‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 246 sur 347 · I.XWIV. — M"n (iUYO.\ A Fi:.Mao · texte numérisé non relu

I.XWIV. — M"n (iUYO.\ A Fi:.Mao

Il en est (le ces tentai ions comme vous le dites-; mais c est (|u"il y a quel(|iierois des personnes, qui n'éprouvent en elles nulles tentations violentes, mais de simples l'aiblesses, qui les affligent d'autant plus qu'elles en pénètrent moins la cause : c'est le fonds de péché pris en Adam.

Mais il y en a d'autres qui se trouvent dans des épreuves, <pii font mourir de douleur ceux qui les soutirent, (et cela) malgré eux. II serait très dilïicilc de se mettre de soi dans ces épreuves. Il peut bien y avoir de l'illusion dans le désir des choses sublimes, et en se Fie urant des lumières, qui souvent viennent plus de la débilité du cerveau que de Dieu: mais qui serait assez ennemi de soi-même, pour se livrer à des tourments intolérables, où il n'y a pour la nature que rage et fureur, de n'avoir qu'une peine sans nul plaisir, et pour l'esprit un désespoir entier, se voyant, ce semble, plongé dans le désir d'une chose qu'il ne peut avoir ?

La simplicité est le propre et le principal caractère de ces âmes (qui y sont véritablement). Défiez-vous toujours d'une personne qui manque de simplicité. Loin que ces personnes (les simples) cachent leurs misères, elles en sont si pénétrées, qu'elles les publieraient aux carrefours, si on le leur permettait, et elles en sont si

la lettre suivante de Fénelon (p. 2o'i) que celle-ci devait contenir quelques conseils de discrétion et le récit d'une conversation aMc Mme de M[aintenon (i')].

1. Les diflerents morceaux, de cette lettre se trouvent : t. II, Lettre (A . p. 2(j6-3oo et t. V, Lettre LXV, p. Sgy-g. Mais les indications de Dutoit sont cette fois trop imprécises pour permettre une reconstitution certaine. Je donne ici celle qui m'a paru le mieux respecter la suite des idées.

2. Dans la lettre précédente (p. i<j'J-<j), à laquelle celle-ci répond.

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fort Imiuilices, qu'elles se remanient eoiunic l'opinobrc des hoinines. Il est vrai (lue, lorsqu'elles sont prêtes do sortir de ce misérable état, elles changent de disposition, denieuranl contentes, abandonnées et résignées entre les mains de Dieu, de telle sorte (pi'elles ne peuvent plus s'affliger de leur mal ; mais, entrant dans les intérêts de Dieu, tournées qu'elles sont contre elles-mêmes, elles acceptent en paix le décret éternel qu'il leur paraît que Dieu a prononcé contre elles ; et, acceptant volontairement un malheur nécessaire et inévitable (à ce qui leur paraît), elles demeurent mortes sous le couteau de la divine justice, qu'elles aiment même dans la punition, qu'elle semble leur préparer. Loin de cacher leur mal, elles l'exagèrent môme d'une manière étrange, à moins que l'on n'y prenne garde. Leur obéissance est parfaite, à moins que Dieu quelquefois, pour expérimenter le directeur même, ne les mette dans l'impuissance absolue d'obéir. Il est si aisé dcî connaître une âme de cette sorte, que, si une telle âme tombait entre les mains des gens même prévenus, sa docilité et sa candeur les convaincraient.

Connue l'on n'a en cet état nulle peine à faire connaître ses misères, bien dilTérentes des étals (jui l'ont précédé, qu'au contraire la plus grande peine est de s'empêcher de les publier et de les dire à d'autres qu'au directeur, ((ue, les disant, môme lorsqu'on n'en reçoit [)as l'absolution, il est aisé de voir, que si l'on ne se confesse pas, c'est parce ([ue l'on veut obéir, puisque l'on subit par là ce qu'on appelle la peine de la conlession pour d'autres âmes, qui est la déclaration, et l'on est privé du soutien qui est l'absolution '. Quoique la soumission que j'ai pour tout ce que vous me dites me fait croire que j'ai mal fait de vous avoir écrit sur les puri-

I. Sic : la [>hrasc reste inaclicvoc, négligence <lc Muic Giiyoïi, faute (lu co|)is(c ou de Véditcur.

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licalions passives ', je ne saurais m'en repciilir, puisque, si je m'étais méprise, j'ai un extrême piaisir que vous le connaissiez, n'ayant dessein de tromper personne, surtout vous, Monsieur, que j'honore au point que Dieu sait. Si j'ai dit vrai, l'expérience que vous ferez peut-être un jour de ces choses, vous rendra la connaissance que vous en avez utile. Je vous prie de le brûler-, promettant de hrùler l'original que j'écrivis dernièrement. Vous m'obligerez sensiblement d'en faire de même de tout ce qui vous paraîtrait trop poussé, vous assurant que vous me ferez toujours une très grande grâce de me faire connaître mon erreur. Vous le devez, ce me semble, à ma Ijonnc intention et à la confiance que Dieu me donne on vous.

Je n'ai prétendu appuyer ni autoriser le nioins du monde certaines créatures, qui rôdent partout pour tendre des pièges, qui sont des suppôts de Satan, qui n'ont Cjue la malignité, la fourberie, la dissimulation, et qui se servent du masque delà piété, pour commettre toutes sortes de crimes ^ Celles-là je les abhorre plus que l'enfer, et plût à Dieu (dussé-je être confondue avec les coupables) qu'elles fussent bannies de dessus la terre. On a une douleur d'autant plus juste à leur occasion, cju'elles corrompent par leur malignité ce qu'il y a de plus saint, afin de rendre la sainteté abominable, et de

1 . Ce sont ces épreuves et tentations, ilont Fonelon a parle dans la lettre précédente, p. 198-g.

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