Sans doute l'amie qui la reçoit à la campagne
3. C'est alors un entre-tleux, cf. Lettre XIX. p. 6o et n. i. ',. T. V, Lettre XXIX, p. 271-3.
5. Sur le sens de cette formule, cf. Lettre XXXVI, p. 89 et n, 3.
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étal ; mais, aiilaiil ([uc ma Aokinlé s'éleiiit, je sens mes inclinations cl rcpugiianre.s involonlaircs, qui |ioiisscnt de lous côtés, comme les l'eviilles des arbres au i)rinlemps. C'est dans le fond une volonté sèche, languissante et faible contre mes inclinations. C'est comme une place de guerre, dont les murailles seraient tombées, et qui demeurent ouvertes de toutes parts '. Ma sécheresse contre tout ce qui me déplaît augmente, et je ne puis m'empêcher de laisser voir dans mon visage et dans mes tons je ne sais quoi de dédaigneux pour les moindres contre-temps, même à mes meilleurs amis. Je me sens un amollissement à faire frayeur pour toutes les passions. Ce n'est pas que j'aie des tentations violentes; c'est moi qui suis faible, sans que la tentation soit forte. J'ai de la répugnance à me mettre en oraison : quand j'y suis, les tentations sont grandes, et la sécheresse presque continuelle, en sorte qu'il me semble que je ne fais rien ; mais, dans le fond, je vois bien que j'y goûte un certain repos secret ; dans la journée, la présence de Dieu m'est moins facile : je serais tenté de vouloir courir pour la rattraper, mais je me contente de laisser, à chaque moment où je m'en aperçois, tomber toutes les distractions ^ Je suis persuadé par la seule
I. Lettres spirituelles, t. VIII, p. Ci3, d : « Nous sommes ouveris (le toutes parts par la sensibilité de nos passions. »
a. Sur la formule même « laisser tomber », cf. Lettre VIII, p. 3i, n. a ; sur le fond de la pensée, cf. Lettre au marquis de Blainville du i'""' jum 1G89, t. VIII, p. 5io, d : « Vous ne manqtierez pas d'avoir beaucoup de distractions... il n'y a qu'à les laisser disparaître )i ; cf encore Instructions, XXX, t. VI, p. 187, d.
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f'xpéricncc présente, que le goût du repos, et l'occupation que Vixme en a, est un retour de propriété' très dangereux. L'àme se relarde elle-même par tous les moyens dans lesquels elle s'appuye. Je comprends que, pour être fidèle, il ne faut prendre les moyens que comme des épreuves de notre fidélité, et comme des assujettissements, par lesquels il faut passer, pour suivre l'ordre de Dieu, mais point comme de vrais appuis. Le goût du repos est im des moyens dont Dieu devient jaloux", après s'en être servi pour nous attirer. Malheur à qui s'amuse dans les dons, et qui fait des dons de la grâce, ce que les grands pécheurs font des dons de la nature. La sagesse trop humaine me devient un embarras : je ne puis ni y trouver la paix, ni m'en dépouiller ; elle est comme des entraves à mes pieds. Ce 26 mai 1689.
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Comptez que Dieu ne vous a rendu fort que pour vous rendre faible, et que les endroits où vous vous êtes le plus soutenu, ceserontceux où vous serez le plus affaibli. Notre-Seigneur dit que le S. Esprit convaincra le monde de justice, parce qu'il s'en va à son Père *, voulant par là
1, fnslruclions. WIII, l. NI |i. lafi. il: <> les r,-lot'r.<s dr. projiriélé (pii salissent l'àiiie. »
2. /</., \X.1I, t. ^ I, p. 123. d : « Il (Dieu) est iiiènie jaloux de ses (Ions » ; id., XX.XLI, t. VI, p. 1^2, 6 : « Dieu est plus jaloux de ses tlons les plus excellents que des choses les plus coninuines. )i
.'î. T. III, Lettre LV, p. a'if) ; le dernier paragraplie. I. ^ , [i. ayS. 'i. Jean, \VI, 8-10.
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nous enseigner que toute la justice consiste à tout renvoyer à Dieu.
J'étais actuellement occupée de vous, Monsieur, lorsque j'ai eu de vos nouvelles ', et j'éprouvais, ce nie senible, votre état de dénùment, qui vous sera toujours très avantacreux, le don de la toi vous a\anl été donné d'une manière très éminenle. Unissez-vous quelquefois à un cœur que Notre-Seigneur vous a donné pour vos besoins, — vous le connaîtrez un jour, et je vous le dis simplement. Ce 26 Mai 1O89.
J'ai fait cette nuit un songe-' qui m'a bien consolée. Il vous donne de quoi rire de ma simplicité à dire des cboses ; mais qu'importe ! il faut que vous deveniez un jour aussi simple que moi. Plus vous êtes sage, plus vous serez simple et petit, supposé la fidélité à cesser d'être grand homme, pour devenir petit enfant. Il m'a semblé qu'il y avait une vallée d'une profondeur extraordinaire. Vous étiez presque sur le haut. Vous veniez du haut en bas. Il y avait quelques personnes, mais en '^ petit nombre, qui montaient avec bien de la peine la montagne que nous descendions ; pour nous, nous étions assis, et nous ne faisions rien autre chose que de nous laisser couler en bas ; je vous tenais fortement, ayant passé ma main gauche derrière vous, d'une manière que je vous embrassais; et je sentais même en dormant que mon cœur penchait vers le vôtre, et semblait vouloir attirer le vôtre à soi.