Cf. Lettre XXXVIII, p
!i. Comme on a pu le constater par la reprise de certaines expressions, cette lettre est une réponse à la précédente. Elle est suivie d'une poésie qu'on trouvera plus loin, Poésies, n» XVII, p. 867.
5. T. III, Lettre XCIII, j). /u^-g ; dernier paragraphe, t. V
M "H (JUYC)N A FÉNELON 49
la bonlé i-t iL-aliU' de IV-tat de sacrillco, prt''((''iablc à lout .mire. Nous portons en nous-niènios un certain caractère foncier de la vérité intime, qui se lait distinguer même au milieu des plus grands troubles. Ce caractère de vérité est accompagné de justice, et donne une sainte émulalion, ([ni est une participation de la jalousie de Dieu, (jiii anime contre la créature une justice impitovablc, alin de lui arracber toutes cboses, pour donner tout à Dieu.
[Cette justice est une justice de (lépoulUeuicnl.]
Il ne VOUS faut jioitit d'autre nvtilie que rex[),''rience : cl vous en avez assez pour juger de ce que l'on vous dit. N'attendez plus de Dieu de ces violences extrêmes: Il veut à présent de vous des sacrifices plus libres et plus volontaires, vous ayant donné assez de connaissance pour juger lequel desdeux est le plus avantageux, de vivre à soi, ou hors de soi. Quel intérêt ai-je à tout cela que l'intérêt de Dieu et votre propre bien? Cbercbé-je ([uel([ue avantage? Il n'y en a point d'autre que la peine ; et, si je voulais abuser de la facilité des personnes, et m'attircr des partisans, je prendrais d'autres routes : mais il me suffit que Dieu connaisse mon cœur, et ce qu'il me fait souffrir pour des âmes, qui, loin d'en avoir de la reconnaissance, n'en ont pas même la connaissance.
Il ne faut chercher que Dieu dans la créature, ou plutôt. Dieu en lui-même, sans vouloir chercher dans cette créature (quoiquece soit), pour s'appuyer: des traces de vertus, que Dieu a lui-même détruites, vertus à notre mode, et non à la sienne. Si notis regardons cela pour nous fixer dans notre état, nous serons toujours trom[3és ; et Dieu ferait plutôt paraître en cette créature des défauts qui n'y sont pas, ou il en ferait naître, pour nous tirer de cet appui. Allons, sans regarder le guide que l'on nous donne, ni le chemin '. Suivons Jésus-Christ,
I, Conseil ijue Fénelon reprendra souvent sous une autre forme:
no l'KNKI.OX Kl" M" (UVO.N
(lui iiKiirlu' le |)i(Mni('r, cl ht \olonU'' divino, ([iii, <|ii{)i([ii(' caclu'o. on ajjpaieiico, iiniis csl dès manifeste par le cai;ulrro iiiiprinir dans le plus inlimo d(^ nons-nièmos.
iSr in'i'dn' t'M I)icu. ii' iiOl |H)iiil :i\i>ii- uni' NoloiiU' ilniili', c'csl n Vn .ivoir plus.)
Pour n>oi, je ne vous demande rien : mon oHiee est de vons l'aire voir Jésns-Clnisl, qni, s'étant [iréeipité dn lianl laîte de la Divinil('" dans l'altime dn néani ponr l'amonr cju'il vons porte, vons invite à le suivre selon votre portée. Je vons le montre ; et c'est assez pour moi. Je vous dis qu'il vous appelle ; je vons apprends à entendre sa voix. Pouvez-vons dire en conscience que vous ne le connaissez pas, et qu'il est trop défiguré de la chute, que son amour lui a lait faire pour vons? C'est parce qu'il est si fort délignré. c(u'il est comme nn lépreux, c|ue vous devez plutôt vous unir à lui, et ne pas conserver une vaine beauté, qui ne lui saurait plaire, si elle vons empêche de vous précipiter pour le suivre.
Vous me direz : je ne vois en vous nulle trace de la Divinité ! vous C|ui me parlez, vons êtes si fort défigurée ^ que je tremble d'être comme vous. Ma laideur, vous réi)on(lrai-je,fait mon plaisir- ; et si j'étais autrement, je
« Marcher, comme Abraliam, sans savoir où » ; cl', plus loin, Lettre (In 17 juillet 1689, p. 2i3 ; mais il n"ira pas jusqu'à dire : « sans rciçarder le guide que l'on nous donne. « Cf. Lettre du 11 août i68(), p. sfS '■ « Le chemin m'est obscur, le guide m'est clair « ; cf. encore 'Lettres CW, p. 298 et n. 3, CXXX, p. Siq-, Poésies, n" II. p. 389.