Cf. Lettre VII, p. 3o et n. i
/i. Cf. Lettre XXI, p. 64 et n. 2.
M'"' GUYON A FKNELON 301
ol avec une plénitude, qui dilate toujours plus le cœur, nui trouve tous ses désirs [)arraitenieut coalciits et remplis, sans rien distinguer de ce qui contente et renqjlit : c'est un rassasiement, qui est sans dégoût, et qui n'empéchc |)as l'appétit nécessaire, pour se trouver toujours en état d'un plaisir nouveau, qui ne peut proprement porter le nom do plaisir.
.l'ai eu le mouvement de vous écrire cela, .le le fais simplement. Ce 20 octobre 1689.
CXVn. — M""^ GLYON A FÉNELON '
Puisque la pensée me vient de vous écrire, je le fais pour vous souhaiter toute sorte de prospérités spirituelles : je n'entends pas de celles qu'on estime telles, en ne regardant les choses que par les sens et la raison, mais celles qui fructifient par la foi et la mort, ce qui fait que. sans envisager un état ou une disposition plutôt qu'une autre, l'on suit toujours son chemin : rien ne décourage ; les misères et les chutes de faiblesse servent même d'éperon pour faire courir à un certain inconnu, qui surpasse tout sentiment. C'est la route que vous devez tenir.
^^e vous laisse/ jamais abattre pour quoi que ce soit ; mais tâche/ de deineiu-er libre et gai ; vos fonctions le demandent, et tout ce que vous faites dans votre emploi est égal, pour vous, à des heures de piété marquées. Votre oraison doit être toujours simple, en jouissant simplement du goût intime et caché, et supportant patiemu'.ent la sécheresse et le vide. Coure/ par l'un et par l'autre à celui qui vous aime, et que vous devez aimer au-dessus de tout. Que les moyens servent à vous faire courir à votre lin. iVourrissez votre âme de repos, son-
1. T. lit, LetlroLWI. [). 290-8; Ips dcrnirres lignes, t. V, p. 'AjZ.
Mi FÉNELON I:ï M--^ GUYOiX
\(Mit SOC cl aride, cl conlcnloz-vons d'clrc paisible ; surtoul. tranquillisez-vous, cl laissex tout tomber', dès que (|uelque brouillard s'élève, non en combattant (ce qui l'augmenterait), mais en souffrant tranquillement ce qui vous le cause, et ne vous étonnant point, quand bien même vous (ailiirioz dans l'envie que vous avez d'être (idî'le. Que cette envie soit douce et tranquille, sans empressement, et sans vous en faire la moindre occupation : une fidélité actuelle, dans le moment présent, selon la lumière, sans vous faire une affaire ou une occupation d'une fidélité anticipée. C'est à présent un temps de se taire et de garder un profond silence, pour laisser parler et opérer le Verbe en vous.
Croyez-moi bien à vous en Notre-Seigneur. Lorsque l'on aura fait de St. Mathieu 2, vous le rendrez^, s'il vous plaît*.