Mots biffés dans le manuscrit
2. On lit dans la Relation de Phelipeaux : « Sur la fin de la même année 1698, Madame de la Maison-Fort arriva à Paris. Elle étoit native de Berry, d'une ancienne et noble famille. Son père, étant en Lorraine à l'arrière ban, lui obtint par le moyen d'un de ses amis, une place chez les chanoïnesses de Poussay, près de Nancy, au diocèse de ïoul, où l'on ne reçoit que des demoiselles faisant preuve de noblesse. Elle y fut con-
(*) Clément XI (1700-1721). Un peu plus loin (p. ^29 du même tome) cette assertion est ainsi confirmée : « On rapporte du pape, alors cardinal (cardinal Albani) ce mot qui paroit fort bon ; Archiepiscopus Cameracensis peecavit excessa amoris erga Deum : episcopus Galliœ defectti tarilalis erga proximum » (Note de Tamizey de Larroque).
Autres personnes qu'on tente inutilement. M. de Cour. — irfit tout pour gagner M. de Cour, qui étoit un belesprit ' : mais il ne put en venir à bout, quoiqu'il fût fort son ami. Il est mort dès 169^ au mois d'août, et dès avant ce temps-là, il a dit à l'abbé de Genest et à M. de Meaux lui-même, que l'abbé de Fénelon vouloit dominer sur les esprits et qu'un jour il fairoit éclater une mauvaise doctrine.
M. De la Broue. — M. de Mirepoix le craignoit aussi mais il éloignoit ces pensées de son esprit et se flattoit que l'abbé de Fénelon reviendroit.
M. Bertin. — M. Bertin, précepteur de M. de Seignelai -, a dit avoir été souvent tenté de se déclarer pour M. de Fénelon, pour ses amis. M. Hébert, curé de Versailles, lui étoit aussi dévoué. Les dames le firent peindre par Troyes* et voulurent toutes avoir son portrait. On fit aussi un autre portait énigmatique ou M. le duc de Bourgogne
duite à l'âge de douze ans et fut reçue dans la prebande... Son Abbesse la mena à Nancv au passage de Madame la Dauphine venant en France pour son mariage au mois de mars 1680. .. Six années après, dans le temps qu'on projettoit de faire à Saint-Cyr un establissement pour 3oo demoiselles et qui commença au mois de décembre 1686, elle vint à Paris.. Elle fut employée à 1 éducation des jeunes Demoiselles avec Mme de Brinon, Urseline. alors supérieure de cette maison » (l''" partie,, p. 28).
1. Sur De Court, voir mon essai, Bossuet et Fénelon ... leur correspondance, p. 'J2. De cet érudit en relations épistolaires avec l'abbé Nicaise, on a dix billet«, datés de Versailles et de Bourbon, qui le montrent en rapports avec Grœvius et les autres savants de l'époque.
2. Ce Bertin, d'ailleurs inconnu, aurait-il quelque chose de commun avec l'abbé Bertin, correspondant de Bossuet et défenseur de Richard Simon en 1^02 .-'Voir Lettres de Bossuet, 17 mai, réponse de Bertin, 23 (et non 3 mai, comme impriment sans sourciller les éditeurs), puis 27 mai 1708 (éd. de Bar-le-Duc, t. XI, p. 376).
3. C'est le peintre ordinaire des princes. \oir les détails tirés de la correspondance de Bossuet avec son neveu pour l'envoi, fort diplomatique, de tableaux de sa main, adressés par Bossuet à la cour dn grand-duc de Toscane. J'en ai rassemblé un certain nombre dans le commentaire des Lettres inédites du frère de Bossuet; cf. plus haut, p. 80, note r*
étoit en habit de berger, la houlette à la main au milieu d'un troupeau d'animaux de toute espèce avec ce mot d'Esaïe au bas : « Puer paruulus minabit eos. « M. d'Ayen étoit dans un coin, tuant un serpent dans un trou, et le duc de Berry entre les bras de sa nourrice. C'étoit M. Sylvestre, dessinateur de M. le duc de Bourgogne, quiavoit pris soin de ce tableau*. Bertrin, peintre, le fit; il fut gravé par Leclerc (prix fait pour i5o L. 6 exemplaires seulement), mais on n'en parla pas, parceque la gloire future de M. de Cambrai s'en alla en fumée à cause de son livre. On le fit graver en petit avec ce quatrain :
Ce grand prélat est sage et n'a rien qui déroge Au rang où l'a placé le monarque des lys.
Rome achèvera son éloge
En examinant ses écrits.
E. Des Rochers sculpsit et excudit, 1699, rue Saint- Jacques, près les Mathurins ^.
Autres vers :
On vit toujours briller à la ville, à la cour,
Ce zélé défenseur du chaste et pur amour.
Par un génie aisé, délicat et sublime,
Des plus rares esprits il s'est acquis l'estime ;
Et par sa piété, sa bonté, sa candeur,
Des plus honnêtes gens il a gagné le cœur '^.
1. Gaignières, en sa qualité d 'amalcur, fut, comme je l'ai dit ailleurs, en rapports avec Fénelon, qui lui envoya son appréciation sur le projet d'un tableau certainement antérieur à celui-ci. Voir ma brochure, Bossuet el de Fénelon, ...leur correspondance, p. i3.
