I . Texte de Dutoit : réveille
:>. Sur sa nomination possible comme précepteur du duc de Bouri;o<jnc.
124 FENELON ET M- GUYON
Tahîme obscur du pur ahandon. Il ne me reste qu'à demeurer immobile au milieu des vagues, et à me laisser ail gré delà tempête'. L'incertitude, que j'ai tantgoùtée, me paraît pénible et il me vient cent raisons de nécessité apparente pour savoir à quoi m'en tenir, pour prendre des mesures et pour éviter certains embarras ; mais toutes mes visions sont toiles. Il n'y a qu'à ne rien voir, qu'à demeurer en suspens, comme si j'étais en l'air, et qu'âne me mettre non plus' en peine de ce qui se passe au dedans, que de ce qui arrivera au dehors. Au reste ne croyez pas que ce soit une grande agitation. Non, je suis paisible et peu occupé de tout cela. C'est seulement, comme je vous l'ai dit, un certain travail intérieur, qui ne me distrait point m de mes occupations, ni de mon recueillement, mais qui me mine secrètement et profondément, lors même que je vaque à toute autre chose, et que je suis le plus gai. Au surplus, je ne voudrais pas me (aire Pape, ne tallùt-il, pour l'être, que le vouloir, sans que personne en sût jamais rien. Quelquefois même je suis tout honteux de craindre si peu l'élévation et de me sentir de la peine, lorsque je suis dans lincertilude d'y parvenir. Mais je laisse cette mauvaise honte avec tout le reste, comme elle le mérite. Enlln, malgré celte démangeaison intérieure, je suis en paix, et je n'ai besoin de rien.
1. Cf. Mme Giiyon, Petit abrégé de la voie et de la réunion, 1, S 4 (Opuscules, éflit. cit., t. II, p. Bao) ; « lise faut donc laisser, au plein gré de Dieu, battre de toutes parts des vents et de la tempête, souvent submergé et enfoncé dans les ondes mutinées. »