‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 118 sur 347 · T. V, Lettre V, p · texte numérisé non relu

T. V, Lettre V, p

4. Fcnelon. Instructions, XXIIl, t. VI, p. ia6, g : « Dans ce premier attniit sensible, ... elle (l'àmc) se déprend de toutes les consolations extérieures ; et celles de l'amitié sont aussi retranchées... Il ne reste plus que les amis auxquels on est lié par conformité do sentiments... : tout le reste devient à charge. »

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inutiles ; il nie larde d'èlrc seul, cl tlès que je suis seul, le recueillemenl s'cnsuil. Je sens une certaine peine unissante, (juand la présence de Dieu m'cnipôchc et que les hommes m'occupent ; mais en tout cela il n'y a point d'impatience volontaire. Quelquefois il ne me reste rien dans le cœur pour Dieu, tant je me trouve sec, vide et occupé de choses communes. Mais la peine que j'en ressens, et l'ahandon que j'aperçois encore, me soutient'. Ayez la bonté de me renvoyer le billet, quand vous l'aurez lu, ou de le garder pour me le rendre.

La personne ^ pour laquelle Nolic-Scigncur me donne toujours plus de correspondance intérieure, éprouvera souvent de semblables vicissitudes de sécheresses et de distractions. Quoique les occupations extérieures y contribuent un peu, ce n'en est pas la première cause, mais bien le dessein de Dieu, qui est, d'épurer la foi, et d'affermir la volonté par le dessèchement de l'esprit. L'ennui et mésaise fréquent que l'on éprouve dans les occupations extérieures, l'approche des amis, et des conversations qui paraissent inutiles, viennent d'une bonne et d'une mauvaise cause. La première est, que le cœur

1. !(]., id., id.. p, ia5. d : « C'est un soutien infini que dépenser qu'on n'est plus soutenu do rien, et qu'on ne cesse point, dans cette épreuve horrible, de s'abandonner fidèlement et sans réserve... Il faut tout perdre, même l'abandon aperçu, par lequel on se voit livré à sa perte )) ; cf. Lettres dos ii et 12 août 1G89, p. a.Hcjet n. 3, p. 266 et n. ■> .

■ 2. T. I, Lettre LXXXVIl, p. 3G7-370.

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(|ui est altiré de Dieu', et ((iii est desliiu' pour le posséder liii-mèiue, ne peut trouver hors de Dieu rieu qui le contente ; et passionné qu'il est de son divin objet, il n'a que du dégoût pour tout ce qui interrompt ou empêche sa jouissance. Si cela est un ellet de l'amour, c'est en même temps une marque de l'imperfection de l'amour, et que l'àme est encore bien vivante en ellemême. Celui (jui aime parfiitemeril, n'aime parfaitement, que parce qu'il est entièrement mort à lui-même: étant parfaitement mort, il est passé dans sa fin ; et, étant dans une union essentielle -, il est dans une possession qui ne peut être interrompue par l'embarras des créatures, ni distraite par toutes les affaires possibles, parce (pie l'âme est au-dessus des moyens, et consommée dans sa fin.

Mais, comme il ne s'agit pas à présent de cela, je n'en dirai pas davantage ; je dirai seulement, que cette personne doit mourir à soi-même sur cet article, et recevoir avec égalité et mort toutes les dill'érentes choses qui l'arrachcnt comme malgré lui à sa chère solitude, ne voulant uniquement pour soi que ce cjuil y a, quel cju'il soit. On croit souvent n'avoir plus de penchants, quoique l'on en soit tout plein. On n'a plus de penchants aperçus, lorsque l'on n'est pas contrarié dans ses penchants: mais on en découvre facilement, sitôt qu'ils sont contrariés '.

Ce que je viens dédire, fait que l'âme tend continuellement au recueillement et à la retraite ; et plus son attrait est violenté, plus il se réveille avec force. Dieu le l'aisant de la sorte, afin que l'âme ne se laisse pas épancher dans les occupations, et qu'elle tende toujours à lui

I. Sur (le au sens fie par, après un verl)c passif, cf. Haasc, /. c, § 1 13, p. 3i I .

■j. Cf. Lettre VIII, p. 33 et n, 1.

3. Fcnelon, Inslruclions, XXII, t. AI. p. 12 j, d : « Chacun lient à une intinitc de choses, cpi'il ne devinerait jamais. Il ne sent qu'il y est attaché que qu.ind on les lui oie. etc. n.

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comme à sa ("m ; mais, silôl qu'elle peut se recueillir, tout cela s'évanouit ; tant parce qu'il n'est plus alors nécessaire, et que la foi nue ' prend la place, que parce que le désir de se recueillir était un eiïet de la bonne volonté, à laquelle même Dieu veut que cette personne meure. (7cst une conduite qu'elle éprouvera encore quantilc de fois. La peine cuisante que l'on ressent, lorsque l'on perd la présence de Dieu aperçue, marque que l'on n'est pas parfaitement indilTorent, et que l'on tient au don de Dieu, car cette présence aperçue est un don créé.

(^ue faut-il conclure de là ? qu'il ne laut pas laisser de goûter Dieu en repos, autant qu'il vous en donne le moyen ; qu'il ne faut point se surcharger par soi même d'occupations contre l'ordre de Dieu. Mais, cela supposé, il faut laisser Dieu aller et venir, comme il lui plaît -, étant égal dans toutes les dispositions, et portant en mort^ les incommodités quasi continuelles que causent toutes les créatures par leur peu de raison et leur inutilité ; ce qui n'est pas une mort médiocre, lorsque l'on y est fidèle, car il y en a des sujets continuels. J'enverrai le livre, sitôt qu'il sera achevé. L'on soumet tout aux lumières de la personne, à laquelle l'on écrit simplement pour obéir ''.

Je n'ai jamais ouï dire que l'on juge d'un état dans le temps de la peine, mais bien dans le calme et la bonacc. Je n'ai pas un mot à vous dire pour vous prouver

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