XXVI INTRODUCTION
comme lin provisoire de la correspondance, — car if paraît certain qu'ils se sont écrit jusqu'au dernier jour ' — l'époque des conférences d'Issy. Celte date est confirraét» ])ariMmc Guyon, dans une lettre inédile au duc de (Mievreuse du aSnovemhi'c iG<j4, on elle le prie de remettre à Fénelon « ce billet, qui sera le dernier^ ». De cette correspondance, qui a duré environ six ans, il reste à peine les lettres de Ireize ou quatorze mois; et plusieurs encore sont perdues.
Ces lettres ne sont pas classées, ou le sont mal. Publiées à deux reprises en 1717 et 1768, l'éditeur dr 1768 n'a pas voulu refondre dans son texte celles qui avaient déjà paru ailleurs. Il faut parfois cherche!' la réponse à un billet de Fénelon, non pas même dans un autre volume des Lettres, mais jusque dans les Discours spirituels. Dutoit prétend avoir eu en mains « le ujanuscrit authentique » de cette correspondance ^ ; et c'est d'après ce manuscrit qu'il a publié dans le tome V des Lettres chrétiennes tout ce qui en restait d'inédit. Il faut le reconnaître: ce « manuscrit authentique » — qui n'est sans doute qu'une copie authentique ; — avait été bizarrement constitué : Tordre chronologique y semble généralement suivi, mais comme en deux séries indépendantes, mises bout àbout. C'est ainsi que les deux lettres de Fénelon des 12 et lA juin s y trouvent à i3o pages l'une de l'autre '. L'éditeur ne s'est pas aperçu que certaines lettres
1 . Sur cette reprise de la correspondance entre les deux amis après la condamnation de Fénelon, cl', plus loin, Introduction, II, § i , p. lxv;,
3. Mss. de Saint-Sulpice, V'' recueil Ciievrcuse, p. la.S. 3. Lellres chrétiennes, t. I, Avertissement, p. x. /(, Cf. plus loin, p. 164 et i68.
INTRODUCTION XXVI l
qu'il publiait lavaient déjà clé on partie ', cjue d'aulrcs avaient déjà leurs réponses dans des volumes antélieurs- — ce qui, par paronllicse, est une nouvelle preuve de bonne foi et d'authenticité. Aussi la lecture ti-ès peu agréable de ce texte incohérent ne permet pas de saisir le mouvement de la correspondance et en diminue l'intérêt. Il fallait mêler les deux séries, retrouver l'enchaînementdes demandes et des réponses, uliliseï- les indices internes, qui facilitent le classement des lettres isolées, et partout ailleurs conserver l'ordre du « manuscrit », qui garde encore quelques chances d'être h; !)on. C'est ce que j'ai essayé de faire ici.
Il fallait aussi plus de scru[)ule critique dans l'établissement du texte. L'éditeur de 1717, ne publiant «ette correspondance que pour l'éditication des pieux lecieui's, en avait retranché tout ce qui était détails personnels ou faits précis, et, pour masquer ces coupures, avait fait subir aux phrases d'attache quelques légères retouches^. L'éditeur de 1768 a publié dans le linquième volume des Le//res tous ces petits fragments supprimés. Mais, même en rassemblant les morceaux, il ne semble pas qu'on obtienne toujours des lettres conqilètes, comme le montrent les allusions de certaines réponses''; quelques phrases sont inachevées '',