C'est la lettre précédente
78 FENELON ET M""^ (ÎUYON
promettez de ne pas mourir sitôt. Vous me faites un très grand plaisir. Je garderai le Pentateuque pour le lire, si M. de Chevrcuse me le permet, et je ne le lui rendrai que par vos ordres. Encore une fois ne vous gênez pas ' sur les choses que Dieu vous donnera pour m'en faire part, et ne craignez pas de m'en importuner. Quand vous me trouverez trop sage, mandez-le moi tout simplement ; ayez soin de votre santé; certaines chimères d'amhition me viennent tracasser la tôte^, mais je suis en paix et me moque de ces folies. Dieu soit loué de ce qu'il vous donne pour moi. Ce 12 mars 1689.
Vous êtes le maître de garder le Pentateuque, Monsieur. Je ne sais pas le besoin que vous en avez, mais je sais que Dieu me tient incessamment devant lui pour vous, comme une lampe qui se consume sans relâche *. Je ne puis lui résister, ni faire autrement que d'être unie à vous de la manière du monde la plus intime et la plus pvire. Dieu seul sait tout et opère tout, et je le laisse faire ; et il me tient dans une telle disposition, que <CJe>, si j'avais mille vies, je les donnerais pour votre âme '. Cela consume le corps abattu de faiblesse ; et il me paraissait tantôt, que je n'étais que comme un canal de communication, sans rien prendre, et que la raison