I. Jocl
■j. Fcndon, Muniicl de Piélé, sermon pour te jour de saint Thomas, t. VI, p. 5.'i,^ : « Expril destructeur... défaites tout, pour tout refaire.»
3. Vit; (le Mme Giiyon, III" partie, ch. vu, cdit. cit., t. III, p. 78 : « 0 Esprit consoniniateur de toutes choses, réduisez tout en un ! Mai.s avant (jue cela soit, vo<is serez un esprit destructeur. »
'i. (]f. fragment d'autobiographie, p. 8 et n. i.
I7G FÏ':NEL()N et M'" GUYON
sou Esprit. Je ne vous fais point d'excuse, car il faut que j'obéisse sans réplique à mon Maître. Il nm donne bien de l'envie de vous voir. 11 a du dessein en cela. L'aprèsdîncr je me suis sentie tout à coup saisie d'un je sais ([uoi cle très fort ; il m'a fallu retirer à part, quoique assez proche du repas, pour donner essor à mon cœur, qui crevait^, lime semblait que ce qui m'était donne pour vous dons ce moment, ne trouvant pas assez d'issue, était comme une eau c|v\i tourne et qui enfin redonde ^ sur elle-même, en sorte ([uc le cœur ne peut tout porter. Il désire toujours plus s'écouler dans le vôtre. Ce i5 juin 1689.
LXXII. — FÉNELON A M"»^ GUYON ^ A vous parler ingénument, Madame, j'aime mieux
1. C'est une rcéflition cle la fameuse scène de Beyucs, que Bossuel a rendue si célèbre (Helalion sur leQniélisme, section II, §6, cdit. F^acliat, I. XX, p. 98), et que Mme Guyon a racontée cUc-mèmc dans des termes très voisins de cette lettre : « Lorsqu'il lallutnie délacer, c'était à Beynos. Mme de Charost y était, et mon corps creva. Je sentis alors comme une rivière, qui, trouvant une digue, surmonte du coté do sa source » (Lellre au duc de Chcvreuse du 5 février i6ç)h [Œuvres de Fënelon, t. IX, p. 19, [i]). Dans sa Vie, après avoir fait de la scène un récit plus détaillé, elle ajoute : « J'ai encore eu d'autres plénitudes, qui m'ont fait beaucoup souffrir en différents temps ; et souvent je m'en déchargeais sur mes enfants les mieux disposés, quoiqu'ils fussent absents ; et je sentais qu'il s'en écoulait de moi dans leurs âmes « (III" partie, chap. I, édit. cit., t. III, p. 8). On voit ici un de ces cas de « plénitude ».
2. Mot très rare, et sim[)lo transposition en français du latin redondare, qui se rencontre plusieurs fois chez les prophètes, dans la traduction de la Vulgatc : cf. Is. LVII, 20. Ezcch. XLVII, 2, Joël, II, 2/i. On le trouve dans Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, I, xv : « Vos mammelles sont encore meilleures, elles pressent vostre poitrine par des esclaves continuelz, [).oussant leur laict qui redonde, comme requérant d'estre descliargecs » (Édition des religieuses de la Visitation, Annecy, 189/1, t. IV, p. 76.)