‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 104 sur 347 · I. Cf. Id.. p. 3 e! n · texte numérisé non relu

I. Cf. Id.. p. 3 e! n

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roiniiuMiciix rivirres porires ruiic dans raulrc ;i la mer no t'ont pins qu'un seul lit égal, qui n'est plus qu'une inènu" eau : Je ne sais si je m'explique bien. Recevez donc ce pauvre cœur, puisque Dieu le veut de la sorte ; et soyez assez petit pour agréer ce moven, qui glorifie d'autant plus Dieu qu'il est plus bas et misérable. C'est assurément (oui, assurément'), dans cette union, que Dieu vous donnera ce qui vous sera nécessaire pour tout. Je crois que vous serez assez abandonné pour être content de manquer à tout : mais vous devez vouloir cela, parce Dieu le veut. On no ])eut être plus iniie à vous que je la suis-. .1 \ trome même assez de correspondance '.

111 — .M."eGUVO.N A FÉM:L0\^

Outic le goût général que j'ai pour votre âme \ qui m'est une certitude continuelle, qu'elle est comme Dieu la veut, c'est (ju'il est aisé de juger même par vos paroles, (pie, quoique l'extérieur soit fort éteint cbez vous, il V a cependant une vie profonde, et d'autant plus pure, que Dieu en est seul le [)rincipe et la fm ; il v a une activité amoureuse, quoique secrète et cacliée ; et la ^olonté, qui est le siège de la vie intérieure, comme le cœur est celui de la vie animale, a une activité continuelle, mais profonde.

Ce qui fait cpie celte vie est fort cachée, c'est qu'elle

1. Sur celle parenlhcsc et toutes les autres des Lettres de Mme Guvon, Cf. Introduction, I, g III, p. xxvin et n. 5.

2. Vaugelas (^Remarcfues nouvelles, etc., édit. Ctiassang. Paris, i8So, t. I. p. 87) signale cet accord du pronom attribut avec le sujet comme une iaute, que font toutes les femmes « et de Paris et de la Cour ».

3. Cf. plus haut, fragment d'autohiograpliie, p. 3 : « Je ne trouvais pas de correspondance, ce qui iiie faisait beaucoup souffrir. »

!t. T. II, Lctlre C\LV. p. .'ii8-',2(). ."). Cf. Lettre XWVllI, p. (jS cl n. 1.

IS rKNKLON I:T m (;i'V()N

est loiijdurs l(MiiI;inl(' ' (lirt'cienioiil ;t sa lin ; cl que ne se recourbant- point par le propre inlérèl, elle csl comme une llainmc loujours droilc, qui ne gaudiil point, parce (fuc le propre intérêt est foit amorti quant au fond, quoi- (pic non pas quant aux sentiments extérieurs. C'est pourcjuoi cette même bouche c|ui dit : « Je ne désire aucune perfeclion ; je suis inditTérent que Dieu verse les grâces dans lai autre vase cj'ie dans le mien : je laisse prendre à Dieu ce qu'il veut, mais je ne lui donne rien », dit en même temps : « Lorsque Dieu demande un morceau, je donne toute la pièce ^. » Cela ne fait-il pas Aoir un sacrillce réel, un abandon qui se forme dans l'intime de l'âme, sans qu'elle s'en aperçoive, à cause de sa souplesse? C'est comme celui à C|ui l'on prend quelque chose de ce qu'il lient, et cjui ouvre la main, pour laisser prendre tout le reste, parce que son inclination est (ju'on le prenne. L'amour esl donc vivant dans ce cœur, quoiqu'il soit couvert de la cendre d'un extérieur plus éteint.

D'où vient que l'on parail plus mort ' dans l'état où vous êtes, c|ue dans un état plus avancé ? C'est que les sens ne sont pas réveillés. — ils sont plus éteints, — et c|ue Dieu, conduisant l'âme peu à peu. de foi en foi. de mort en mort, il s'agit présentement de mourir à tout désir et à toute tendance, cjuelle qu'elle soit. Or comme une tendance vers un bien, comme serait la perfection, serait une vie propre (puisqu'elle a notre propre satis-

1. Sur cet accord du j);utlci|)r prescrit, l'rcqiicnt au xvii'' siècle, cf. llaase, loc. cit., § 91, d; cf. lA-ttres XIX et XXXAIII, pp. Se) et gfi.

2. Cette mctapliore sera reprise plusieurs fois par Mme Guyon et Fénelon ; cf. plus loin. Lettre CXVIII, p. 3o4.

^. Cf. Fcnclon, Insiruclions, t. YI, p. 12/1, g : « Heureux celui qui |uésente hardiment toute rctoffe, dès qu'on l\ii demande un éclianlillon ! »

'i. Ici, comme dans presque toute cette correspondance, c'est de la iiioii mystique qu'il est question ; cf. sa définition. Lettres VIII, [). 3i el LV, p. i/lo.

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lailion [}our ohjcl, quoique l'ou uS [«'usc pas acUicl- IciiK'ul), Dieu, qui ne \cul (juc lui-nicinc, ùle à sa volonté loulc tendance j)io[)iirlaire ' par rapport à luimènic : elle ne songe ni à perfection, ni à sainteté, et ne pourrait iaire un pas pour toute la sainteté possible, parce cju'cUe ne peut rien vouloir pour elle, ni par rapport à elle : il faut qu'elle demeure comme on la - l'ait être ■de moment en moment; et, comme le désir d'un bien propre serait en efTet de l'amour propre, il lui est ôlé, car on ne désire un bien pour soi, (ju'aulant que l'on -s aime soi-même.

Il n'en est pas de même des sentiments extérieurs pour les biens (extérieurs, bonneurs etle reste; ils se réveillent souvent, parce que, connue ils n'appartiennent (ju'à la volonté animale, celle-ci semble se forliiler par l'amortissement de la supérieure. On est souvent surpris, (|u'en perdant toute sorte de bons désirs, il en naît d'imparfaits à sa place : il semble cjue l'on cesse de vivre dans le bien, pour vivre dans le mal. Cela n'est pas pourtant, •(|uoique cela paraisse de la sorte. Le plus grand de tous les biens est, dé n'avoir point d'autre volonté que celle de Dieu, quoicju'elle semble détruire notre être moral et vertueux^ et de n'avoir d'amour cjue pour Dieu seul.

1. Mot «lu vocal)ulairc mvstiijun, donl Fénclon usera lui-iiicnio |)lu- >it'iirs ibis ; cf. Instructions, t. \ 1, p. 1^7, g: a Ames propriétaires (l 'elles-mêmes » ; Lettre à la comtesse de Montberon, 19 août 1707, t. VIII, p. G82, g : « Cœur propriétaire, qui se rej)rpnd. » — Voici 4'onuuent Fénelon définit cette « propriété » dans l'Explication des Maximes des saints sur la vie intérieure. Paris, Auhouin, in- 18, !MDXC\ II. xirticlc XVI, vrai, p. i35 : « Ce motif d'infcrèt spirituel, qui reste toujours dans les vertus, tandis (pie l'àme est encore dans l'amour intéressé, est ce que les mystiques ont appelé propriété. » Cf. plus loin une autre définition de Fénelon, lettre du 11 août 168g, p. a'iT).

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