I. T. V, Lettre XLIX, p. 35o
->.. Même affirmation lettres des i5 juin et l'.i se|iteiiihre, p. 170, 279.
3 III, Roif. III, 9.
A'ous (Irroutericz aisément, et ce langage inconnu dcpresqne tout le monde vous dcNiendrail étranger, et vous seriez tout dérangé. Allez donc par là je vous en conjure, et me croyez en ce point, car il est pour vous d'une extrême conséquence.
Cela ne se lait point par écouler ' longtemps l'inspiration ; elle est prompte et soudaine, elle ne prévient point, mais dans le monient du besoin, elle ne manque jamais. Si celle manière d'agir est pour quelqu'un, clic est singulièrement pour vous. C'est la voie des petits enfanis. qui n'agissent point par le raisonnement, mais qui agissent toujours simplement et de bonne loi. Quoique Vous sovez froid et éteint, vous êtes fort sur certaines choses, el poussez les choses avec vigueur, surtout lorsqu'elles sont raisonnables. C'est un efTet de votre esprit, qui. étant très juslc et 1res bon, ne s'accommode pas des choses qui lui sont contraires. Cependant l'espiit de Jésus-Christ détruira peu à. peu cela, donnant la mort à ce qui est \i\anl, et la vie h ce qui est mort. Je vous j)orte dans mon cœur d'une manière aussi singulière qu'elle est conlinuelle, et je ne trouve personne qui me soit ce fpie vous m'êtes. Toute h vous en lui seul. Ce 20 septembre itJSç).
CVIH. M-« GUYON .\ FENELON^
J'ai toujours bien de la joie, lorsque je reçois de vos lettres, mais je ne sais pourquoi j'en ai eu davantage celte
1 . CcUc conslruclionilc rinlinitif-ïuljslanlif avec pur est très frcqiicnlc au XVII": tiiclc; cf. Haase, cdit. cit., § 85, a, p. 207 ; cf. plus loin Lettre CXI, p. 289 ; cf.- de lucnic chez Fénelon : « Ce n'est point par se croire juslc qu'on cesse de craindre » {Lettre ù la comtesse de Gnimont du 17 septembre 1691, t. Mil, p. Go/i, d).
■j. T. V, Lettre XLVII, p. 3/12-347 ; les trois paragraphes avant les dernières lignes, t. III, Lettre CI^V, p. /iSG-g.
270 FKNELON ET M- (HlYON
Ibis ici '. Mon cœur me roiul témoignage que vous allez comme Dieu veut, et c'est tout. Je vous trouve souvent si présent que j'en suis surprise, aussi bien que du soin (fue Dieu prend de me réveiller sur votre conq^te. Il y a longtemps que je prie pour le R[oi j. et je le ferai poui- Ic p[elil] P[rinceJ -, lorsque Dieu m') appliquera. J'ai toujours dans l'esprit que les choses seront comme je vous les ai marquées, mais il y aura de la peine pomvous. 11 vous en coûtera ; vous avez souvent peu d'espérance, et les choses vous paraîtront fort éloignées. Dieu veut de vous une iidélilé inviolable pour vous laisseï-, ainsi que je vous l'ai mandé, à ses movivements. Ce sera lui (|ui réussira, et non pas vous.
Moins il y aura de>ous, plus il y aura de lui : j'aime mieux que vous fassiez des laules en vous abandonnant à lui, (pie les plus grandes choses du monde en vous conduisant par vous-même''*. Vous verrez que Dieu convertira même vos fautes en bien ; et c'est le secret de la sagesse toujours adorable, ((ue de faire ([ue ce qui est entre nos mains un instrument de mort, devienne une source de vie enlreles siennes. Je suis toujours plus certaine, que Dieu veut que vous serviez M. et Mme de B[eauvillierj et ceux que j'ai vus à Saint-Quentin ' . et surtout M. de B[eauvillier] ; les choses tourneront de manière que vous découvrirez un jour les desseins de Dieu en cela : vous ne sauriez être trop petit. Je crois que vous ne devez pas faire trop d'attention sur vos fautes, mais les soulfrir. Dieu vous soutiendra d'une main invisible, lorsqu'il paraîtra qu'il vous laisse tomber.