2. Cette composition allégorique, des plus rares, comme on le devine par les détails ci-dessus, ne se rencontre pas au cabinet des Estampes, dans la collection des portraits de Fénelon, mais le quatrain s'y lit au bas d'un petit buste gravé.
3. Ces vers se rencontrent au bas du portrait gravé par N. Habert (Estampes N" 2).
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Tout Saint-Sulpice étoit poui' M. de Cambrai. Il consulta un jour M. de Meaux pour savoir s'il prendroit le P. de Valois pour directeur. M. de Meaux lui répondit que c'étoit aux Jésuites à se mettre à ses pieds, et non à lui à se mettre aux pieds de ces gens-là *. Cependant il alla au i P. de Valois, et voilà pourquoi le P. de Valois lui était si dévoué.
La Saint -Malen. — La Saint-Malen s'endormoit dans cette spiritualité -.
Son établissement fut commencé des deniers de MM. de Beauvilliers, Chevreuse, etc., par l'entremise de M. de Ville (?) son directeur. Elle étoit en liaison avec MmeGuyon.
M. DE Reims. — M. de Reims instruisit le roi de la nouvelle spiritualité de M. de Cambrai : il souhaitoit fort d'être chargé de la poursuivre '.
Cardinal d'Estrées*. — On parla d'envoyer à Rome
1. Le ton même de la réponse renseigne plus exactement sur les vrais sentiments de Bossuet à l'égard des jésuites que les apostrophes oratoires sur lesquelles s'appuicrent des historiens pour prétendre que Bossuet était au mieux avec la Compagnie de Jésus.
2. L'absence de renseignements sufEsants sur cette dame et sur ses entreprises, comme sur le nom de son directeur, confirme ce que M. l'abbé Charles Urbain disait fort justement, en rendant compte du livre de M. l'abbé Moise Cagnac : Fénelon directeur de conscience. Une enquête sur l'état de la direction au svu"= siècle et l'histoire approfondie des personnages alors en évidence, aujourd'hui totalement inconnus, seraient des travaux préliminaires à essayer, à l'aide de monographies, pour la plupart demeurées manuscrites.
3. Apparemment Mavuice Le Tellier, en aspirant à ce rôle, n'obéissait pas au seul désir de l'orthodoxie spirituelle, et les méthodes d'oraison, d'après ce qu'on sait de ses allures et de son caractère, étaient son moindre souci.
4. Les renseignements donnés dans la Relation de Phelipeaux sur le cardinal d'Estrées et sur le degré de confiance que lui accordaient Bossuet et ses amis, sont à rapprocher de ce passage qu'ils éclairent et complètent : « Le cardinal d'Estrées, voyant l'afTaire liée à Rome et n'ignorant pas les justes défiances que les Prélats avoient du cardinal de Bouillon, souhaita d'être chargé de la négociation. Ses amis en firent
pour cela le card. d'Estrées; il vouloit sauver le livre et l'auteur ; il avoit eu pourtant beaucoup de part à la condamnation de Molinos ', mais M. de Meaux représenta que ce n'était pas là une alTaire de politique. Il (d'Estrées) se fixa depuis pour le cardinal de Noailles par le mariage du comte d'Estrées, vice-amiral des galères, fds du maréchal, avec la 3* fille du maréchal de Noailles. Il ne cessoit de louer M. de Meaux et son ouvrage. « Vous le voyez ouvert, disait-il de la Déclaration - en écrivant un billet pour lui que M. l'abbé Bossuet attendoit. C'est pour la U^ fois que je le lis, il n'y a rien à répondre à cet écrit. »
M. de Cambrai fit donner à Mme de Maintenon par le
confidence aux Prélats et leur représentèrent qu'il étoit du Saint-Office, qu'il avoit beaucoup d'amis dans cette congrégation, qu'il étoit très instruit de la matière, aiant eu une très grande part dans la condamnation de Molinos, que personne n'étoit en état de faire terminer plus promptement cette affaire à leur satisfaction et à celle du Roi, (jue n'étant pas un ami de Bouillon, il auroit une attention particulière de faire échouer ses desseins. Mais les Prélats ne crurent pas devoir se fier à ce cardinal, connoissant son génie politique capable de tout sacrifier à sa fortune. Ils craignirent qu'il ne traitât cette affaire en politique, et qu'il ne voulut la terminer par quelque accommodement ambigu qui ne couperoit point la racine du mal. On n'ignoroit pas son attachement aux Jésuites qui protégeoient publiquement la doctrine de M. de Cambrai ; on avoit devant les yeux des faits criants où ce cardinal n'avoit que trop favorisé la Société contre son honneur et ses propres lumières, comme il arriva dans l'affaire du livre du P. Tellier. D'ailleurs il s'étoit déclaré dès le commencement trop favorable à M. de Cambrai, et disait partout qu'il avoit des moiens de sauver le livre et l'auteur «(Impartie, p. 208). Or c'étoit précisément ce qu'il fallait éviter à tout prix, et en vertu de ces aveux, qu'il n'est pas besoin de solliciter, on cherchait un agent déterminé à perdre l'un et l'autre. L'état d'esprit des prélats poursuivants de Fénelon, en dépit des déclarations contraires, est pris ici sur le vif. Bossuet aura beau s'indigner que Fénelon le regarde comme « sa partie », et protester qu'il n'en a vue que le salut de toute l'Église, le but à obtenir est clairement désigné, et l'on récuse quiconque n'est résolu à ne point sauver le livre et son auteur.