Mémo ibrimilc, I^oltrc XIV, p
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plaisir de vous ballotter de telle sorte, que tout vous paraîtrait perdu ! Mais, comme vous ne prétendez autre chose que de l'être, vous aurez alors de cpioi vous réjouir-
Que j'ai de joie de la poursuite continuelle que Dieu vous fait, et qu'il est un admirable conducteur, un charmant Maître ! que ceux qui se laissent enseigner de lui sont lieureux ! Que j'ai de joie de ce que vous en usez avec petitesse pour recréer vos sens. Vous ne sauriez croire combien cela est nécessaire pour votie âme et pour votre santé, et combien' cela plaît à Notre-Seigneur. Comme il vous conduit par la main, je ne vous dirai pas qu'il faut toujours aller contre le fil de l'eau, ni par la violence : cela ne doit être que dans les choses que la Providence de Dieu nous fournit, ou qui sont d'ordre de Dieu dans notre état : autrement vous iriez souvent contre des répugnances, que Dieu vous enverrait lui-même peut-être, pour vous défaire de certaines choses où il ne vous veut pas. Mais, comme il vous éclaire et vous conduit, il vous fera démêler cela.
Vous aurez à soutfrir sur une chose, qui est que vos répugnances augmenteront, et en même temps l'impuissance de les surmonter. Il vous arrivera aussi de perdre souvent la trace de la conduite de Dieu sur vous ; ce qui sera accompagné de dégoût et de sécheresse. Vous serez souvent comme un oiseau, qui voltige sans trouver où poser son pied ; mais tout cela ne servira qu'à vous faire comprendre l'extrême dépendance où vous êtes de Dieu, et la dilTérence qu'il y a de vous à bien d'autres. Vous serez comme l'oiseau du soleil, qui est plein de vigueur et de force, lorsque ce bel astre darde ses rayons sur lui, mais qui tombe dans une défaillance de mort, sitôt que le soleil se cache, puis reprend une nouvelle vie, sitôt qu'il paraît. Soyez cependant persuadé que ce sera le temps où la protection de Dieu sur vous sera plus forte, quoique moins sensible. Si vous saviez combien il aime
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votre àiuo, vous on mouirioz de reconnaissance'. Je le vois, et j'en ai loule celle dont je suis capable '-.
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La disposition représentée ' est sans cloute incompatible avec le péché mortel : rien n'est si pur, ni si parfait. L'unicjuc chose, qui pourrait mettre en doute, serait les circonstances d'une conduite qui ne paraîtraient pas proportionnées à des dispositions si pures, et qui feraient craindre qu'elles ne fussent pas sincères ; mais il faudrait des circonstances prodigieusement fortes, et même manifestement mauvaises, pour rendre suspectes des dispositions si parfaites et si éloignées de tout mal. Il peut y avoir des âmes éprouvées par la tentation, qui se croient criminelles en cet état; et cette persuasion qu'elles sont criminelles, est la plus rigoureuse épreuve, par où Dieu veut les purifier. Voilà ce que je croirais facilement, parce que les personnes qui aiment Dieu d'un amour si pur, et qu'il aime à proportion, doivent passer par le creuset, et mourir à elles-mêmes. Pour l'illusion, qui peut sans doute se mêler jusque dans les choses les plus parfaites, je crois cju'on en verra toujours les marques ; mais