‹ Fénelon & Mme. Guyon, documents nouveaux et inéditsChapitre 253 sur 347 · La lettre précédente · texte numérisé non relu

La lettre précédente

.?. La lettre du 12 juillet, p. 208-211.

!i. 17 juillet; cette lettre est perdue; cf. lettre précédente, p. 212 et n. I.

Jj. Reprise des idées de la lettre du 12 juillet, p. 211.

G. Cf. p. 2 et n. l\.

']. Texte de Dutoit: à suivre.

M eu VON A l'KNKUlN 21o

tle lui ; mais c'est (ju'il nie serait toujours impossible d'agir avec vous avec des règles et des mesures, et, si je ne fais' pas ce que Dieu me fait faire, j'e'prouve de triis fortes peines, une suspension de toutes ses grâces, ime facilité de m'égarer, et avec cela une certitude que je lui déplais, et qu'il veut que j'agisse sans retour avec vous. Cela exposé, ordonnez-moi ce que vous voulez que je fasse, et j'obéirai. Si vous saviez ce que je souffre et comme Dieu me traite, lorsque je veux agir raisonnablement avec vous, vous auriez pitié de moi, car je vois fort bien c<> que je devrais faire selon la raison, et par rapport à vous. mais je ne puis. Je suis même persuadée que, si j'en usais d'une autre manière avec vous, vous y perdriez, et je n'aurais plus de grâce pour vous : si je m'explique mal, je me ferai mieux entendre le jour delà Magdelcine-, où j'espère que Notre-Seigneur vous fera connaître ce que je vous veux dire, et le pouvoir absolu qu'il exerce sur moi. Je trouve que la pratique est admirable, qui est de suivre les vues, qui vous sont données sans raisonnement ; c'est là le fondement de l'abandon, qui bannit véritablement la fausse sagesse, et qui introduit dans celle de Jésus-(.brist. Tout ce que je vous ai mandé n'est que par rapport à moi, qui suis si peu sage, aUn (jue ma folie ne vous fût pas un embarras, car je crois queDieu me rend telle à votre égard pour exercer votre foi ; et c'est ce (jue je voulais vous dire, car Dieu ne demande jamais ([u'on se mette par soi-même dans l'égarement. Ce serait quitter la voie de la vérité, pouisuivre celle du men.songe et de l'erreur. Dieu vous aime trop, pour pei'mettre que vous preniez jamais le change, cl vous êtes trop éclairé pour cela ; cependant je ne puis m'ôterunecertitude (jue Dieu ma clioisie telle que je suis

1. Texte de Dutoit: suis ; cf. Lrllre Cl II, p. a6.3 et n. 3.

2. On a vu par los lettres fhi ii et du i~ qu'ils ont pris rcntlc/voiis pour ce jour.

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pour vous, alin ilc cli-lriiirc |iar ma lolic xolic sagesse, non en luo faisant rien, mais en me supoitani telle que je suis. Je suis sage avec tout aulre (ju'axer vous, cl, si je pouvais vouloir (piclcjue chose, ce sérail d'èlre sage envers vous, el je ne le puis : si vous saviez la force d'uu Dieu el l'impuissance de sa petite créature, vous me poitcriez compassion. Ce i8 juillet iG8y.

Je suis d'autant plus fâché de votre peine-, Madame, que vous la souffrez sans avoir besoin de la souffrir. Je vous ai déjà dit bien des fois, et je vous le répète encore, devant Dieu, du fond du cœur : rien ne me scandalise en vous, et je ne suis jamais importuné de vos expressions. Je suis convaincu que Dieu vous les donne selon mes besoins ; et il m'est témoin que je ne reçois jamais de vous aucune lettre, qui ne me donne une sensible joie. Pour la manière de me dire les choses, bien loin d'être trop ingénue et libre, elle ne l'est pas assez, ce me semble. Vous craignez toujours de vous ouvrir trop, et à force de vous gêner, pour ne me gêner pas, vous me gênez quelquefois un peu. Ne faites jamais réflexion avec moi, et assurez-vous, que j'en ferai plus à mon aise dans notre petit commerce ^

Je dois me rendre ce témoignage, que je ne m'a-

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