‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 113 sur 347 · C'est Fénelon ; cf. Lettre VII, p · texte numérisé non relu

C'est Fénelon ; cf. Lettre VII, p

.'i. Cf. Lettre III, p. 22.

f). Il est probable que cottrc lettre de Mme Guyon répond à une lettre perdue de Fénelon, "lui demandant des explications sur la fin de. la Lettre ^ II. — Sur ce sens de succès, cf. Lettre CXV, p. 29O et n. S.

0. T. II, Lettre CLIV, p. 't\-;-'ibh ; Début et (Krniérc |)hr;.sp, t. A , p. 'ioG.

7. Expression affectueuse et familière employée par Mme Guyon et

36 FENELON ET M- (ÎUYON

os6 cspiTor un si i^raml Ijicii, si M. notre curé ne me rélait venu oHVir. Juge/, avec quel |)laisir (celle fêle élaut pour moi ce qu'elle est) mon petit-Maître s'est donné à moi avec vin naturel amour'. 11 n'a pas plutôt été dans ma poitrine, que j'ai ressenti un renouvellement de candeur, d'innocence et d'enfance que je ne vous puis exprimer. Je lui ai demandé qu'il vous mît dans l'état où il vous voidait, et (pi'il vous fit entrer dans ses desseins; qu'il fût votre voie et votre conduite; qu'il vous fit marcher dans sa volonté, et non selon les idées de perfection et de vertus, cjue vous vous êtes faites. II me semble que cela sera. O, si vous pouviez comprendre ce qui est de l'entière désappropriation de toutes choses, le peu de cas que Dieu fait de la justice de la plupart des hommes, comment il les examinera même avec rigueur, durant qu'il prend ses délices dans une petite âme bien humiliée et bien anéantie par l'expérience de ses misères, et qui, n'attendant plus rien d'elle-même, espère tout de son Sauveur !

[Souplesse (le la volonté hniiiaine à raction de Dieu dans le pur autour.]

0 bonheur infini de l'humiliation et de n'être rien ! Entrez une bonne fois dans les intérêts de Dieu. Aimez la justice qu'il vous fait, et celle qu'il se rend à lui-même.

ses amis, ])our désigner Jésus dans l'Encliaristie, comme Maître intérieur des âmes. Fénelon s'en servira souvent ; cl'. Lellres à la comtesse de Montberon des 21 et 27 juin 1707, t. VÏII, p. 678, g et 679, d : « Ce que je vous demande avec la dernière instance, au nom du petit- Maître, c'est de communier demain matin » ; cf. encore Lettre à la duchesse de Mwiemarl du i<"' février 1711, t. VII, p. 334, 'j.: « l'aire la place nette au petit M. », etc.

I. Tel est le texte du t. \, et voici celui du t. II, qui semble bien n'être qu'un résumé d'introduction : a Mon divin Maître s'est donné à moi cette nuit dans la communion avec un nouvel amour. » D'ailleurs le texte : « Jugez avec quel plaisir, etc. « pourrait bien être tronqué et avoir perdu quelques mots, qui permettaient de constituer deux phrases au lieu d'une.

M"' (JUVON A FKXELON 37

.lo vous proleslc clans celle nniUlc sa naissance, (|ni m'est si chère, que, quand je serais mille l'ois perdue, j'aurais toujours un plaisir inlini de ce (ju'il s'est bien voulu servir de moi pour vous l'aire entrer dans les voies de l'anéanlissemenl. Entrez donc dans un amoiu- désintéressé, je vous en conjure, pour réciproquer' l'amour gratuit d'uu Dieu ; et donnez-vous à lui en sacrifice, alin qu'il vous jette jusqu'au plus profond de l'abimcde houe, où il jeta le roi-prophète ", dont il ne pouvait plus sortir. Soyez persuadé que vos ellorls pour en sortir ne serviront qu'à vous y enfoncer davantage ; et c'est la diUerence qui se trouve entre l'abîme de boue et l'abîme d'eau, que dans ce dernier, en faisant quelc[ues ellorls, on vient sur l'eau, et, à force de nager, on peut en sortir, mais l'abîme de bouc est bien dillérenl : plus on se renuic. plus on enfonce ; plus on veut s'aider, plus on se nuit. 11 faut, pour n'y être pas sunoc[ué, demeurer tranquille et sans se remuer ; de celle sorte, l'on est supporté de la boue, loin d'en être accablé.

Demeurez donc dans la prolondeur d'un cœur humilié, et soyez persuadé avec Job, que (juaiul vos mains, c'est-àdire vos actions, sernienl éclatantes comme le soleil. Dieu les enfoncera dans la boue ' ; et aussi que, quand vos péchés sernienl roa<jes comme Cécarlale, il les blanchira comme neige ^. Ce que Dieu veut de vous à présent est que, désespérant entièrement de vous-même, vous attendiez tout de votre Sauveur, que vous ne vouliez même point d'autre salut, que celui qu'il lui plaira de vous donner.

1. « Monsieur, vous pouvez ni'aimcr tant qu'il vous pl.iira, luais je ne puis du tout vous rcciprornwr. » l^ropos de bal à Saint-.Malo, rapporte par Mme de Sévignc <lans une lettre à Mme de Grignan du 8 janvier iG:(j (Edition des Grands I-lcrlvains, t. IV. ]>. 3:!7),

Page 1