmes dispositions qu'au parlement de Dijon.]]
A Monsieur Monsieur l'abbé Bossuet
L'attention à suivre les événements de Dijon et le procès du curé de Seurre confirme les remarques déjà faites sur les pi'éoccupations de Bossuet à cet égard *. Une partie de cette lettre répond vraisemblablement à la lettre perdue du 4 août, dont le contenu avait été jugé de nature à motiver l'envoi d'un courrier extraordinaire. Comme on ne rencontre à cette époque aucune phase notable dans la marche du procès de Fénelon-, cette lettre absente semble avoir roulé principalement sur les inquiétudes causées à l'abbé par de nouveaux chefs d'accusation relatifs à sa conduite. Le ton de la réponse justifie cette conjecture.
Cette anxiété paternelle sur les graves et irréparables inconvénients qu il y aurait à prêter le moindre flanc à de nouvelles accusations, pourrait bien donner quelque corps aux soupçons qui n'ont guère cessé de planer sur la conduite de l'abbé Bossuet. Quelle que soit d'ailleurs la solution adoptée sur ces points obscurs de son séjour à Rome ',
1. V. H. Chérot, Autourde Bossuet (^Etudes du 5 décembre 1900, p. C24 et in-8 de i i3 pages, Paris, Retaux, 1901 ; v. surtout p. 17 et suiv.).
2. La lettre de Phelipeaux, de même date, non plus que sa Relation, ne signale rien d'extraordinaire ; il est possible néanmoins que le seul désir d'envoyer à Bossuet et à l'archevêque de Paris la réponse de Fénelon à celui-ci, qu'ils ont eu tant de peine à trouver et ont copiée en une nuit, ait été l'occasion ou le motif principal de cet envoi. Il faut pourtant tenir quelque compte de l'insistance d'Antoine sur ce sujet personnel et spécial à son fils.
3. Même après l'étude entreprise ex professa sur cet incident obscur, mais réduite à dessein aux lettres très authentiques de l'accusé et de son
l'attention persistante de Louis XIV à l'écarter ensuite de l'épiscopat procéderait moins, ce semble, des « impressions » qu'ont dû laisser les accusations de ce genre, que des fréquentations, bien plus graves aux yeux du roi, de réfugiés comme Charlas, Daurat, Maille et autres antirégaliens notoires^. En faveur auprès du pape, ces hommes ne pouvaient que porter malheur à l'abbé dans l'esprit de Louis XIV, et pour se ménager leur concours, on dirait volontiers qu'il s'est sacrifié et a joué son avenir. Probablement, il ne soupçonnait pas ce danger, auquel sou oncle n'eût pas consenti à l'exposer.
La lettre qui suit va reprendre de plus hautes questions et rentrer dans le vif du procès ; on y trouve une analyse de la réponse de Fénelon à la Relation sur le Quiétisme.
j Paris 25 Aousl r)8
M. de M. alla samedi a uersailles après auoir vu M. de P. qui j alla aussi hier au soir, Je lui ai donné un mémoire touchant uotre Courier a qui j'ai fait donner 36o. [livres] pour quelques
oncle, il est malaisé de prononcer pour ou contre l'abbé Bossuet, faute de preuves expresses. Les présomptions demeurent peu favorables. Elles seraient terriblement appuyées par la lettre de Du Vaucel, en date du h septembre 1700, dont l'autographe se conserve à l'archevêché de Malines et a été publié, pour la première fois, par l'abbé Bouix (Bevae des sciences ecclésiastiques, i865, t. II, p. i25). A la suite de plaintes contre Bossuet, qui n'a pas ménagé les jansénistes (à les entendre), qui « se perd de réputation » et « abandonne sa dénonciation contre le \odus (livre de Sfondrate) », l'agent de la secte écrit à Quesnel : « On le soupçonne d'avoir trop de passion pour l'avancement de son neveu, dont ta conduite n'a pas été ici des plus édifiantes ». Même à tenir compte de la mauvaise humeur du témoin, sa parole reste accablante, et témoigne de bien peu de reconnaissance pour les efforts déployés par l'abbé Bossuet en faveur des amis. On n'est jamais trahi que par les siens. I. Cf. L'Aventure de l'Abbé Bossuet, p. i3.
200 FEUELON
emplettes qu'il ueut faire pour lui, M. de M. ne m'a rien dit sur son chapitre, Il reuiendra demain et dira ce qu'il en ueut faire [[vous apprendres par la lettre ci jointe et celle de M, Chasot qui est auec lui que la réponse en françois de jNI. de C. est toute publique [;] il en a fait faire partout de très grandes distributions, Je n'ai fait que la parcourir, j'i trouue partout le même esprit sur les faits qu'il a vu ou sur la doctrine, c'est un procureur qui chicane pour donner de fausses couleurs à un mauuais procez [.] Il ne ueut qu'éblouir et montrer de l'esprit aux despens de la uérité et de la bonne foi, si peu qu'on ueuille se donner la jieine d-<e>> i regarder un peu de prez et repasser sur la relation on uerra le foible et le faux par tout [.] c'est...' l'cueque de geneue qui lui a fait estimer mad. g[uion] en lui parlant de sa mauuaise doctrine et du P. la Combe, il tourne pour lui iusqu'aux lettres de M. de la trappe, Il a en des approbations de IM. de Paris et de M. de Chartres C'est M. de M. qui a uoulu le sacrer et qui a fait une grande dissertation pour en auoir l'honneur -, quand il a fait son liure il prend Dieu a témoin qu'il n'auoit point uu ses écrits, il auoit bien autre chose a faire auprès des princes [.] mais M. de Chartres qui auoit pris soin de rapprocher les torrens de M[adam]<= guion des (écrits de M. de Cambrai) ■^ ne lui auroit pas laissé ignorer ce bel endroit de la doctrine de cette dame. Il raille fort ingénieusement de prescille (^sic) et de son montant, tout y est grand sérieux et sincère, je ne lui ueux opposer que les lettres et les mémoires de sa main dont parle la relation [.] Il a la mine de faire faire le procès a M. de M. <; de M. >> po[ur] auoir reuelé sa confession si celle q[ui]^ a faite dans son mémoire ne sauue le confesseur, cette dernière pièce lui ote toute créance parmi les honncstes gens [.] il ne laisse pas de trouuer du monde qui se